Le Jardin Des Mots...

mercredi 6 janvier 2016

MeS RaiSoNS De T'aiMeR...

...Hier soir, j'ai été scotchée!

Je me défends avec énormément de vigueur de ressentir encore des sentiments pour Bébé. Cela ne m’empêche pas d’avoir de plus en plus le désir de retenter l'aventure. Depuis plusieurs mois, je le vois comme le tremplin qui me sert à rebondir pour un avenir meilleur. Je voyais Bébé ainsi. Maintenant c’est autre chose que l’apaisement qu’il me procure lorsqu’il est à mes côtés. Dès qu’il apparaît, de délicieux papillons envahissent mon ventre. J’ai chaud et froid à la fois. J’observe à la lettre ses conseils et il me semble que ses baisers sont plus langoureux. Je n’ai rien à pleurer lorsqu’il est près de moi.
Lui ne s'est jamais lassé. Un break (que je lui ai imposé) au cours duquel il a fait une rencontre. Il a bien vite mis un terme à cette relation car à ses dires la demoiselle n’était pas friponne pour deux sous. Positions trop …conventionnelles. J’en ai conscience, je suis une véritable gourgandine avec lui. Elle n’était pas moi tout simplement.
- Tu as provoqué une étincelle sur le dancing-floor ce soir-là Chouquette! Me dit-il souvent. À toi de souffler pour en faire plus qu’une flammèche, je veux un brasier!
Je souhaiterais pouvoir allumer un incendie entre nos draps, mais j’ai trop peur qu’ensuite Bébé m’abandonne sans explications. Pendant trois années, je me suis montré sous mon aspect le moins séduisant. Gourgandine et allumeuse. L’on m’a jeté comme une vieille chaussette alors mes craintes sont bien réelles. Suis-je vraiment la bonne personne pour le Maharajah? Celui-ci le croit dur comme fer. À chacune de mes incartades il me gronde gentiment puis s'inquiète de ce qui m’a tourmenté. De ce qui me pousse à devenir imbuvable.
Il me comble d’attentions à chacun de ses retours. Je ne veux pas être un boulet à son pied alors oui je le laisse disparaître pendant de longues semaines, s’en aller à ses formations, ses études et ses plaidoiries.
Son regard posé sur moi, plus que cela, ses yeux qui me dévorent, sont emplis de promesses qui m’effraient lorsqu’il revient.
Je suis toujours dubitative lorsqu’il me dit que je suis belle, et il me le dit souvent. Hier soir encore.
Je venais de prendre une douche. J’étais vêtu de l’une de ses chemises défraichies, décoiffé au possible et le visage mangé par un masque hydratant quand il me fit don de ce compliment.
Je me suis mise en colère, croyant qu’il plaisantait. Il a gardé son calme et la tirade qu’il m’a interprété m’a totalement déboussolé.
- Ma puce pour moi tu es la plus belle, la plus belle de ce que je vois en toi!
Évidemment que je suis montée sur mes grands chevaux. Parfois mes neurones n’ont pas une connexion efficace. J’interprète de manière à ce que cela me rende le plus malheureuse possible.
Pour moi cela voulait dire que j’étais moche... j'en aurais presque pleuré. Il s'est approché de moi en comprenant que sa phrase avait été maladroite et qu’elle m'avait blessé sans qu’il comprenne vraiment pourquoi d’ailleurs. Il m'a attiré vers le grand miroir du dressing, s’est placé derrière moi, a embrassé ma nuque.
- Des yeux de biche, un nez en trompette, des cheveux blonds, un corps que j'adore tenir entre mes bras! Oui tu es belle ma Chouquette! Ses yeux brillaient et me couvaient d’un voile d’une intense chaleur.
Je ne savais pas que lui répondre alors il a poursuivi:
- Je te trouve magnifiquement belle par ton grand cœur, par ta spontanéité, quand tu me bats aux jeux vidéo, quand tu tentes de me parler en Anglais avec ton "assent" terrible, même quand tu égares mes brouillons préliminaires!
Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire à cette évocation. (en colère contre lui, j’avais mis son travail à la poubelle) Après tout il avait peut-être raison. Je commençais à me détendre, ses mains glissant sur mes épaules.
- Tu sais Chouquette, même malade, les yeux bouffis les joues rouge coquelicot et le nez qui coule je te...! Je ne lui laisse pas le temps de poursuivre. Inutile d’en rajouter. Je vois bien qu’il tient à moi puisqu’il est aveugle …de mes imperfections.
D’une main ferme et douce à la fois, il réprime mon besoin de détourner le regard. Mon reflet contredit ce dont il veut me convaincre.
- Regarde dans ce miroir ma puce, regarde bien? Qu'y vois-tu?
J’avais beau scruter mon image, j’étais incapable de saisir ce dont il voulait que je remarque. Si j’avais le visage vert alien.
- Tu ne vois rien darling? Non bien sûr car rien n’apparaît. Mes raisons de t’aimer ne s'y reflètent pas!
En une poignée de secondes je viens d’être mise Ko!
- Beaucoup la devine, mais je suis le seul à voir véritablement ta beauté secrète! Je la vois avec mon cœur!

D’une bise sur le bout du nez, il vient de m’achever…


dimanche 18 janvier 2015

FiN De SéRie...

 

"Bisous…
Mille bisous…."

Tu n’as jamais eu confiance
Je me suis servi de ta méfiance
Pourtant ce jour de Janvier
Sans un au-revoir, tu m’as rejeté

"Bisous pour Tidom…"

Non, je ne te crois pas « pomme »
Mais seulement un homme

"Ti bisous, gros bisous, pleins de bisous…
Encore des bisous, des bisous tout tout partout…"

Presque trois ans d’une vie sacrifiés
Pour ensuite froidement m’abandonner

"Bisous doux, bisous tendres, bisous ssos, bisous cré cré ssos…
Re-bisous tendres, bisous cossons, bisous cré cré cossons…"

Je ne demandais pas grand chose
Un peu de compréhension, je suppose
Longtemps, j’ai attendu un au revoir
Pleurant en espérant chaque soir

"Bisous torrides, bisous baveux, bisous de miel et
…………………bisous ssampipi!.."

Je te jure mon cher DominiC
Sans ce poison qui m’intoxique
Du plus profond de mon cœur
J’aurais pu vaincre mes peurs
T’approcher, je le désirai
M’éloigner, je le devais…
Adieu crapaud…
Prince en ton royaume
Poursuis ton chemin
Grand est ton destin…

J'essaie avec difficulté de te garder une place en mon cœur, toutefois mes sentiments balancent entre colère et triomphe. Mon ressentiment est tel que je souhaiterais presque que tu souffres les mille tourments de l'enfer. Ta lâcheté n'a d'égale que ton ego. Les soit-disant tendres sentiments que tu affirmais me porter n'étaient que chimères, j'en suis convaincu à présent. Toi si poli, si policé, je t'imaginais posséder un peu de savoir-vivre. Je devais me tromper. Tu savais parfaitement trouver les mots pour me saluer, mais devant un au-revoir difficile tu es resté muet. De cela je t'en veux à mort... Puis finalement, je me dis que j'ai enfin réussi à te faire sortir de ma vie. Que cela aura pris plus de temps que prévu, mais que tu es celui qui a lâché prise le premier, sans bénéficier de la fameuse liste noire où je n'ai jamais pu t'inscrire. Seulement là, je n'ai pas envie d'en rire, je n'éprouve que de la peine. Ma souffrance est telle que je suis assommé, j'erre, englué dans un brouillard épais dont je ne parviens pas à m'extraire. D'aussi loin que je me souvienne, il ne se passait pas un soir sans que nous nous déconnections avec cette ritournelle qui m'apaisait! Au fil des mois, elle s'était développée, étoffée, jusqu'à devenir partie intégrante de nos conversations en messagerie privée. Puis, un jour de Janvier, tout s'est arrêté d'un clic. Je sais, je tente de m'en convaincre, que ce n'était qu'un jeu entre nous ...pourtant moi j'y croyais dur comme fer et à présent je prends conscience que ce n'était que mensonges de ta part. Que croyais-tu obtenir en éveillant mon esprit et mes sens? Je t'en veux encore trop pour te pardonner ta fuite et me pardonner à moi-même. Par la façon dont je me comportais en messagerie, j'ai entretenu dans ton esprit l'idée qu'il pourrait y avoir quelque chose de possible entre nous. Trente et un plus vingt-cinq, le mot fin était déjà écrit bien avant cette rupture brutale...

dimanche 30 juin 2013

TeRRoRiSée...

...Mais pourquoi me suis-je inscrite sur ce réseau merdique qu'est netlog? L'on y trouve que des chasseurs de chattes et des ''monsieurs'' trop parfaits pour être honnêtes! Pourquoi me suis-je laissé tenter? Je dois être masochiste car je supporte de m'en prendre plein la gueule. Ils attirent, mironent, insultent et supplient. L'un d'eux m'a paru moins lubrique que les autres et je me suis trop épanché. Résultat: d'une phrase assassine il m'a anéanti...

Il ne se rend pas compte que ses mots sont des armes qui transpercent. Il insiste et fini par me pousser à douter.
Ce matin je me suis senti ridicule d'avoir à lire ce qu'un seul pense de moi. C'est encore plus douloureux que les coups que j'essuyais il y a quelques années de cela ! Pour l'occasion jai appris que certains hésitaient à me mettre sur liste noire parce que j'inspire pitié. C'est ...ignoble de me dire cela! Le plus: je me refuse à avancer et je transforme des personnes empathiques en toutou couché bien sagement derrière ma porte?
Encore un déchirement, je veux que cela cesse! Je sais que je ne suis pas parfaite et je ne demande rien. Ceux qui viennent régulièrement sur ma page sont libres d'en repartir, alors pourquoi toute cette histoire parce que je suis au trente sixième dessous? Je suis en apnée dans un monde d'horreur. Point barre...
Loïc n'est pas si loin de la vérité, le net c'est vraiment de la merde. Un conseil ? Il ne faut jamais s'attacher à un correspondant plus qu'à un autre, c'est beaucoup de chagrin pour des nèfles si cela tourne mal ensuite ! Surtout lorsqu'on se permet de juger vos agissements sans en connaître tous les tenants et aboutissants!
Si je n'avais pas aussi peur de me faire engueuler par Sonia en arrivant auprès d'elle, aujourd'hui je lâcherai prise.
Si elle m'attend là-haut? Bien sûr, sinon pourquoi lui parlerai-je?
Il est tellement facile de partir sans douleur, une bonne bouteille et quelques pilules multicolores! Si je faisais cela, je recevrai la brasse de ma vie! Elle aurait raison car c'est de la lâcheté. Connard de psy à la noix...
J'ai toute une pharmacie à ma disposition et de la vodka qui n'attend que moi sur son rayon. Je suis déjà morte alors c'est complètement idiot de vouloir ...de vouloir quoi? Je n'ai plus envie de rien. Sonia me regarde m'agiter inutilement pour oublier et elle doit bien se marrer. Moi, la prodigue en conseils, je suis au fond de mon trou à trembler comme une feuille au vent.

Je passe des journées entières à pleurer ,roulé en boule sur le canapé. Que faire d'autre? Des heures sous la douche pour faire exploser la facture d'eau de mon chéri? Cela marche aussi. Je suis allé aux traboules, mais le cœur n'y était pas! Je voulais agacer un peu le vigile du centre commercial, mais je ne me sens pas de cavaler dans les escaliers pour lui échapper. En ai-je vraiment envie d'ailleurs? La case prison serait presque tentante. Il n'y a pas de canapé derrière les grilles alors j'en reviens au mien. Les coussins sont trempés à force d'y accueillir mes sanglots.

Il sort dans quelques jours et moi je suis terrorisée !
Ses menaces sont encore présentes à mes oreilles !
J'ai changé tellement de villes, de vie, d'ami(e)s, de look, que cette fois je suis encline à faire son boulot pour lui épargner cette peine !
Demain est un autre jour mais comme j'aimerai qu'il se lève sans moi !

 

vendredi 5 octobre 2012

MâaJaB...

 

   ...Dans certaines régions, en Inde, les enfants reçoivent un prénom aussi long que les sept rivières sacrées misent bout à bout. Parfois même ils héritent du nom de l'une de ces rivières. Les garçons, bien évidemment ...parce que les filles en Inde sont considérées comme des esclaves familiales.
Mâalhy-Penjab-Godâvari R.K dit Mâajab a du apprendre à écrire son prénom très tôt pour être sûr de ne rien oublier.
Ashvin-Lalitmohan-Indus dit Ashlimd a hérité d'un prénom encore plus tache, mais fort heureusement ses parents adoptifs l'en ont libéré.
Les imbéciles qui m'ont certifiés que le prénom d'Ashlimd n'existait pas se sentent mieux ?
Je vais même leur donner le nom des sept rivières sacrées des fois que ?
Le Gange, la Yamunâ, la Sarasvatî, l'Indus, la Godâvarî, la Narmadâ et la Kâverî.....
Les poncifs sont tellement ancrés dans les esprits étriqués de l'Europe bien pensante, qu’il est certainement impossible à certain(e)s d’imaginer Ashlimd et Penjÿ autrement qu’en guenilles, pataugeant dans la fange et le Gange, accompagnés de leurs dix frères et sœurs. Idées préconçues nées dans le cerveau de celles & ceux qui n'ont connu que le nid douillet de leur maison de bourgeois!

Ash et Penjÿ ont deux ans de différence. Ce sont deux gamins qui grandissent côte à côte, unis par les pérégrinations de leurs parents respectifs. Séparés lors des années lycée, l'un poursuit avec un précepteur, l'autre dans une école haut de gamme, toujours réunis en un même idéal, la justice des hommes. J'ai fait la connaissance de Penjÿ quelques semaines après avoir rencontré Ash et j'avais bonheur à partager leurs soirées relâche. Ash, le toqué du code pénal et de la législation criminelle me fend les oreilles avec ses révisions de textes de loi datant de Napoléon. Mâajab, lui, m'en met plein la tête avec la lecture des pages de la thèse qu'il prépare sur le développement de la science criminelle. Il m'apprend à avoir moins peur du monstre tapi dans l'ombre...

Les soirées n'avaient rien de festives au sens où vous l'entendez, mais c'est chez le Maharajah que j'ai attrapé la bouée qui m'a empêchée de me laisser couler. Parfois ils organisaient des veillées poker avec des collègues excentriques et désinhibés. Je ne les aimais pas trop, et je détestais ceux qui se croyaient indispensables au monde. La plupart du temps ces soir-là je restais dans la chambre. Une seule fois je me suis risqué à faire l'hôtesse -je leur ai préparé des pizzas maisons, ils ont apprécié- mais j'ai été malade comme tout le lendemain. Les vapeurs d'alcool, la fumée âcre des cigares et ...leurs conversations qui revenaient toujours sur un seul sujet: le sexe.

On était bien loin des années quatre-vingt, mille huit cent quatre-vingt! Être juge ou greffier imposait immédiatement le respect aux citoyens. Le respect est encore présent, mais rien n'est contraint ni compliqué à présent. Ce sont des gens comme les autres et croyez-moi, je ne vois plus cette profession comme un îlot de sécurité. Certes tous sont compétents dans leur carrière, mais leur façon de gérer leur vie privée laisse parfois à désirer. Je prends pour exemple le juge avec lequel Penjÿ collabore pour ses travaux, cet homme est imbu de lui-même et a divorcé uniquement parce que son ex-femme n'était pas assez ''représentative'' de sa situation. Celui qui a fait une tirade sur les femmes battues -genre que certaines le cherchait bien- n'a jamais remis les pieds à l'appartement, il ne sait toujours pas pourquoi d'ailleurs.

Je vis dans la terreur de la sortie de prison de mon ex-mari, alors Penjâab tente de me prouver que Christian ne sera plus le même lorsqu'il franchira les portes de la maison d'arrêt et Ashlimd, texte de loi en mains m'exhorte à aller de l'avant, il sera là pour me protéger. Je sais qu'ils étaient sincères tous les deux et je commençais à refouler mes peurs. Seulement un grain de sable a bloqué tous les rouages. Cela fait une semaine que Penjÿ nous a quitté...

Je fais l'impasse pour un temps sur ce qui me terrorise et je réconforte celui qui sait pleurer un ami sans honte de montrer ses larmes. J'essaie, pour atténuer son chagrin sans borne de laisser ma propre peine de côté. J'aimais beaucoup Penjÿ, son côté Indien n'a jamais été réprimé puisque lui avait la chance de voir régulièrement ses parents. Il m'expliquait souvent en quoi consiste le concept philosophique de l'hindouisme qu'est le nirvana. En gros, il s'agit d'un état de béatitude absolue qui libère du feu des passions et de l'ignorance pour entrer dans le cycle de la réincarnation. En deux mots : bonheur absolu ! Pour faire leur deuil, les amis et la famille du défunt doivent se réjouir de ce passage. J'en viens à souhaiter que cela existe réellement et si je dois me réincarner un jour, j'exige que ce soit en un animal qui pourra décimer ceux qui le maltraitent ...un tigre par exemple.

Pour l'instant, seul notre ami est censé connaître le bonheur. Cela n'est pas prouvé non plus! Quant à Ash et moi, le jour où nous nous réjouirons du décès d'un ami, que dis-je, d'un frère, je vous le ferais savoir! Le concept n'est pas encore au point. Mon Bébé est aussi anéanti que moi je le suis pour Ma Douce. Seulement lui, il extériorise ...En larmes mon tendoori a juré qu'un jour il terminerait la thèse de Penjÿ et qu'elle serait publiée avec leur deux noms accolés. Le corps de Maâjab est reparti pour l'inde afin de le purifier au cours d'une cérémonie de chez eux et ensuite une crémation. Mon caramel se console avec la prière de la courte célébration qu'à proposé Ashanti ,le frère de Penjÿ, pour que ses amis puisse lui dire au-revoir. Je n'ai pas le texte exact sous les yeux, mais il se rapproche d'une prière amérindienne que je lis lorsque Miriette et Sonia viennent chatouiller ma mémoire d'un peu trop près. Cela donne: "La confiance en vos aïeux vous apportera réconfort et consolation. La séparation sera brève et pleine d'enseignements! Les souvenirs, les mauvais comme les bons, apaiseront votre douleur, et vous comprendrez que je ne suis pas loin. La vie continue, le sentier qui me conduira à vous est créé!" Si cela procure un peu d'espoir à ceux qui restent, pourquoi pas?

Il suffit d'y croire...

dimanche 23 septembre 2012

CoNVeRSaTioN aVeC Ma SoNia...


Finalement tu vois je sais maintenant que tu avais raison !
J'ai mis du temps à comprendre, mais il vaut mieux avoir déjà des amis dans la vraie vie et éviter d'en chercher sur le net!
Depuis quatre jours ma Sonia, j'essaie de te faire comprendre que je veux te parler. Je sais qu'il est inutile de me débattre dans le magma de mes terreurs, tu n'es plus là pour les faire s'évanouir!

Advienne que pourra ma chérie, je tiendrais jusqu'au bout. Mon amie fidèle, tu sais que l'échelle est dressée pour toi ! Je pensais moi aussi ,qu'après la souffrance venait l'espérance, tout était faux, ils nous ont berné.

Toutes nos années perdues, toutes ces années où l'on nous a donné des recettes magiques, tous ces longs mois où nous avons du réapprendre la confiance! Plus jamais je n'aurais confiance.
Tu vois ma Sonia, je n'y arrive plus et je déclare forfait !
Tu ne seras plus là pour continuer le parcours, alors à quoi bon hein ?
Tessa m'a accueilli sans rien demander en échange l'autre soir et si tu savais comme celà fait du bien de ne pas toujours être en train de négocier!
Oui Sonia on t'aime, mais...
Oui Sonia tu es capable de, mais il faut...
Oui Sonia je te protège pourtant un jour...

Sonia, quand il frappait à ta porte, ils étaient où?

Mylhenn, ça va aller, mais il faut y mettre du tien! Mademoiselle si vous ne vous pliez pas au règlement, vous ne pouvez rester ici! Mylhenn il faut soigner votre anémie! Mylhenn, Mylhenn... Tu vois Ma Douce, moi aussi l'on m'abreuve de bons conseils!
Je ne regrette rien, ne t'inquiète plus. De toute façon c'est la seule chose qui me donne un moment de répit, alors mets cela sur le compte d'un médicament homéopathique. Ben oui, ce sont des plantes après tout!
Je t'aime ma Sonia, et cela jusqu'à la fin de ma vie. Il a gagné malgré toutes les promesses que l'on t'a faites ...je sais que d'ici quelques années ce sera pareil pour moi alors à quoi bon lutter. Ne pleure pas ma Sonia j'essaierai de rester forte, pour toi, pour la façon que tu avais de me pousser aux fesses!
Tu sais ma belle d'une nasse à l'autre, le poisson cherche toujours le fleuve! C'est Paco qui m'avait dit cela, il avait bu pas mal de tequila d'ailleurs ! Lui m'a aidé mais il n'était pas assez fort non plus pour me retenir! Mais si, tu t'en souviens de Paco, le ti brésilien, nerveux comme un étalon mais qui pleurait à chaque fois qu'il........oui c'est lui! Il était déjà au crépuscule de sa vie et j'ai apprécié un temps sa compagnie. Il avait ses propres démons à combattre et j'avais bien assez à faire avec les miens.
Ma douce compagne de galère rejoins-moi chez Tessa un moment et je lutterai pour toi, pour moi il y a longtemps que c'est fichu! J'ai essayé de leur expliquer, mais ils ne veulent rien savoir...
Sonia, l'amitié existe, parfois elle est si ambiguë que l'on confond avec un autre sentiment. J'ai compris ceci hier au soir, brutalement d'ailleurs, et cet amalgame ne donne jamais rien de bon. Au bout du compte, il y a toujours une dette à régler. Et le choix n'est pas forcément celui qui nous attirait!
Au fait tu te rappelle encore de Klaus ton viking à la bouille de Rutger Hauer? Franchement ma bouille, qui connaît Rutger Hauer? Il n'y avait bien que toi qui t’entichais de cet acteur!
Et bien voilà tu comprends maintenant ! Je suis une sorte d'alien qui investi le corps et l'esprit de ceux qui veulent l'aider et ensuite je disparais! Il me semble que tu as fait pire par vengeance. Je te donne l'absolution avec plaisir, certains ne méritaient pas que tu portes les yeux sur eux. Non pas pour Dany, celui là il était à moi, nous avons un contentieux que tu as emporté dans tes bagages. Tu m'as trop blessé à l'époque. Maintenant, ce connard est un peu du genre de la bête à ce qu'on m'a dit récemment. Merci ma chérie, une fois de plus tu m'as évité les ennuis. Contentieux effacé.
Ma Sonia, je t'aime, je t'aime, je t'aime! Sans conditions, sans contraintes, sans en attendre un ailleurs et à jamais ma belle chérie!
Les irréductibles me cramponnent, ils ne sont pas au bout de leurs peines, mais je l'accepte. Tu sais ce que j'en pense.
Effacé, balayé et oublié comme disait Piaf, (oui je connais ses chansons grâce à mémé) mais pour moi tout s'est terminé le jour où tu es parti!
Ils ne ne comprennent pas évidemment, leur bonté, leur amour pour moi et surtout leur intelligence leur donneront la force d'accepter ma dérobade! Le Maharajah s'accroche et crois-moi, celui-là je vais avoir du mal à le décourager.
Tu sais chameau, je crois que notre amie Régine a enfin trouvé le paradis, pas son gardien, il n'existe pas ...pour preuve, elle ne revient plus hanter mes nuits! Pauvrette, elle aussi en avait baver. Tessa est blindée depuis le temps, du moins je le croyais, mais je l'ai vu en pleurer.
Petits anges vous veillerez sur moi hein? Je te vois Sonia, tu tiens Miriette par la main et vous êtes magnifiques toutes deux!
Mes larmes ont du se tarir car je suis incapable d'en verser une en pensant à vous deux.
J'ai tiré un trait sur tite mère, j'ai bien choisi mon moment! Comme d'hab Sonia, concours de circonstances! C'est seulement qu'elle n'est pas ma mère. Elle voudrait que je me sèvre et que je consulte les bonnes personnes. Tu le penses aussi, évidemment. Je sais maintenant d'où elle tenait chacune de mes conneries. C'est bon, je te promets de m'améliorer. Oui, cela va me coûter, énormément...
Adésias, je t'ai déposé là où il y a des fleurs, beaucoup de fleurs. Je danserais parmi elles, tant pis pour la bienséance. Nous nous reverrons car de temps en temps le tendoori me conduit aux pays des lavandes. Il risque gros, mais je crois qu'il tient réellement à moi.

Adésias, le respect pour mes racines, en signe de respect pour toi ma douce !


samedi 22 septembre 2012

DéLiReS D'uNe NuiT...


   ...Ma Douce, 
Parce que je me suis promis de ne plus me rappeler de toi en pleurant quand le moment viendrait, hier au soir nous avons organisé la soirée Plan B comme tu le disais.
Je te fais tout de même remarquer que l'on ne t'as pas laissé le temps de l’appliquer. 
Cependant, je confirme ça marche ma douce. Oh bonne mère qu’elle marrade et que ça fait du bien.
Je suis toujours autant terrorisée et j’ai planté tout le monde, mais je m’en fou, ils me pardonneront quand ils sauront combien pour une fois je me suis amusée en pensant à toi depuis ton départ. De toute façon mon malaise était tellement fort après ce séjour imposé que j’avais besoin d’évacuer mon chagrin et mon amertume autrement qu’en passant ma journée à larmoyer et à me lamenter sur ton absence.
Mais non bécasse, je sais que c’est l’automne, mais au premier abord ce n’est pas ce qui m’a le plus interpellé.
Donc nous avons fait la tournée du grand soir en ton honneur, tu aurais eu trente-deux ans et je viens seulement de comprendre pourquoi vous vous rappeliez si bien de la date de vos anniversaires respectifs. Je suis sûre qu’il aurait aimé enlever sa cravate et venir au moins boire un whisky en ton honneur, mais je vais me faire tuer quand il apprendra ce que j’ai fait. Non ça, c’était le dingue qui m’a promis la danse de ma vie. Il paraît qu’il va encore danser longtemps là où tu sais. Aladin lui, ne va même pas s’énerver, bref tu le connais. Cette nuit, nous avons célébré ton non-anniversaire et je te jure ma douce que je l’ai fêté dignement.
J’ai retrouvé pendant un temps l’insouciance de mes dix-huit ans, oui  toi tu aurais qualifié ceci d'inconscience.
Nous avons écumé le quai de Saône, tu sais là où on allait se cacher quand le vent devenait trop violent, et toi seule sais de quelles bourrasques je veux parler.
Vers minuit après avoir ingurgité les trois tequilas de rigueur (la aussi, je vais en entendre parler) et effectué une préparation rigoureuse et minutée, tu aurais apprécié de voir douze cloches habillées en cloche avec à leur tête une frappa dingue affublée de ta jupe en skaï rose fluo. Inutile de te préciser qu’elle est toujours aussi courte et que ce ne sont pas tes cinq centimètres en plus qui me l’ont rendu plus longue. Ma douce, tu m’as répété bon nombre de fois que pour passer inaperçu, il fallait justement s’exposer, et bien, tu avais raison. Personne n'a osé m'aborder. Dans le petit bar où nous allions le vendredi soir, ils n’ont pas voulu me laisser entrer. car ils ne m'ont pas reconnu. Ensuite...
Oui, je vais t’expliquer. Mis a part la jupe j’étais assez correctement vêtue, mais si voyons, j’ai retrouvé ta perruque coupe au carré brune, je dis brune, mais elle est plutôt crade et je me suis barbouillé un côté du visage avec un peu de charbon d'amhed et troué des collants neufs pour faire plus vrais. Je voulais piquer les espadrilles du maharajah des mille et une nuits, mais elles sont trop grandes alors je me suis rabattue sur mes vielles converses toilées. Comme moi, tu connais l’équipée sauvage, ben, c’était le genre exigé et boissons obligatoires. 
Je te promets, j’ai un de ces  mal de tête maintenant, je pense que c’est la bière que j'ai associé à la vodka ou la vodka pure que j'ai bu à la bouteille. Je n’en suis pas sûre parce que je ne me rappelle plus très bien comment j'ai fini la soirée, pintée c'est sûr! Je ne sais plus d’ailleurs qui conduisait, pas moi, mais il devait bien au moins y en avoir un qui n’avait pas bu et si ce n’est pas le cas heureusement que nous n’avons pas rencontré la maréchaussée. De Perrache au petit Saint-Jean en passant par la Part Dieu et la Croix Rousse, je crois qu’il y a eu un arrêt Place Bellecour, mais c’est sous réserve. Je sais, je sais comme disait Gabin, y'à les 'vélib’ mais tu connais « Desmone », au-delà de 40° flottant, il ne sait plus pédaler ou alors que dans la semoule. Et faire du vélo dans mon état était-ce bien prudent? Bref nous avons terminé dans la montée de la grande côte, à la petite traboule, tu sais où cela mène. Je me suis réveillée à dix heures emmitouflée dans un plaid inconnu avec une gueule de bois digne des grands jours. Fière de moi, car je n’ai pas versé une seule larme en parlant de toi ma douce. Oh, tu verrais comme je suis attifée et bien, je suis rentrée comme çà à l’appartement et le gardien du parking m’a repéré. Heureusement il y avait la voisine et je lui ai dit que j’avais été à une soirée déguisée. Le parfum d'alcool était de mise à votre soirée? Va te faire voir vieille grume! Elle m'a quand même laissé entrer. 
Une fois dans le couloir j’ai ouvert les grandes écluses pendant dix minutes au moins et puis je me suis dit que puisque le soleil te faisait honneur ce matin, je me devais de faire pareil. J’ai pris une douche, et tous mes vêtements sont passés à la poubelle.
Tu sais ma Douce, le "ya pas que", refrain que tu m'as chanté pendant très longtemps et bien, je dois reconnaître que tu avais raison. Rien à voir avec le diable et je n'arrive pas encore à l'admettre! Je bois trop, je m'en moque, ça soulage. Le brouillard éternel, voila où je voudrais vivre. 
Ma douce, ce sera ton dernier anniversaire que je fêterais, mais alors quel pied il m'a procuré!  Ta Bella...

MeS aNGeS...

   ...D'aussi loin que je me souvienne, les larmes faisaient partie intégrante de mes nuits, les cauchemars émaillaient mon sommeil, dispersant mes cris d'angoisse dans le silence obscur de ma chambre.

Et puis un jour, un ange s'est posé près de mon lit et mes nuits se sont apaisées !
Un ange aux longs cheveux bruns, aux yeux noisette, et à la voix éraillée à force de crier. Un ange que je nommais Ma Douce et qui m'appelais Bella !
Mon ange a disparu et à nouveau je me suis retrouvée seule !
Pourtant dans la pénombre se profile une autre silhouette que je suis enfin prête à accueillir comme un séraphin !

Une fois encore je me suis égarée, celui que je croyais céleste n'était qu'un homme. Il a disparu un matin de janvier. 

Pendant tout le temps ou je te cherchais, mon ange, tu étais déjà près de moi pour me guider...

 

mardi 11 septembre 2012

J'ai MaL DoRMi...


...Depuis quelques semaines, quelque chose me tracasse et je ne sais pas comment l'exprimer?
Le virtuel nous apporte sa part de rêves et de désillusions, mais beaucoup plus de désillusions. Je pensais avoir réussi à bien faire la part des choses, mais je me rends compte que je fais la chose la plus horrible qui soit : laisser des sentiments s'installer alors que moi, je sais parfaitement à qui vont les miens. ... Je sais sûrement, qu'ils ne pourront pas disparaître !Je ne partage pas la vie de mon compagnon actuel à cause due mon parcours chaotique dont il me protège. Il adoucit avec patience et ténacité mes jours noirs. Même s'il n'est pas toujours présent, je l'aime !

Le virtuel est là pour nous faire faire des rencontres et parfois l'alchimie est telle que certain(e)s seraient prêt(e)s à tout quitter pour rejoindre le ou la personne qu'ils ressentent être celle qu'ils attendaient depuis longtemps. Cet être leur semble soudain paré de mille qualités, car n'ayant que le virtuel pour juger, ils sont délivrés du quotidien. L'âme sœur virtuelle devient un mirage qui attire aussi sûrement que le papillon de nuit est attiré pas la lumière bleue qui le tuera !

Le ressenti de propos réels et sincères, fait que malheureusement le jeu de la séduction tout en finesse conduit à imaginer l'autre sans aucun défaut. Alors l'imaginaire prend le pas et l'on fait de l'objet de notre désir une personne frisant à la perfection celui ou celle qui correspond à nos envies.
Une fois passé le cap de l'attrait et du charme, l'harmonie des dialogues subliment ces rencontres au cours desquelles les sentiments prennent l'avantage sur la raison. Oubliée alors toute retenue et l'on se livre à l'autre sans condition ! Lorsque viendra fatalement le moment de se quitter ou d'une présence moins constante, la douleur de la séparation sera d'autant plus forte que l'on se sait sincères. Que l'on croit l'autre dans de mêmes dispositions.
Je suis l'une de celles, qui a eu la chance de s'être fait un ami fidèle, l'un de ceux qui vous soutiennent indéfectiblement. Lui, même lorsque je fais ma gourdasse, patiente et laisse passer l'orage puis revient à l'assaut de mes démons.
Cependant, en ce moment, j'ai l'impression de le trahir chaque jour un peu plus, de lui donner l'espoir d'un avenir commun, de le conforter dans les sentiments qu'il me porte et surtout d'entretenir un cocon qui pourrait bien détruire ce à quoi je tiens par dessus tout lorsqu'il se brisera : son amitié !

Je ne peux continuer à lui laisser croire qu'il y aura autre chose entre nous que ces délicieux apartés en messagerie instantanée. J'envisage de clore mon compte et pourtant...

vendredi 17 août 2012

Je SuiS Là Ma DouCe...

 

... Ma Pat a enfin fait la paix avec elle même je crois ! Tu as vu comme elle a pleuré avec moi, je sais, ne dis rien mais à partir de cinquante ans ils sont bizarres ...euh pardon crapaud, t'es une exception!
Oui ma Douce, je suis devenue plus raisonnable!
T'inquiètes, mes caprices sont moins nombreux mais alors si tu savais comme j'entortille ce pauvre Gandhi, mais tu sais parfois j'ai l'impression qu'au final c'est lui qui gagne et de plus en plus souvent maintenant! Soit je vieillis, soit il a tout compris! Mais oui, tu me l'as dit dès le départ que c'était un finaud! Quand on est capable de résister aux verres qui traversent la pièce ou aux hurlements de bête blessée toute une nuit, tu penses bien qu'on le garde celui-là ! Encore beaucoup de terreur, mais il me prend toujours la main et si tu savais comme c'est de plus en plus efficace! Il faut bien puisque la plupart du temps il est par monts et par vaux!
Nous sommes en vacances! Te marre pas et tu sais les vacances avec Ash comment cela se passe, faich le maharajah mais j'espère qu'ensuite, il fera la même chose avec ses futur(e)s collègues : déléguer! Une plaie ce boulot!
Mais oui, mais oui! Hôtels, petits tête à tête et ballades! Évidemment y'a les coups de téléphone sans fin à son remplaçant, les dossiers-mail où je l'entends grogner et tu sais le "rache merd quel con" est toujours d'actualité après, les pokers avec Stan qui l'a rejoint avec une nana, j'te dis que çà, à côté, je fais Sainte-Nitouche, puis les soirées euh...festives! Oh sous les oliviers j'en ai une à te raconter, çà, c'est la faute de crapaud d'ailleurs, t'en ai parlé! J'en ai honoré quelques-unes, tu sais, mais ces gens-là, je les trouve toujours aussi nazes!
Tu sais Steph est toujours aussi idiot, il m'a demandé pourquoi je me traînais toujours ces lunettes affreuses! "Tu n'en as plus besoin, tu n'as plus rien à cacher maintenant"! Plus con que lui, tu meurs ma Douce !
Je crois bien que bébé se doute de mes écrits, mais tant que je suis respectueuse, il fait semblant ... Sonia ne rigole pas, non je ne peux plus tout lui faire lire, mais il me connaît pour savoir que je suis une gourgandine, alors s'il a accepté libertine, il comprend mon besoin de me faire aimer, et même s'il tombe sur ma messagerie j'aurais droit à une engueulade par contre, je ne suis pas persuadée cocotte, d'avoir encore droit à Netlog!
Cependant avec crapaud je suis sincère et c'est là que le bat blesse un peu, j'ai l'impression de les trahir l'un et l'autre!
Oui, d'accord, je crois déjà savoir faire la part des choses et l'on m'y aide, t'inquiètes pas!
C'est au cours d'une de ces soirées que j'ai appris ta gigantesque erreur, pourquoi ma Douce as-tu fait cela? Oui ben, c'est vrai, celui qui me l'a dit est un ... bref, pourquoi Nous as-tu fait cela ?
Je viens de me payer une bonne crise de larmes et évidemment ma colère l'a emporté ! 36 15 et ....
Non Sonia dans la mesure du possible, je me restreins dans mes crises, bébé est informé il était à côté de moi! Par contre la femme de chambre n'a pas tout compris quand mon thé brûlant lui est passée à deux centimètres de la jambe, oui, je sais, mais là, non ! On ne vient pas me dire à sept heures du matin :
- "Madame nous ne pourrons pas.......etc etc" Je l'ai très mal pris d'autant plus qu'elle m'a surprise en pleine crise de larmes ! Mais oui, je me suis excusée, mais là n'est pas le problème, c'est que je mets mon bébé dans des situations pas possible ! Mais parfois, il faut que cela parte, de moins en moins souvent rassure-toi! Ash, bôf tu sais lui, il faudrait la fin du monde pour...et encore je ne crois même pas ! Oui Sonia, combien de fois m'as tu demandé ce que l'on faisait à ces hommes dans leur adolescence pour qu'ils gardent leur sang-froid en toutes circonstances? Ben, tu sais la meilleure, je crois bien que crapaud aurait pu te répondre !
Je ne referai pas la même bêtise deux fois, le tendoori tu ne l'auras pas! Remarque avec le recul, je te remercie pour Dany, oui ma bouille, tu vois, je t'ai enfin pardonné!
Mon dieu ma belle, je m'attends toujours à te retrouver à mon retour et c'est pour cela que je promène Ash d'hôtels en hôtels, pour ne pas affronter cette douleur ! Je sais que dans une semaine, pendant quelques jours, je serais terrée avec ton souvenir, tes rires, ta grande gueule, tes coups de gueule et mon immense chagrin !
Je me refuse à tout perdre en une fois, je vais trouver le point stratégique où je nous poserai pour ces prochaines années de dingue ! Mais je veux pouvoir aller sous mes oliviers pour te parler, je veux pouvoir rejoindre ma cour des miracles pour un jour ou deux, la nuit c'est fini, je veux pouvoir sortir au grand jour sans regarder sans arrêt derrière moi!
Tu sais Sonia qu'ici, je connais chaque ruelle où disparaître, chaque arrêt de bus ou courir pour m'échapper, mille façons de faire pour entortiller le premier passant venu afin de m'enfuir alors si je pars sans bien avoir réfléchi je devrais tout recommencer ailleurs, et cela, je ne le veux plus! Le choix n'est pas immense, mais nous arriverons à un compromis avec Ash, il a enfin choisi trois régions alors il suffit de nous placer au centre et nous verrons bien!
C'est le "et" qui me terrifie ma Douce.
Cela suffit pour aujourd'hui, je te laisse reposer en paix !
Je pars sur la pointe des pieds, mais je reviendrai...

vendredi 20 juillet 2012

VoyaGe...

...Assise dans l’obscurité, son sac entre ses pieds, elle tardait à prendre le départ, s’attendant à un miracle qui ne venait pas. Elle se remémorait les bons moments passés en ces lieux. En quelques heures, sa vie avait basculé une fois encore, et elle devait maintenant compter avec la disparition de deux de ses amies. L’une d’elle était morte dans l’horreur et Mylhenn avait abandonné l’autre pour des raisons qui lui était encore floues. Mylhenn attrapa la lanière en cuir de son sac, elle se leva d’un bond, et quitta l’appartement sans se retourner. Ses pas la dirigèrent machinalement vers l’ascenseur, mais finalement, ce fut l’escalier de service qu’elle emprunta, comptant les marches une dernière fois. Trois étages en dessous, dans le hall d’entrée, assise sur le marbre froid elle hésitait encore à franchir la porte vitrée. De grosses larmes brûlantes roulaient sur ses joues, Mylhenn ne les séchait pas. Elle évacuait son chagrin une bonne fois pour toute, puis passerait à autre chose. Dès que la nuit l’enveloppa dans la ruelle, elle se sentit mieux, ici elle était dans son élément. Comme chaque soir, Ahmed était derrière son comptoir, et Mylhenn le salua en entrant dans le petit bazar. - Hééé, pimbêche, je croyais que tu ne devais pas sortir? S’exclama-t-il joyeux. - T’inquiète Ahme, c’est la dernière fois! Lui répondit-elle en riant. Elle lui tendit alors quatre enveloppes en lui faisant promettre de les remettre rapidement à leurs destinataires. - C’est le grand jour Bella? Inch Allah! Ses mots se voulaient réconfortants, mais des larmes brillaient dans ses yeux. Amhed prit Mylhenn dans ses bras et la serra très fort. Il savait que le petit papillon s’envolait pour son dernier voyage. Lorsque le dernier bus la déposa au terminus, Mylhenn se dirigea d’un pas ferme vers le squat ou l’attendaient ceux à qui il serait le plus difficile de dire adieu. Eux seuls lui avaient donné amour et affection sans contrepartie. Nullement effrayée, elle s’engagea dans le terrain vague, louvoyant entre les planches et les tas de gravas qui jonchaient le sol. La cave était éclairée par des lampes à pétrole dont elle apercevait la lueur au travers des bâches trouées qui protégeaient ses amis des intempéries. Elle voulait saluer Lamine son garde du corps officiel lorsqu’ils faisaient tous la tournée des squats environnants, mais elle aurait bien du se douter qu’à cette heure-ci il ne serait pas seul. Elle reviendrait au cagibi qu’il occupait plus tard. Elle sourit malgré elle en entendant les gémissements répétitifs de l’heureuse élue. En entrant dans le réduit, l'odeur de la vie la prit à la gorge. Un mélange de sueur, de fritures, d’herbes défendues et…….d’amour. En la voyant avec son sac, ils comprirent que le moment était venu de dire adieu au petit papillon. Mylhenn accepta les caresses, les embrassades, les pleurs, les offrandes et les mots d’amour. Le réconfort que lui procurait sa cour des miracles était immense, ici était sa vraie famille, elle était chez elle. Elle resta parmi eux une bonne partie de la nuit et enfin sonna le signal du départ. - Ils t’ont tous tripotés et moi je n’ai même pas eu droit à un câlin! Casanova était enfin là pour les adieux. - Menteur, j’ai assisté à une partie de tes exploits! Renchérit Mylhenn en se jetant dans ses bras. - Elle ne valait pas ses trois moutons! Fut le seul commentaire qu’il rajouta. Lamine le tombeur avait les larmes au yeux en la serrant très fort contre lui. Ses mains s’attardèrent sur les fesses de Mylhenn, mais elle n’y prêta pas attention, Lamine était... Lamine. En sortant, il lui sembla que son sac était un tout petit peu plus gonflé qu’à son arrivée, mais elle ne leur fit pas l’affront de l’ouvrir devant eux. Un dernier adieu et elle s’enfonça dans l’obscurité, Mylhenn avait à peine fait quelques pas quand Lamine la rejoignit. - Bella, j’ai un pote qui descend à Marseille ce matin, tu veux...? Mylhenn acquiesça avant qu’il ne finisse sa phrase. D’un geste autoritaire, il s’empara de son sac et sans un mot, il la dirigea vers les halles. Elle se laissa embrasser au moment des adieux, il en avait envie depuis tellement longtemps. Mylhenn lui rendit même son baiser, glissant sa langue entre ses lèvres. - Tu es la pire des cochonnes que je connaisse, et j’ai jamais pu en profiter! Si c’est pas malheureux! Protège-toi Bella! Conclut-il en passant tendrement l’une de ses grosses pattes sur ses joues. Il lui glissa une poignée de billets dans la poche de son jean, elle voulut refuser, mais il allait se fâcher alors elle accepta. Après tout les pas de Lamine étaient jonchés de billets, même si cela le conduisait souvent derrière les barreaux. Elle gagna quelques heures grâce à Faouzi le routier sympa. Durant le trajet elle sommeilla, vérifia son sac ou elle découvrit l’argent que lui avaient glissé ses amis, des vêtements et les gâteaux au miel qu’elle aimait tant préparés par Fortunée. Puis elle pleura le regard perdu au loin et Lamine ayant bien briffé Faouzi, celui-ci la laissa à ses tourments. Mylhenn remercia sincèrement le routier quand il la déposa près de la gare où elle se perdit dans la foule.

Adésias Sonia, T’mour p’tite mère !

mardi 17 juillet 2012

Ce MaTiN...

   ...Vingt-deux jours ... Vingt et une nuit que je crève de ne pouvoir te raconter mes bêtises ! 

Si tu savais ma Douce, tout ce que ta Bella a parcouru comme chemin depuis que tu es partie ... tu serais si fière ! 
Fière oui, mais je me serais prise une sacrée taloche pour n'avoir pas écouté ton dernier conseil ! 
Je ne peux pas Sonia, je n'y arrive pas !
Ils sont tous près de moi, eux ne m'ont pas abandonné comme toi !
Je sais, je me déteste pour çà ! 
Je ne peux m'empêcher de t'en vouloir ! Je suis en colère après toi !
Mais à ce qu'on dit, tu savais qu'il était là ? Tu savais et tu l'avais rencontré !
Pourquoi faire ma Douce ? Moi, je n'ai jamais pu et je n'irais pas finalement !
Mais oui bien sûr, j'aurais du m'en douter, tu l'as défié et maintenant je suis seule !
Tu me manques tellement ma Douce ! Non, je ne peux pas être en colère contre toi, mais ......
Je n'y suis retournée qu'une fois, tu sais, maintenant la nuit, je dors Sonia ! Une ou deux heures, mais je dors ! 
Je ne suis plus seule quand Ash n'est pas là !
Non pas un de ces détraqués dont on riait tant ! Tu te souviens de " Juice " un phénomène celui là !
Lui, je crois que tu aurais bien aimé le connaître, une crème D-hom !
J'écris, il me répond et tu sais quoi ma douce ? 
Enfin, je peux correspondre avec quelqu'un qui a du vocabulaire et une syntaxe parfaite ! Il corrige mes fautes, oui lui, il ose, c'est te dire !
Il ne te connaissait pas, mais va lire le texte qu'il a écrit pour toi et moi !
Il a aussi une pêche....................non ma Douce, çà ce sera pour les oliviers !

mardi 3 juillet 2012

FoLie ou RaiSoN...

En lisant dans mes yeux, l'on y découvre un peu des deux... 

Depuis une semaine ,ma rage se décuple de jours en jours et ne disparaîtra pas de sitôt...
Je ne dors pas la nuit, mais je rêve que je dors... 
Mon cœur ne bat plus, mais je respire encore... 
Je ne parle plus, je réponds seulement... 
Les jours se succèdent et tout recommence... 
Tous mes rêves d'avenir sont à oublier... 
Dans le noir revient, avec la fréquence d'une rengaine, le cauchemar de chaque soir...
Je m'étonne d'entendre encore battre mon cœur ... 
Pour toi ma belle ma douce ma tendre Sonia... 
Je t'offre ce qu'il reste de ma vie, moi, je n'en veux plus... 
Je te fais cadeau de ce petit rab qui ne me sers à rien... 
Je t'offre ce bout d'éternité, car ils n'ont pas voulu que j'aille chercher ton âme dans cette ruelle où tu nous à quitté...
Aussi ai-je décidé aujourd'hui de te faire cadeau de ma vie... 
Ne te méprends pas ma douce, ta Bella t'ouvre les portes de son jardin secret...
Mais que la vie est mal faite ma Sonia... 
Je suis tellement seule que mon envie remonte à la surface... 
N'ayant plus personne pour m'aider à la combattre, j'y céderai sans doute bientôt ...
Cette même envie qui ce soir là nous a séparée... 
Tu étais tellement plus forte que moi... 
Pendant que je volais toi, tu partais, si seulement cela avait été moi... 
Toi, tu t'accrochais à la vie et celle qui t'a accordé ce sursis est partie... 
Non, c'est moi qui l'ai quitté parce qu'elle avait deviné... 
Je te demande pardon ma Sonia, mais finalement ton âme est sur ma main et j'en prendrai soin !

samedi 23 juin 2012

DaNS La CHaLeuR De L'éTé...

 

   ... Son APN en bandoulière, Dorhn musardait au gré des ruelles du vieux quartier de la ville. Par ce bel après-midi d'été, il espérait le cliché qui 
ferait la différence parmi ceux de ses collègues lors du briefing. Les jets bouillonnants de la fontaine couverte de mousse, produisaient d'imperceptibles 
arcs-en-ciel qu'il immortalisa pour la forme. Les jeux d'ombres et de lumière qui se dessinaient sur les façades recouvertes de vigne rouge de la 
maison des vétérans pourraient éventuellement lui façonner un panneau pour son salon dont il n'avait pas encore commencé la décoration. En 
effet, Dorhn avait déménagé depuis peu à la suite d'une peine de cœur. Pourtant, depuis son arrivée dans ce petit village de Provence, il ne parvenait 
pas à avancer. Peu de livres, de vêtements et de vaisselle avaient été déballés. Et si les meubles étaient en place, c'était uniquement parce que les déménageurs 
y avaient contribué. Dorhn avait besoin de cette transition avant d'avancer.
Perpétuer le souvenir de découvertes extraordinaires était la seule raison pour laquelle il cheminait le long de l'allée piétonnière en pleine canicule. 
Soudain, à l'extrémité de la ruelle, la silhouette gracieuse d'une jeune femme attira son regard. Il se figea. Appréciant la démarche plaisante de 
celle-ci, un léger sourire se dessina sur ses lèvres et il l'observa sans retenue. Progressant nonchalamment dans sa direction, l'attrayante créature 
était vêtue d'une robe légère dont le corsage ajusté enveloppait ses charmes et la jupe virevoltait au rythme de ses déhanchements. Elle dépassa Dorhn, 
laissant planer un délicat parfum dans son sillage. Il reconnut aussitôt la fragrance de Serge Lutens, senteurs d'orient mêlées aux fleurs de citronnier, 
qu'utilisait l'une de ses collègues. Cette belle rencontre l'avait mis de bonne humeur. Il s'était retourné un bref instant, la suivant des yeux, le temps 
de la voir disparaître au bout de l'allée puis il avait repris sa marche.
Dorhn, la petite quarantaine, un corps qu'il entretenait avec soin, appréciait les jolies femmes. C'est sans doute pour cela que Maïra avait mis un 
terme à leur relation. Elle en avait eu assez d'entendre toujours la même excuse lorsqu'elle surprenait le regard appuyé de son compagnon sur l'une 
de ses congénères. "C'est professionnel ma chérie, je ne vois cette personne que comme un éventuel modèle!" Maïra croyait en la sincérité de Dorhn, mais 
un jour, il y eut le premier dérapage, puis le second deux mois plus tard. La belle Annie avait été celle de trop et cela avait précipité son départ. Dorhn 
comprit, mais trop tard, qu'il tenait vraiment à Maïra. 
Dorhn explora le sentier qui conduisait au donjon en ruine de la forteresse qui surplombait le vieux bourg. Séduit par l'assemblage des vieilles pierres 
qui résistaient encore au temps qui passe, il ajouta plusieurs clichés à sa carte mémoire. Il se risqua sur un pont branlant et découvrit que la rivière 
censée couler au-dessous devait être assêchée depuis bien longtemps. Pourtant, en regardant bien, il aperçut un mince filet d'eau qui courait entre 
les rochers et les broussailles. Il devait certainement y avoir une source, d'où le nom du village. Ses pas le ramenèrent au centre de l'agglomération 
dont les rues désertes étaient dévorées par la flamme incandescente de l'astre solaire. Il emprunta une rue où les immeubles modernes jouxtaient 
des bâtiments anciens. Deux statues démesurées, gardiennes de l'entrée du parc verdoyant au centre-ville, luisaient d'un éclat presque fluorescent. 
Son APN crépita plusieurs fois. Seulement couvert d'un short cargo et d'une chemisette sans manches, Dorhn commençait à trouver la chaleur insupportable. 
Le besoin de s'hydrater lui devenait plus que nécessaire. Il repéra un charmant petit troquet à la terrasse ombragée vers lequel il se dirigea immédiatement. 
Sirotant une boisson fraîche à petites gorgées, il s'adossa confortablement au fauteuil bistrot sur lequel il était assis. Après une dizaine de minutes 
de détente, il se saisit de son APN posé sur la table, et entreprit de faire défiler les nombreux clichés qu'il avait réalisé. Concentré sur sa tâche, il ne 
remarqua pas que quelqu'un était venu s'installer à la table voisine de la sienne. Son odorat le ramena à la réalité. Une effluve citronnée taquinait 
ses narines, ce ne pouvait être que... 
À quelques centimètres de lui, assise avec grâce, le regard perdu dans ses songes, se tenait l'inconnue du sentier. Détaillant les éclats dorés, entre 
miel d'acacia et miel de châtaigner, de sa chevelure aux mèches rebelles, il la trouva encore plus séduisante. Le bleu, quasi gris-perle, de ses yeux 
l'envoûta aussi sûrement que les incantations d'un maître vaudou. Il trouva si sensuelle la façon dont elle porta son verre à ses lèvres qu'il aurait 
presque qualifié celui-ci d'érotique. Le mot passion traversa soudain son esprit plus que concupiscent et il maîtrisa avec peine la pulsion qui le poussait 
à aborder la jeune femme à des fins inavouables. Interceptant son regard, la jeune femme se mit à le détailler sans vergogne. 
Elle le salua d'un imperceptible clignement de paupières, puis celle-ci porta un toast silencieux dans sa direction en levant son verre devant elle. 
Dorhn ne savait quel comportement adopter et il lui sourit tout simplement. Tandis que les battements de son cœur piquaient un sprint dans sa poitrine 
et qu'une agréable sensation de chaleur envahissait tout son être, il la vit se lever. Celui-ci fut très déçu. En passant près de lui, la promiscuité des 
tables lui donna l'occasion de frôler de sa cuisse le bras de Dorhn. Un frisson le traversa des pieds à la tête. Elle s'excusa machinalement d'une voix 
douce puis elle se dirigea vers le sentier conduisant au canal. Dorhn la perdit de vue une fois les frondaisons passées. 
Sans réfléchir, il se leva à son tour et ses pas le propulsèrent vers le vieux chenal où de nombreux saules tire-bouchon faisaient une haie d'honneur 
aux rares promeneurs du moment. Sous les arbres majestueux, le long de la berge, tous les bancs étaient inoccupés, preuve de l'extrême chaleur qui 
régnait. Soudain, Dorhn aperçut celle qu'il suivait. Elle venait de se faufiler dans le feuillage épais d'un saule ancestral. Il en fit un rapide cliché 
avant de s'engouffrer à son tour sous la cathédrale de verdure. Il y faisait frais grâce aux longues lianes vrillées qui tombaient en ramures, formant 
un rideau touffu qui les protégeait naturellement des regards indiscrets d’éventuels flâneurs. Elle se tenait adossée au tronc court et noueux. Dans 
ses prunelles, il ne lut pas la peur, mais l'envie. Il réalisa qu'il ne devait pas être le premier qu'elle invitait ainsi. Les branches basses du salix babylonica 
offraient de nombreuses possibilités et elle entendait bien les lui faire découvrir. Dorhn tenta de se présenter, mais elle plaça un doigt en travers 
de sa bouche lui intimant ainsi l'ordre de se taire. Ravissante et enjouée, elle s'approcha de lui, puis adroitement elle entreprit un déboutonnage 
en règle de la chemise en lin de celui-ci. Ses doigts délicats effleuraient la peau de son torse et il frissonnait au contact léger qu'elle prolongeait 
délibérément à chaque boutonnière. Lentement, elle lui retira sa chemise, la déposant sur l'une des branches basses à sa portée. D'une œillade, elle 
quémanda la permission de poursuivre. Sans attendre la réponse, elle fit courir la pulpe de ses doigts sur les flancs sensibles de celui qu'elle avait 
instauré amant du jour. Dorhn tressaillit et émit un gémissement rauque lorsque, glissant ses doigts sous son vêtement, du bout des ongles, sa séductrice 
flatta ses reins. Il l'attira tout contre lui, noyant son visage dans l'épaisse chevelure de celle-ci. Elle le repoussa gentiment, et toujours sans un mot, 
elle dégrafa sa robe puis l'ôta. Celle-ci rejoignit la chemise de Dorhn sur la penderie improvisée. Impudique et sûre d'elle, elle le bravait du regard. 
Le corps dressé en i, elle tendit légèrement son pied droit devant elle. Tels deux tentacules, elle leva ses bras progressivement au dessus de sa tête tout 
en tournant ses poignets en de légers mouvements. Son regard était fixé sur le visage de Dorhn. Elle se mit à ondoyer habilement du ventre comme 
le font les danseuses orientales, puis elle descendit ses bras devant son visage et les croisa avec élégance sans stopper le mouvement de ses poignets. 
Le mouvement lascif de son bassin hypnotisait Dorhn qui avait bien du mal à réprimer l'envie de poser ses paumes sur les hanches de la danseuse. 
Lorsque les bras de celle-ci se trouvèrent à hauteur de ses hanches, elle renouvela son envolée. Les rares rayons de soleil qui parvenaient à traverser 
l'épaisseur du feuillage les enveloppait d'un halo mordoré et le corps presque nu de la jeune femme ressemblait à une créature échappée des champs 
Élysées. Elle maîtrisait parfaitement l'art difficile qu'elle avait choisi pour le fasciner. Au lieu d'un vulgaire strip-tease, elle lui offrait un véritable 
spectacle. Bien campée sur ses pieds, elle écarta légèrement les jambes, puis détendue, elle joua de ses genoux, les bras encadrant ses hanches en parenthèses, 
générant les tremblements caractéristiques de cette chorégraphie compliquée. Son corps entier se mit à vibrer sous le regard admiratif de Dorhn. Cela 
faisait bien longtemps que celui-ci n'avait pas ressenti l'appel de la chair avec une telle intensité. La démonstration de la jeune femme se termina 
en apothéose, le laissant tout comme elle, hors d'haleine. Ayant rapidement repris son souffle, elle s'avança vers lui puis son visage près du sien elle 
effleura ses paupières de ses lèvres. Ce fut le tour de ses joues puis de ses lèvres qu'elle pinça délicatement de ses dents. Tandis qu'elle se serrait avidement 
contre le torse dénudé de Dorhn, ses mains câlinant ses épaules, elle joignit sa langue à celle du bougre pantelant qu'il était devenu, tentant désespérément 
de lui dissimuler l'érection qui rendait désormais son boxer trop étroit. Mais n'y tenant plus, les sens exacerbés, Dorhn l'enlaça à son tour. Il l'embrassa 
avec passion, flattant des paumes les fesses couvertes d'une lingerie arachnéenne de sa jolie partenaire. Malicieuse, celle-ci pressa son ventre contre 
la virilité douloureuse de Dorhn. La respiration saccadée de la jeune femme faisait écho aux pulsations de son cœur, rapide et débridée. Voyant 
qu'il hésitait encore à lui prouver son ardeur, elle prit l'initiative de diriger leurs ébats. Avec douceur, elle le délesta de son short puis de son boxer, 
puis elle se dépouilla prestement du petit bout de tissu qui recouvrait encore ses charmes. Ainsi nus, ils auraient pû paraître triviaux, mais leur nudité 
n'avait rien de choquant. Tendrement, elle se pelotonna contre lui. Gémissant d'impatience elle releva haut sa cuisse, revendiquant avec force le 
besoin qu'elle avait de cette étreinte, se soumettant à une délicieuse caresse. 
La brulûre exquise des sens qui se propageait en eux multipliait leurs sensations charnelles. Lorsque Dorhn s'agrippa à ses hanches, le désir qui la 
consumait la fit se cambrer, et elle s'empala d'elle-même sur le sexe turgescent de son compagnon. De lents, ses va-et-vient se transformèrent en de 
de puissantes poussées qui les conduisirent rapidement à l'ivresse d'un fabuleux orgasme. Blottis l'un contre l'autre, ils laissèrent le temps s'écouler. 
Des voix se firent entendre, ce qui les fit sursauter. Ils se rhabillèrent en hâte, distinguant des promeneurs non loin d'eux au travers des branchages 
qui les abritaient. 
- Je me prénomme Lyleth! Lui dit-elle en souriant. Cette révélation sonnait comme un cadeau d'adieu. Dorhn la vit disparaître au travers du feuillage 
sans qu'il n'ait eu le temps de répondre. Mélancolique, il récupéra son APN suspendu à l'une des branches du saule, réalisant qu'à part ce prénom, 
il ne savait rien d'elle. Dès le lendemain, celui-ci commença à défaire ses cartons et emplir le frigidaire. 
La semaine suivante, à ses moments de libre, il longeait le canal avec le secret espoir de tomber sur celle qui, il devait bien se l'avouer, l'avait déchargé 
de la faiblesse qui le rongeait depuis que Maïra l'avait quitté. Il ne compta plus le nombre de fois où il croyait reconnaître la silhouette gracile de 
Lyleth. Dans le parc, au détour d'une rue, à la terrasse d'un café ou dans le magasin de fruits et légumes dans lequel il s'approvisionnait, Dorhn 
se réjouissait soudain, croyant reconnaître Lyleth. Dépité, l'instant d'après, il s'apercevait de son erreur. Lors de ses errances, il exécuta bon nombre 
de clichés incroyables dont il fit des tirages noir et blanc des plus beaux. Encadrés avec esthétisme, il dissémina ceux-ci sur les murs blancs de son 
appartement. Le temps aidant, il n'avait pas encore tout à fait renoncer à la retrouver, mais la belle Lyleth était moins présente à sa mémoire. 
Fabien Jacquet était le journaliste people du moment. Sa série d'articles sulfureux sur les clubs libertins de la côte étaient très en vogue. Ayant été 
séduit par le travail de Dorhn lors d'un festival de country, il s'assura de sa coopération par l'intermédiaire de la maison de presse qui les employait. 
Ils se donnèrent rendez-vous au "Boudoirs & Bougeoirs", un club échangiste sélect où seuls les habitués avaient droit d'entrée. Les nouveaux devaient 
montrer patte blanche, et obligatoirement être parrainés par au moins deux anciens. Après un briefing succinct au cours duquel le propriétaire des 
lieux expliqua à Dorhn et Fabien qu'ils devaient observer une totale discrétion envers les clients, ceux-ci déambulèrent dans les "ruelles" ouatées 
du club. Le dress code et l'ambiance feutrée n'avait rien à voir avec ce qu'imaginait Dorhn. Jacquet connaissait bien son sujet et restait très professionnel. 
Il n'y avait rien de malsain dans ses questions. Deux couples acceptèrent de s'isoler un moment pour lui apporter quelques réponses. Discret, Dorhn 
joua de son APN uniquement pour immortaliser le décorum moelleux ainsi que l'ambiance polissonne qui régnait. Rien de vicieux ni d'obscène ne 
vint agresser son objectif. Les hôtes du journaliste lui confièrent qu'eux venaient là pour assouvir un fantasme commun et raviver la flamme du 
désir. Ils expliquèrent ensuite, qu'avides de sensations nouvelles, certains tentaient la première fois. Mis en confiance par des procédés conviviaux, 
ils se laissaient guider vers l’alcôve coquine. Certains couples illégitimes venaient pour y vivre leurs fantaisies en toute quiétude sans le risque d'une 
rencontre malheureuse. D'autres couples, amants d’un moment, étaient là pour enrichir leur expérience à la découverte de nouveaux plaisirs inédits. 
En terminant l'entretien, Sacha désigna un homme d'une quarantaine d'années à ses interlocuteurs en précisant que celui-ci ne venait au "Boudoirs 
& Bougeoirs" que deux ou trois fois par an, s'offrant ce qu'il appelait ses voyages exotiques. Fabien remercia chaleureusement Sacha et son amie ainsi 
que l'autre couple. Il s'apprêta à quitter les lieux, car il avait largement de quoi étoffer son article. Dorhn le suivait de près, recueillant à la dérobée 
les derniers clichés qui lui paraissaient intéressants. 
Soudain, la musique d'ambiance cessa et le tintement léger d'une clochette attira les regards vers une scène modeste mais très éclairée. 
- Chers hôtes, accueillons chaleureusement les élèves de l'école de danse de mademoiselle Grenna! Le show de ce soir est intitulé "Malice et délice". 
L'animateur attendit que cesse les applaudissements puis il poursuivit d'une voix enjouée: 
- Soyez attentifs, vous y découvrirez certainement l'inspiration pour une fin de soirée agréable! Je vous souhaite un bon divertissement! 
Dorhn et Fabien se consultèrent du regard, et d'un commun accord décidèrent de profiter du spectacle. Après tout la soirée leur était offerte, pourquoi 
n'en profiteraient-ils pas? Un tintement de clochette résonna une nouvelle fois, puis une musique langoureuse et envoûtante s'échappa des hauts-parleurs. 
Apparues d'on ne sait où, sept danseuses orientales occupaient maintenant l'estrade. Elles étaient vêtues d'un costume semblable en tout point. Un 
bustier à paillettes vert et or bordé de grappes de perles de verres, rondes. À chaque extrémité des grappes, un sequin de métal doré lançait des éclairs 
sous la lumière des projecteurs. Une jupe longue, faite de plusieurs épaisseurs de mousseline, de la même couleur que le bustier, fendue sur les côtés, 
était maintenue à la taille par une large ceinture ornée de motifs géométriques brillants de mille feux. Un bijou de tête et des bracelets fins complétaient 
la tenue de scène. Féminines par excellence, dès que se firent entendre les premières notes d'une mélodie 
exotique et envoûtante, les exécutantes entamèrent de gracieuses arabesques des bras et du corps. La chorégraphie, était parfaitement adaptée au 
au lieu. La fluidité des déplacements était l'invitation au voyage qui conduisait au cœur de la sensualité. Chaque partie de leur corps était mise 
à contribution. Cela devint un réel plaisir pour toute la salle que d'admirer ce ballet, tantôt saccadé et rythmée, tantôt ondulant et fluide puis enjouée 
et dynamique. 
Dorhn observait le spectacle avec attention. Une impression de déjà vu s'imposa à lui, mais il ne parvenait cependant pas à se rappeler à quel moment 
il avait déjà assisté à un tel spectacle? Trente minutes plus tard, sous les applaudissements nourris des spectateurs, les danseuses disparurent dans 
l'obscurité. 
- Mesdames et Messieurs, j'ai l'immense joie de vous présenter l'instigatrice de ce show! Applaudissez mademoiselle Grennaaaa! 
Émoustillés par les danses sensuelles qui les avaient distraits, ce public de choix fit une ovation à la danseuse professionnelle. La lumière se ralluma. 
Tous découvrirent une splendide jeune femme, affublée d'un costume flamboyant. Ses cheveux blonds, lissés, encadraient son visage et retombaient 
de chaque côté de ses épaules. Elle ne portait aucun bijou si ce n'était le foulard incrusté de minuscules petit grelots qui enserrait sa taille. Tous se 
turent dès qu'elle eut salué l'auditoire d'une courte révérence. Une douce pénombre baigna alors la scène, puis, magique et lanscinante, la musique 
se fit entendre. 
Le corps tendu à l'extrême, la séduisante artiste leva avec grâce son pied droit devant elle tout en remontant ses bras au dessus de sa tête. Le mouvement 
sensuel de ses poignets captivait l'assistance. Elle fixait son regard droit devant elle, un doux sourire aux lèvres. Elle agita lentement son bassin de 
gauche et de droite puis d'avant en arrière, évitant de cambrer ses reins pour une imitation parfaite de la danse du cobra. Les sonnailles de sa ceinture 
faisaient écho à la mélodie qui guidait ses ondoiements. Elle prit assise sur ses pieds, les jambes légèrement écartées. Ses genoux entamèrent un vibrato 
époustouflant jusqu'à ce qu'elle ne soit plus que trémulation...
Sonné, comme s'il avait reçu un violent coup de poing dans la poitrine, Dorhn le regard fixe n'en croyait pas ses yeux. Son sang emprunta l'accélérateur 
à particules qu'étaient devenues ses artères et son cœur se mit à battre la chamade. En pleine confusion, il sentit qu'il allait perdre l'équilibre, et 
ce n'est qu'au prix d'un terrible effort de volonté qu'il réussit à faire disparaître la sensation de vertige qui l'avait envahit. Ses tremblements ne cessèrent 
que lorsqu'il porta enfin ses yeux sur la jeune femme qui se tenait sur la scène. 
Mais pourquoi diantre, ne l'avait-il pas reconnu immédiatement? 
Celle qui se produisait devant ses yeux médusés, n'était autre que Lyleth. SA Lyleth. Celle qu'il avait recherchée pendant des semaines. Le costume de 
scène, l'ambiance et le rayonnement multicolore des spots réglés au minimum avait masqué l'identité de celle qu'il croyait ne jamais revoir. Mais, 
comment oublier ses courbes parfaites qui l'avait séduit dès le premier regard qu'il avait porté sur elle. 
Dorhn réarma son APN et alla s'asseoir au sol tout près de la scène, dans un angle mort afin de ne pas déranger les autres spectateurs. 
En virtuose qu'elle était, Lyleth évoluait avec un charme fou, elle donnait une vie propre à ses épaules qu'elle remuait avec élégance, puis les trémoussements 
qu'elle infligea à son buste échauffèrent les esprits. Le ballet de ses bras et de ses mains ne faisait qu'accentuer le côté lascif de son art. Et enfin, oscillant 
d'avant en arrière, Lyleth fit bouger son ventre au rythme de la musique. Ce déhanché dont l'amplitude dépassait tout entendement pour les novices, 
provoquait les tintements des minuscules clochettes accrochées à sa taille. Sa démonstration se termina sur un tonnerre d'applaudissements. 
À peine essoufflée, celle-ci s'inclina dans une pose respectueuse puis disparut aux yeux du public transporté. 
Encore subjugué par sa découverte et par le spectacle auquel il venait d'assister, Dorhn ne réagit pas immédiatement à la disparition de Lyleth. Ce 
ne fut que lorsqu'il prit conscience que les hôtes du club reprenaient là où ils en étaient restés avant le show qu'il revint à la réalité. Sa première 
réaction fut de chercher la jeune femme des yeux, mais il ne la vit nulle part. Il repéra Fabien en charmante compagnie. Celui-ci serrait de près une 
petite rousse avenante qui le couvrait de caresses sensuelles. Sans remords Dorhn l'abandonna à son sort. 
Se déplaçant d'alcôves en niches, de boudoirs douillets en salons confortables, il finit par découvrir celle qu'il s'efforçait de retrouver. 
Entourée d'une cour d'admirateurs, Lyleth était tout sourire. Une coupe de champagne rosée en main, elle portait un toast en l'honneur de l'assemblée. 
Dorhn s'approcha presque avec timidité. Lyleth le repéra instantanément. Son sourire se fit plus avenant et elle leva son verre dans sa direction.
- Oserais-je vous demander de venir trinquer à cette belle soirée avec nous monsieur... Monsieur? 
- Dorhn! Dorhn Grémont, pour vous servir! Accepteriez-vous ma compagnie? D'un signe de tête, elle lui signifia que sa requête était acceptée. Déçus, 
ses prétendants les abandonnèrent à leur tête-à-tête. Il était bien établi que lors de ces réunions, jamais une présence non désirée n'était imposée. 
Tous avaient immédiatement compris que Lyleth désirait s'isoler avec cet homme. Sûre d'elle, Lyleth conduisit Dorhn à l'étage, dans une douillette 
alcôve dont elle referma avec soin les rideaux épais derrière elle. 
- Ainsi personne ne viendra nous déranger! Dit-elle avec un regard espiègle. Dorhn se dit soudain que celle-ci devait être une habituée des lieux. 
Il ne savait qu'en penser. Toutefois, il comprenait à présent le comportement détendu de la jeune femme lors de son approche sous le saule. Après tout, 
peu lui importait qu'elle soit une adepte du libertinage, du moment qu'elle accepte de l'initier. Peut-être que, si Maïra et lui avaient connu cette 
possibilité, leurs chemins ne se seraient pas séparés? Non, l'heure n'était plus aux regrets, il avait Lyleth près de lui et il entendait bien lui devenir indispensable 
quitte à la partager avec d'autres. Et s'il avait bien compris le principe, lui aussi aurait le droit de regarder ailleurs. Tout à ses réflexions, il ne vit 
pas que la jeune femme le fixait intensément.
- Mon style de vie vous choque Dorhn? Demanda-t-elle soudain inquiète. 
- Je crois que je vais très vite l'adopter chère Lyleth! Répondit-il avec un large sourire. Elle posa une main sur la poitrine de Dorhn et le gratifia d'un 
tendre baiser que celui-ci lui rendit avec la même tendresse. 
- Cher partenaire, je vais vous apprendre quels sont nos codes! Le regard ensorcelant, elle l'attira près d'une banquette recouverte de coussins moelleux. 
Dorhn s'abandonna à son enseignement avec délectation. 
- Tout d'abord mon ami, il faut se vouvoyer! Vous vous rendrez vite compte, que cela accroît le désir! Tout en s'exprimant, elle se dévêtit avec aisance, 
lui offrant la vue d'un corps parfait. Mais il le savait déjà. 
- Ensuite, il faut abandonner tout embarras face à la nudité! Avec prévenance, elle entreprit alors un effeuillage empreint d'érotisme en ôtant adroitement 
les vêtements de Dorhn. Il n'y avait rien de vulgaire dans ses gestes et nulle concupiscence ne se lisait dans son regard. 
- Pour terminer cette première leçon, sachez qu'en ces lieux tout est respect de l'autre! Observez les règles de convenances et vous serez apprécié! Voyant 
que Dorhn ne comprenait pas l'allusion, elle le poussa gentiment sur le siège confortable derrière eux, puis elle se laissa glisser à son tour sur les 
coussins douillets. 
- Puis-je espérer monsieur un peu de votre attention? Tout à coup, il saisit la nuance. Le libertinage n'était en rien de la perversion. Certes, il était 
question de sexe, mais surtout de partage. Personne n'obligeait à rien, et si l'on essuyait un refus, l'on s'adressait à celle ou celui qui accepterait enfin 
de s'abandonner au affres de la volupté dans un recoin discret. Cela pouvait aussi se décliner en celles et ceux. Nul besoin de revisiter sauvagement 
le kamasütra, parfois, il suffisait de quelques caresses ou de baisers langoureux pour parvenir à la félicité. Dorhn enlaça Lyleth, et lui donna enfin 
le baiser passionné qu'elle attendait.
- Je crois madame avoir découvert les mantras du libertinage grâce à vous! Lyleth scruta son visage avec intérêt. 
- Je vous écoute monsieur! 
- Cela se résume en trois phrases! Elle resta silencieuse, attendant qu'il poursuive. 
- Tout est permis, rien n'est obligatoire! Ne jamais forcer son ou sa partenaire! Ne pas se vexer en cas de refus! Énuméra-t-il fier de lui. 
- Vous êtes un excellent élève Dorhn! Mais arrêtons de philosopher! Souvenez-vous combien vous étiez fougueux sous le saule? J'attends de vous monsieur, 
que vous me transportiez au faîte du plaisir! Tout était dit, il venait d'obtenir la permission tant désirée. Ils naviguèrent longuement entre jouissance 
et euphorie et flirtèrent avec passion et extase. Impatiente, elle l'avait accueilli avec bonheur pour finalement atteindre l'ivresse d'orgasmes quasi 
sismiques. À présent, encore cambrée sous la puissance de l'ancre de vie de Dorhn, Lyleth haletait, incapable de reprendre son souffle. Une fois sa 
virilité détendue, le feu de ses sens assouvi, celui-ci goûta avec ravissement à la torpeur dans laquelle il baignait. Lyleth s'apaisa à son tour. Épuisée, 
elle allait s'assoupir lorsqu'il lui confectionna un nid douillet de sa personne. Ils restèrent ainsi, peau contre peau, ne faisant plus qu'un, soudés 
par l'onctueux velouté d'amour qui les avait projeté au plus haut de la vague. Le dialogue silencieux de leurs corps les berça avec complaisance, les propulsant au-delà du septième ciel...

vendredi 22 juin 2012

Le CHaNT DeS oLiVieRS...

 

Enveloppé des parfums de l’été,
J’entonne le chant des oliviers,
Laissant sans fin se répandre mes larmes,
Acceptant que ma douleur rende les armes…

Déchiré et mélancolique, je me laisse glisser,
Et emporté par le chant des oliviers,
J’aspire finalement à goûter au repos,
Bercé par la mélodie de mes sanglots…

Maintenant de mon chagrin délesté,
Je peux fredonner le chant des oliviers,
Lorsque dans la ronde de mes souvenirs,
Je perçois la force de tes éclats de rire...

...J'ai été anéanti à la disparition de Ma Douce. Je pensais que, jeter sur l'écran ce que j'endurais, allait soulager rapidement ma peine. Il n'en a rien été, mais mes écrits sont restés! Ce fut mon tout premier essai et j'ai renouvelé l'exploit plusieurs fois encore avant de me rendre compte que ce n'était pas mon Jing! Ma tasse de thé...

mardi 1 mai 2012

AMouR à MoRT...

 

~ La première fois cela a été pour la poubelle de la cuisine dont je n'avais pas remis le couvercle .... une douzaine de roses rouges le soir même !
~ Tu sais toi Pat que n'avais même pas remarqué le regard appuyé du facteur .... j'en ai gardé une ecchymose sur l'épaule pendant six jours !
~ Comme si tu ne savais pas toi ma gentille Pat comme j'ai souffert pour l'obtenir ce beau pendentif en forme de cœur .... il m'aimait de tous ses coups !
~ Une fracture du poignet, c'est peu cher payé pour le dentifrice en dehors du verre à dents .... le médecin urgentiste n'a jamais vu un compagnon aussi prévenant !
~ Madame Sav... ne voulait pas briser notre couple, elle voulait juste me protéger .... pourquoi est ce que c'est moi qui ai fait quinze jours en psy ?
~ Crois-le ma Pat lorsque je te dis que ce policier était très convaincant .... ce jour-là j'y ai gagné un week-end à Venise !
~ Ooooops, j'ai oublié de déposer la salière sur la table ce midi .... ce soir j'ai appris ce que voulait dire le mot punition !
~ Tu le croirai toi ma douce Pat qu'être amoureux c'est avoir droit de vie et de mort sur celle qu'on aime .... je le pense, j'ai failli en mourir, il m'aimait tellement !
~ Tu sais là je ne t'en ai fait qu'un condensé de ma belle histoire d'amour, mais le plus dur est à venir et je ne peux encore pas t'en parler !
~ Deux mois de répit, le temps aux bleus de s'estomper, aux fractures de se ressouder, aux pleurs de se tarir et ma belle histoire d'amour a pu continuer !
~ Trois côtes cassées et un œil au beurre noir pour me prouver que je méritais ce beau tailleur Dior ! Tu te rappelles Pat ce que j'avais commis comme ignominie ... oui je n'avais pas eu le temps d'aller chercher le journal !
~ Ce soir là lorsque j'ai enfin compris que ce serait ma vie, je me suis enfuie .... merci à celle qui m'a ramené à mon mari! Deux gifles et quelques coups de pied dans le bas du dos m'ont remis dans le droit chemin !
~ Des mois plus tard, dans l'ambulance, j'étais heureuse de cette fin qui m'a délivrée de cet amour à mort .... il est toujours là, tapi derrière ses barreaux et si un jour il doit en sortir, c'est moi qui devrais partir parce que cela fait tout juste cinq ans aujourd'hui que je suis morte…

Le PeTiT BaR...

   ...Lorsque la jeune femme poussa la porte du bar des Allobroges, le cœur de Fabio se mit à danser le rock roll dans sa poitrine. Les yeux du barman s’illuminèrent comme si l’on avait allumé les feux de la saint Jean derrière ses prunelles. Il resta figé quelques secondes puis son professionnalisme reprit le dessus. Il gratifia Ayla d'un superbe sourire accompagné d’un « bonjour Mademoiselle » retentissant auquel elle ne prêta pas la moindre attention. Elle était concentrée sur la pile de livres qui encombrait son bras gauche, elle tenait un énorme cabas de sa main droite et elle semblait désemparée comme si elle ne trouvait pas la personne qu’elle cherchait dans la grande salle. Ce qui devait se produire arriva, les livres glissèrent puis s’abattirent sur le carrelage brun-tomette et une magistrale exclamation ponctua la chute. Fabio se précipita pour donner un coup de main à la malheureuse, ramassant ses ouvrages et l’aidant à les transporter sur la table la plus proche.

- « Merci Monsieur ! » dit-elle avec un joli sourire. Les cheveux blonds dorés qui mangeaient le visage de la belle inconnue lui donnaient l’air d’un ange tombé du ciel et les battements du cœur de Fabio s’accélérèrent encore lorsque son regard se planta dans les yeux d’un vert si clair d’Ayla. Il s’y noya instantanément.
- « Puis-je vous aider Mademoiselle ? » Demanda-t-il aimablement. Les yeux d’Ayla s’attardèrent quelques secondes sur le visage de Fabio puis de nouveau elle scruta la salle.
- « Oui peut-être ! » Répondit-elle distraitement et enfin elle regarda son interlocuteur.
- « J’avais rendez-vous ici avec trois de mes amies et je ne les vois pas dans la salle, cependant je sais que je suis en retard ! » Prononça-t-elle en le dévisageant longuement cette fois-ci. Fabio adoucit bien vite ses craintes en lui indiquant l’escalier en colimaçon qui conduisait à l’étage.
- « Vous les trouverez dans l’alcôve du fond près de la fenêtre, elles voulaient être tranquilles pour travailler m’ont-elles dit ! »
Devant le regard interrogateur de la jeune femme, il lui expliqua que l’étage était pour les jeunes qui désiraient rester au calme pour étudier tout en profitant de l’atmosphère d’un bistrot. Ayla commanda un thé jasmin puis ayant récupéré son fatras de bouquins et son sac elle gravit les escaliers et se retrouva dans une magnifique salle à l’atmosphère chaleureuse et conviviale. L’endroit était divisé en plusieurs petits salons séparés par des tentures épaisses qui préservaient l’intimité des habitués. Les boudoirs étaient pratiquement vides, aussi Ayla repéra vite ses camarades au fond de la pièce comme le lui avait indiqué le serveur. La jeune femme fut conquise par le lieu et se promit d’y revenir régulièrement.
Depuis plusieurs semaines, tous les Mardi et les Jeudi, dès la fin de ses cours, Ayla apparaissait dans le bar de la rue P.Rostand. Elle montait directement à l’étage pour s’assoir sur la grande banquette rouge côté rue. De son observatoire elle suivait l’animation de l’artère puis lorsqu’elle voulait s’isoler, elle n’avait qu’à détourner la tête pour se retrouver au calme dans l’espace feutré de l’alcôve. A peine avait-elle le temps de sortir ses livres de cours que Fabio surgissait de l’escalier avec son plateau garni d’une tasse de thé gingembre jasmin et d’une barre de chocolat noir intense. Dans une petite coupelle, il rajoutait toujours deux petits macarons à la framboise, rien que pour le plaisir de voir le sourire d’Ayla qui adorait ces biscuits fins. Il avait même changé l’heure de sa pause pour être tranquille avec sa cliente préférée qui semblait de plus en plus apprécier sa présence. Depuis peu il déposait sa canette de Perrier citron glacé à côté de la tasse et une fois Ayla servit, il s’installait près d’elle avec sa boisson. Pendant quarante cinq minutes Fabio s’asseyait sur le rebord de la table ou sur la banquette près d’Ayla, bavardant à bâton rompus de tout et de rien juste pour la satisfaction que lui procurait ce moment de détente. Il apprenait à connaître Ayla qui se révéla instruite, intelligente et totalement envoûtante. Elle corrigeait les copies de ses élèves puis feuilletait distraitement les pages d’un ouvrage qui l’aiderait à préparer les cours de la semaine suivante. La jeune femme se sentait bien en ces lieus et la présence du serveur la ravissait. Fabio lui faisait oublier les soucis de la journée et ce qu’elle lisait dans ses yeux se révéla être les prémices d’une histoire attrayante. Le premier baiser qu’il déposa sur ses lèvres fut sensuel et euphorique. Ayla, les yeux brillants ne fit aucun commentaire, mais ses frissons de plaisir n’avaient pas échappé à Fabio. Pourtant les deux semaines suivantes, la banquette rouge resta inoccupée au premier étage. Fabio était consterné et abattu, il se traitait mentalement d‘imbécile, persuadé maintenant que c‘était son baiser qui avait fait fuir la jeune femme.
Elle semblait perdue dans l’entrée, comme la toute première fois ou elle lui était apparue. Fabio en oublia ses tourments au moment où il comprit que c‘était lui qu‘elle cherchait des yeux. Il n’était que quatorze heures trente et il lui sembla se rappeler qu’aujourd’hui on était Mercredi. Pour une fin Juin le soleil tapait dru à l’extérieur et les quelques gouttes de sueur qui avaient survécu à l’assaut de la clim du bar perlaient sur les tempes d’Ayla, juste à la naissance de ses cheveux blonds. Ne sachant pas s’il fallait s’approcher du comptoir ou monter directement dans son univers discret, elle patientait immobile.
- « Montez à l’étage Mademoiselle, installez vous et j’arrive ! » Lui enjoignit-il.
Fabio lui indiqua les escaliers de la main. Ayla le gratifia d’un magnifique sourire et ses beaux yeux verts s’éclairèrent tel un feu de saint elme, lumineux et fugitif. Lorsqu’elle gravit les marches, il apprécia la vision de ses longues jambes fuselées à peine couvertes par sa petite robe d’été. Arrivée au sommet des marches, elle fut surprise de trouver la pièce noyée dans la pénombre. Toutes les persiennes avaient été tirées et l’atmosphère environnante fleurait bon les odeurs de la rue ensoleillée qui entraient par les fenêtres grandes ouvertes. Ayla se dirigea vers la grande banquette toute au fond de la salle et elle se laissa choir sur les coussins. Elle ôta ses chaussures et allongea ses jambes devant elle, se calant le dos dans l’angle du somptueux divan rouge. Soupirant d’aise, ses mains posées le long de son corps, elle ferma les yeux et se laissa glisser dans un songe des plus doux.
Assis auprès d’elle dans l’herbe fraîche d’un pré ombragé un beau jeune homme recueille avec sa langue les gouttes de sueur qui ruissellent au creux de sa nuque. Les fesses posées sur sa robe qu’elle a ôté, la jeune femme n’a pour tout vêtement que son minuscule shorty bleu ciel et elle apprécie sur son épiderme le souffle de la brise qui agite le feuillage qui les protège des rayons ardents de l’astre doré. Ayla sourit car son tendre ami se fait câlin et coquin en appuyant la pointe de son appendice le long de son cou puis sur son épaule nue. Elle savoure la divine pression de ses doigts souples sur sa peau aussi douce qu’une peau de pêche. Pour être plus à l’aise, le bel anonyme se coule derrière elle et continue son délicat massage Ses doigts suivent la courbe de ses épaules, reviennent sur ses omoplates et contournent son dos pour aller se poser sur les globes veloutés de ses seins. Faisant rouler et saillir ses adorables tétons, il se met à embrasser sa nuque et grignoter l’un après l’autre le lobe de ses oreilles. Tournant sa tête de côté vers son amant improvisé, Ayla engage une chamaillerie des plus délicieuses en joignant ses lèvres aux siennes, elle enroule sa langue mutine à celle de son compagnon. Il sent la jolie nymphe frissonner à son contact alors n’y tenant plus il l’allonge contre lui et il se met à effleurer les seins d’Ayla de sa langue qui s’enhardit à chaque attouchement. La jeune femme ondule des hanches et se risque à frôler la bosse qui tend le tissu du pantalon de Fabio. Ayla a donné un prénom à son inconnu et lorsque les doigts de Fabio, s’infiltrent entre ses cuisses pour remonter vers la dentelle de son sous vêtement elle ne peut s’empêcher de le murmurer imperceptiblement. Alors que les doigts du jeune homme se font caressants et glissants dans la chaude humidité de sa petite culotte, Ayla glisse sa main dans le pantalon de Fabio et se saisit du sexe de celui-ci puis le fait coulisser tendrement dans sa paume en de longs va et viens. Fabio fait descendre sa langue le long du ventre d’Ayla, léchant sa peau jusqu’à atteindre l’emplacement divin de la petite fontaine aux senteurs d’amour. Insinuant la pointe de son appendice dans les replis secrets, il taquine son petit bouton et fouille sa grotte aux plaisirs. Ayla gémit de bonheur et se tortille en massant toujours l’énorme pieu qui croît encore entre ses doigts qui l’enserrent. Puis les gémissements d’Ayla se font supplications alors Fabio lui ôte son shorty tout en se débarrassant de son pantalon et il approche son sexe turgescent de l’écrin brûlant qui l’accueille dans de merveilleuses sensations. Il s’insinue en elle, se laisse engloutir toujours plus profondément dans le fourreau étroit et soyeux qui accepte son sexe près à exploser. Dans un dernier cri de volupté, la lave bouillonnante qui jaillit les emporte au septième ciel. Le bruissement des feuilles et le chant des oiseaux accompagnent les derniers baisers qu’ils échangent, serrés nus dans les bras l’un de l’autre.
Ayla perçut la voix de Fabio au creux de son oreille, elle sentit les légères secousses qu‘il lui infligeait, et soudain elle sursauta et se rassit d’un bond. Encore à moitié endormie elle découvrit le visage du jeune homme au dessus du sien.
- « Dites moi belle demoiselle la chaleur fatigue même les jolies filles à ce que je vois ! » s’exclama-t-il en se reculant légèrement.
- « C’est de votre faute, tout est obscurité et fraîcheur ici, l’endroit idéal pour une sieste ! » Répliqua-t-elle du tac au tac. Cependant elle était un peu gênée par le rêve assez réaliste qu’elle venait de faire, mais rien sur le visage du jeune homme ne révélait qu’il ait deviné son phantasme. Le serveur lui expliqua qu’une fois les examens passés la salle n’était pas trop fréquentée et qu’à part les habitués personne ne montait à l’étage en période de vacances. A son tour elle élucida le mystère de son absence en lui confiant qu’elle avait eut énormément de travail avec la correction desdits examens et qu’enfin elle goûtait aux joies du farniente. Elle avoua que cet endroit lui avait manqué et que comme elle était sur le point de partir pour son lieu de villégiature elle était venue une dernière fois avant son départ. Au ton de sa voix il sembla à Fabio qu’elle espérait un geste ou une parole de sa part. Il avait toujours été sûr de lui avec les femmes mais Ayla n’était pas comme les autres, elle ne lui avait laissé percevoir jusqu’à présent aucun des signes qui aurait pu indiquer qu’il l’intéressait. Pourtant malgré son incertitude il vint s’assoir près d’elle sur le large fauteuil, la jeune femme le dévorait du regard. Il recula le plateau sur lequel les verres de Perrier tintinnabulèrent, au milieu de la table, et approchant sa main du visage d‘Ayla, il déplaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille avec douceur puis il prit sa main gauche dans les siennes. Ayla ne le quittait toujours pas des yeux et elle ne broncha pas. Elle tressaillit légèrement lorsqu’il déposa un baiser sur ses lèvres entrouvertes, ne le repoussant pas mais ne le lui rendant pas non plus. Elle restait, comme une souris effrayée entre les griffes du chat qui l’a capturé, immobile, fragile et désorientée. Ayla avait pourtant l’envie inavouable de se laisser guider et posséder car d’instinct elle sentait que Fabio mènerait le jeu si elle lui accordait le droit de prouver son ardeur. Il plongea ses yeux dans ceux de la jeune femme et enfin leurs langues se trouvèrent hâtivement, voraces et affamées. Fabio enlaça sa partenaire avec fougue, la projeta énergiquement contre le dossier de la confortable banquette et referma d’un geste brusque la tenture qui les isola du reste du monde.
Il lui communiqua son envie d’elle comme s’il désirait que leurs chairs fusionnent, excité par l’odeur de sa peau, rampant presque sur elle. Il lui écarta les jambes de ses genoux qu’il vint placer entre les cuisses de la jeune femme qui ne fit pas grande difficulté à le laisser s’installer. Il lui ôta sa blouse fleurie et s’ouvrit alors devant ses yeux conquis un monde de féminité jamais approché jusqu’alors. Il posa ses mains sur les seins ronds et fermes d’Ayla, dont les pointes dressées attirèrent sa bouche aussi sûrement que le clou est attiré par l’aimant. Tandis qu’il caressait la courbe des hanches de sa jolie maîtresse, ses lèvres se promenaient d’un téton à l’autre, léchant et suçant les bouts exacerbés par le désir. Ses doigts se faufilèrent entre les cuisses satinées d’Ayla qui se sentit emportée par un tumultueux tourbillon, grisée celle-ci enlaça la nuque noueuse de son amant et se blottit dans ses bras. Elle voulut poser une question mais les lèvres gourmandes de Fabio l’en empêchèrent, il meurtrissait sa bouche avec passion. Ayla était dans un tel état de surexcitation qu’elle en perdit toute dignité et toute pudeur, elle se dégagea des bras de Fabio et tel un animal guidé par ses pulsions les plus primitives elle se dépouilla promptement du reste de ses vêtements puis se jeta sur Fabio pour l‘en extraire des siens. Allongés peau contre peau il retourna à ses caresses, ses doigts parcourant la fente intime d’Ayla libérée de ses dentelles avant de s’attarder sur sa fleur d’amour gonflée et dressée comme une fleur de lotus à mi-août. Sensible à ces attouchements, les jambes écartées au maximum et le corps agité de mouvements spasmodiques, Ayla n’était plus que gémissements béats. Elle se livrait à Fabio corps et âme, d’un abandon total et aveugle. Le jeune homme s’enivra un peu plus de ses baisers puis il descendit le long de son ventre et plongea littéralement sur le sexe d’Ayla, collant sa bouche à la commissure de sa féminité éclose. Il effleura le petit bourgeon par touches délicates et successives de la pointe de sa langue, puis il l’aspira et le suçota par pressions à la limite de la douleur. Ayla râla de surprise puis enfonça sauvagement ses ongles dans les épaules de son partenaire qui commençait lui aussi à gémir emporté par la frénésie qu’éveillait en lui ce splendide corps féminin. Il délaissa soudain son bonbon exquis, préférant glisser sa langue dans le sillon humide, s’acharnant impitoyablement aussi loin que possible. Ayla criait et cambrée à l’extrême elle trouva la force de se redresser pour voir et elle trouva qu’il n’y avait rien de plus beau que cet homme étendu entre ses jambes, fesses levées, la tête enfoncée dans la fourche de ses cuisses, en train d’explorer amoureusement son sexe. Avec une plainte d’abandon, elle se laissa retomber sur la banquette et tétanisée par les brûlantes crispations qui incendiaient son bas-ventre, sa croupe accentuait les profonds mouvements de houle qui l’agitaient. Elle perdit le contrôle, criant, suppliant, divaguant sous l’effet d’un tel foisonnement de sensations si délicieuses, si intenses, qu’elles en devenaient presque insoutenables.
Impitoyable, Fabio accéléra la pression de sa bouche et la vibration de sa langue. Il empoigna à pleines mains les fesses de la jeune femme, y enfonça ses doigts, plaquant davantage le bas-ventre de celle-ci contre sa bouche vorace. Traits tendus, lèvres entrouvertes sur une plainte sensuelle Ayla finit par se laisser aller. Ses doigts se crispèrent dans la chevelure de Fabio et elle l’accompagna par le balancement de ses hanches à chaque lapement sur le calice dont il se désaltérait. Transpercée par des flèches brûlantes elle atteignit l’explosion fulgurante d’un orgasme fabuleux. Elle l’obligea ensuite à se redresser et lui enfonça dans la bouche une langue frétillante, excitée de retrouver sur ses lèvres la saveur de sa propre liqueur intime. Tout en l’embrassant elle pressait ses doigts sur la virilité dressée de Fabio avec un art consommé, elle le torturait et le cajolait à la fois, elle le faisait vibrer et durcir à lui en faire mal. Puis elle l’effleura de ses lèvres, se redressa, et replongea tel un faucon sur sa proie, elle le cueillit dans sa bouche, l’avalant d’une aspiration goulue qui fit hoqueter Fabio de plaisir. Elle jouait de sa langue, de ses lèvres et de son palais, allant et venant à une cadence accélérée. Ayla se prenait au jeu et l’absorbait tout entier, le faisant grogner de plaisir et se tordre en de longs tremblements convulsifs qui le mena au bord de l’orgasme. Elle s’arrêta à temps bien décidée à faire durer le plaisir pour son plaisir. Allongé la tête sur le bras du fauteuil, il l’attrapa rudement par les hanches, se faisant ainsi enfourcher comme la fougueuse monture qu’il lui promettait d’être. Elle agrippa ses poignets puis commença à se frotter fébrilement contre son membre énorme et toujours douloureux. Fabio s’enfonça en elle d’un puissant coup de reins, la faisant hurler la tête penchée en arrière. Il lui saisit les fesses pour lui imposer son rythme, la percutant de fougueux déhanchements qui s’accélérèrent. Mais elle se souleva d’un coup de reins, retomba, s’empalant à fond, l’obligeant à modérer ses ardeurs pour lui donner sa cadence à elle, plus lente et appuyée. Vaincu, il se laissa guider. Elle oscilla sur lui, souple comme une liane, et chaque ondulation lui arrachait un long feulement animal. Très vite ses mouvements se firent plus impétueux, elle se cambra en marmonnant des encouragements dans un râle extasié. Soudés l’un à l’autre, ils s’étreignaient rageusement dans un rythme désordonné, emportés par la même frénésie sexuelle. Evitant de justesse de se cogner la tête au plateau de la table, ils roulèrent au sol, mêlant leur corps et leurs cris dans un plaisir sans cesse renouvelé. Fabio et Ayla sont projetés hors du temps, et emportés par la déferlante qui les saisit les deux amants restent échevelés, essoufflés et étourdis. Ayla le ventre rempli de cette cascade d’amour qui les a noyé est allongée sur Fabio, son visage juste sous le sien, leurs mains jointes tout comme leurs sexes. Beaucoup plus tard enivrés de bonheur teinté d’érotisme, de volupté et de sensualité les deux amants se rhabillèrent tant bien que mal et c’est presque gênée qu’Ayla embrassa Fabio pour lui dire au revoir. Elle descendit les marches en courant, presque en fuyant et lorsqu’elle s’engouffra dans le taxi, Fabio eut tout juste le temps d’apercevoir ses longues jambes puis la portière se referma sur celle dont il espère le retour depuis dix ans maintenant...Mylhenn...

dimanche 30 octobre 2011

SaViTRi & SaTYaVaN...

 

...C'était la première fois que quelqu'un parvenait à apaiser mes terreurs avec un conte pour enfants!

J'ai rencontré Ash au club. Persuadé qu'il ne serait que la compagnie d'un soir, je ne me suis pas montré sous mon meilleur jour je crois. Pourtant je me suis retrouvé dans son appartement pour... une bonne nuit de sommeil! Il n'a pas l'air d'être mauvais garçon. Apparemment je ne l'intéresse pas pour la bagatelle. Il a fallu que mes angoisses me reprennent au cours de la nuit. Je n'en reviens pas, ce garçon est magique. J'ai aucune idée de la langue dans laquelle il s'exprime, mais mon cerveau à stoppé net ses élucubrations. La voix douce et sensuelle d'Ashlimd (aucune idée non plus de l'origine de ce prénom, je vois juste que mon bienfaiteur est halé comme le pain d'épice et qu'il s'exprime avec un charmant accent britannique.) Pourtant sa belle voix douce et sensuelle m'a bercé de mots magiques, même si je ne les comprends pas. J'ai ma réponse, Ashlimd est Indien. Waaaah, c'est la première fois que je fais la connaissance d'un homme d'une telle prestance! J'explique: Les Indiens, sont habitants et citoyens de la République de l'Inde. Le terme Hindou, (utilisé à tort, pour parler des habitants de l'Inde) fait référence aux pratiquants de la religion Hindou, l'Hindouisme. Donc mon nouvel ami serait Indien et Hindou! Cela ne se fait pas de questionner...
Je vais tenter de vous faire partager ce conte qu'Ashlimd m'a déclamé en Hindi (J'ai mal à la tête, vous aussi non?) l'une des langues officielles de l'Inde avec l'anglais.
En fait c'est comme une lecture de poésies dans la langue natale de l'auteur, vous n'y comprenez rien, mais c'est tellement beau! Je ne sais pas comment ce garçon peut être aussi convaincant dans ses plaidoiries avec une voix pareille, (il m'a appris qu'il était avocat) mais pour ce qui est de me consoler, c'est... céleste!
Il se peut que ma narration "abime" un peu la trame de l'histoire, mais s'en est l'idée générale!

एक बार एक समय पर...
Il était une fois...
Fille d'un roi sage et puissant en Inde, Savitri était une très belle princesse hindoue. La réputation de sa grande beauté avait fait le tour du pays, voire même dépassé l'au-delà des frontières. Nombreux étaient les prétendants qui venaient tenter leur chance, mais la princesse refusait de se marier comme la tradition l'exigeait.
Celle-ci voulait voyager de par le pays afin de trouver elle-même son mari. Le roi consentit à ce mariage d'amour, et la fit accompagner de ses meilleurs guerriers, afin de la protéger le temps de sa quête. Pendant de longs mois, la Princesse Savitri voyagea dans toute l'Inde en quête d'un homme digne de son amour, lequel deviendrait son époux. Alors qu'elle traversait une épaisse forêt, Savitri croisa la route d'un beau jeune homme. Celui-ci était fils d'un roi désargenté sans royaume. Devenu vieux et aveugle, l'ex souverain, son père, vivait dans une petite hutte avec sa femme. Le jeune et beau prince était le réconfort de ses parents. Leur soutien aussi. Afin de les nourrir, il coupait du bois qu'il allait vendre dans la campagne environnante. Malgré leur pauvreté, le bonheur et l'amour régnaient dans la petite hutte...
Savitri comprit que sa recherche allait toucher à sa fin lorsqu'elle se sentit attirée par la quiétude de ce foyer. Elle venait de tomber amoureuse du jeune Prince déchu. Satyavan était connu dans tout le pays pour sa générosité légendaire. Les deux jeunes gens désiraient plus que tout unir leur destinée, car Satyavan, aimait déjà la jolie Princesse. Le Roi, père de Savitri, était abattu car sa fille avait choisi un Prince sans le sou, mais il n'eut pas d'autre choix que d'accepter face à la détermination de sa fille à épouser Satyavan.
Or, l'on informa le roi que le jeune Prince était sous le coup d'une terrible malédiction. Satyavan devait mourir dans l'année qui allait suivre son mariage.
Savitri en fut informée, mais l'amour étant le plus fort, le mariage fut célébré en grande pompe. Le cœur lourd, le roi assista aux festivités qui se prolongèrent durant des jours. Puis le couple s'en alla vivre dans la petite hutte en forêt. Une année entière se passa, ils vécurent heureux et toujours très amoureux.
Le dernier jour de cette année sans nuages, Savitri qui s'était levée tôt, demanda à accompagner son époux dans la forêt. La hache sur l'épaule, Satyavan tenait Savitri par la main et les deux amoureux se dirigèrent vers l'épaisse frondaison.
Lorsqu'ils parvinrent au cœur de la coupe, Satyavan installa un tapis de feuilles tendres sous un grand arbre, afin que sa belle y soit assise confortablement. Il lui cueillit des fleurs avec lesquelles elle confectionna une couronne pour ses cheveux et une guirlande pour parer son aimé. Ensuite, Satyavan se mit au travail.
La matinée touchait à sa fin lorsque Satyavan se sentit très fatigué. Il vint poser sa tête sur les genoux de Savitri pour se reposer.
Soudain, la forêt s'obscurcit et une immense silhouette apparut devant Savitri. C’était Yama, le Dieu de la mort.
- Je suis venu pour chercher ton mari! dit-il en baissant les yeux vers Satyavan. Aussitôt, l’âme du jeune homme quitta son corps.
Yama allait partir lorsque Savitri le retint en le suppliant de l'emmener elle aussi sur la terre des morts. Dans cette impossibilité il devait lui rendre la vie de Satyavan.
- Mon enfant, ton tour n’est pas encore venu. Rentre chez toi! Répondit Yama.
Alors Savitri supplia, implora, pria, tant et si bien que le Dieu de la mort était prêt à lui accorder n’importe quelle faveur à l’exception de celle qui consisterait à rendre la vie à Satyavan.
- Dieu Yama faites que j'ai de beaux fils! Demanda-t-elle fièvreusement.
-Accordé! Répondit distraitement Yama pressé de s'éloigner.
- Mais, comment pourrais-je avoir des fils sans Satyavan mon mari? Répliqua Savitri.
- J’ai besoin de lui pour cela. Alors je vous en prie, rendez lui sa vie! Instita-t-elle.
Yama, piégé, ne pouvait revenir sur sa parole. Un dieu se doit d'honorer la faveur qu’il accorde. Émergeant lentement de la stupeur où il était plongé, Satyavan revint lentement à la vie, tandis que disparaissait Yama. Savitri et Satyavan repartirent vers leur hutte. Amoureux et heureux, ils y vécurent jusqu’à la fin de leurs jours, entourés de leurs enfants.

Peut-être avez-vous trouvé cela mièvre, mais moi, niché tendrement entre les bras de ce presque inconnu, ce conte susurré à mon oreille, m'a rendu mon âme d'enfant et apaisé pour le reste de la nuit...

 

dimanche 29 novembre 2009

À uNe HeuRe PRèS ( I )...

...Son regard se porte sur la lumière qui irrite ses yeux larmoyants. Serait-ce la lune qui la couvre d'œillades?

Elle n'a pas la force de se lever. Ses membres sont engourdis et il lui semble qu'un picvert prend un malin plaisir à marteler ses tympans. Le banc sur lequel elle est allongée n'a rien de confortable, mais elle s'en moque, elle est trop mal en point pour s'en extraire. Avec difficulté, elle parvient à distinguer le lampadaire au lustre rond, et un pauvre sourire éclaire son visage. Elle est vraiment mal en point pour n'avoir pas fait la différence entre l'astre de nuit et un réverbère. Malgré elle, ses yeux se ferment, elle se sent engloutir dans un océan de vagues cotonneuses. Elle est gelée, mais son corps ne réagit plus aux frimas de fin novembre. Elle ne sait même plus qui elle est. Une plainte s'échappe de ses lèvres...
Comme de nombreux passants avant elle, la ménagère qui se rend au marché couvert du dimanche, jette un bref coup d'œil à la pitoyable créature étendue sur le banc public. Juste le temps de remarquer l'état lamentable dans lequel cette malheureuse jeune femme se trouve. De même que les autres, elle va poursuivre son chemin lorsqu'elle l'entend soudain gémir. Souffrance ou détresse? Dans le doute, Patricia s'approche.
- Mademoiselle? Puis-je vous aider? Les vêtements de la jeune personne sont d'une saleté repoussante. Ils recouvrent un corps décharné, à la limite squelettique!
- Tout va bien? Une nouvelle fois, elle tente d'attirer l'attention de celle qui lui fait penser à un ange déchu. Peut-être ses cheveux blonds? Blonds, mais vraiment crasseux! Elle n'obtient pas de réponse et la blancheur cadavérique de la jeune femme commence à l'inquiéter sérieusement.
- S'il vous plaît, répondez-moi? D'une main qu'elle fait le plus douce possible, elle secoue un corps inerte, ce qui ne présage rien de bon. Alors elle pose ses doigts sur la joue de Mylhenn. Aussitôt, elle comprend que ce-ci est en plus grande détresse qu'elle ne le pensait. Sa peau est glacée, ses lèvres deviennent bleues et sa respiration est à peine audible. Cette gosse est à peine plus âgée que ses filles, son cœur de mère lui ordonne de faire quelque chose, immédiatement!
Pat compose fébrilement le numéro du samu. Ils mettent un temps infini à répondre, aussi est-elle un rien exaspérée lorsqu'ils décrochent enfin. Elle est incohérente, mais se ressaisit rapidement. Le régulateur se fait tirer l'oreille, il ne refuse pas de prendre la jeune femme en charge, mais ce serait plus facile si on lui donnait au moins un nom et une adresse! Qu'est-ce qu'il ne comprend pas dans les lettres SDF? Pat est sur le point de répliquer vertement lorsqu'enfin, il donne son aval. Quinze minutes plus tard, l'ambulance arrive. Patricia est restée pour être certaine que tout le possible sera fait pour ranimer cette pauvre fille. Malgré tous ses efforts, le médecin urgentiste ne parvient pas à stimuler le réveil de Mylhenn. Il utilise du SP tempéré pour la réchauffer, mais cela ne suffit pas. Tout de go, il annonce à Patricia que sans son appel, la jeune femme serait morte rapidement, et même là, il ne garantit rien. Elle souffre d'un dysfonctionnement cérébral sévère dû à un coma éthylique profond. Sans doute, avait-elle consommé quelques opiacés en supplément, ce qui aggrave encore le traumatisme. Quelques flocons virevoltent au-dessus du véhicule qui conduit Mylhenn au centre hospitalier le plus proche...
Elle ouvre les yeux lentement. Près d'elle, une personne toute de blanc vêtue, vérifie les données d'un appareil qui clignote et bip de concert. L'infirmière note les informations recueillies dans un dossier posé sur la console. Soudain, elle remarque les yeux grands ouverts de Mylhenn.
- Tout va bien mademoiselle, je vais prévenir le médecin de votre réveil! Par réflexe, elle arrange correctement le drap qui recouvre Mylhenn et se précipite dans le couloir. Mylhenn aperçoit le cathéter qui orne son bras, elle revient brutalement à la réalité. Elle se trouve dans une chambre d'hôpital, mais il lui est impossible de se souvenir comment elle est arrivée ici?

Son regard se voile soudain lorsqu'elle comprend qu'elle a oublié jusqu'à son nom! (écrit le 26/04/2018 à 14:05)

 

UN îLoT D'aMouR ( II )...

   ...Avez-vous de la famille chez laquelle vous pourriez vous installer à votre sortie?

Mylhenn est bien incapable de répondre. Tout s'emmêle dans sa tête. Des visages, des cris, des pleurs, des rires, de la douleur, et un prénom qui lui semble être le sien, jusqu'à ce qu'elle en soit sûre. MylhennMylhenn et Christian se souvint-elle. Mylhenn sans Christian, pourquoi? Pourquoi ces cicatrices sur son corps? Qu'ont-ils tous à la dévisager ainsi chaque fois qu'ils passent la porte de sa chambre? Sa voix? L'état misérable dans lequel elle est arrivée? Une énorme migraine, et soudain tout lui revient! Elle a vraiment abusé cette fois-ci. De la curiosité dans leur regard? De la compassion? Elle est juste une patiente "Jane Doe" qui soudain retrouve une identité. Ils désirent prévenir sa famille, mais elle menace de s'enfuir. Elle refuse tout rapprochement. De colère, elle arrache sa perfusion et hurle après le psy qu'ils lui ont assigné. Un nouveau cauchemar et elle passe la nuit à trembler. Elle doit prévenir son amie qu'elle va bien à présent. Elle aimerait ses herbes folles. Elle devient folle! Assommée par les médicaments, elle somnole...
Un parfum délicieux embaume soudain la petite chambre. Comme aucune des infirmières ne se parfume en service, Mylhenn entrouvre les yeux lentement. Elle découvre alors le regard bienveillant de sa visiteuse sur elle. Celle-ci se tient au pied du lit. 
- Je ne voulais pas vous réveiller! Mylhenn cherche désespérément à se rappeler d'où elle connaît cette personne. Elle la dévisage attentivement, mais rien ne lui vient. 
- Le médecin m'a permis de vous rendre visite mademoiselle! Je me nomme Patricia! La voix est agréable, mais elle ne lui rappelle rien. 
- Vous sentez-vous mieux? Le mutisme de la jeune femme ne gêne pas sa visiteuse qui s'approche d'elle. Un sourire engageant orne ses lèvres et son attitude est paisible. Elle caresse doucement son bras, non sans lui avoir auparavant montré que sa main est inoffensive. Mylhenn admire l'intuition que possède cette femme.
La rue, le banc? L'ambulance? Oui c'est ça! Mylhenn reconnaît celle qu'elle a brièvement aperçu avant de sombrer dans l'inconscience. 
- Bonjour madame! Patricia sourit, le contact est établi. 
- Pas madame voyons, Patricia suffira! Mylhenn acquiesce d'un signe de tête et soudain cette chambre d'hôpital devient un îlot d'amour pour la jeune femme. 
Le cliquetis du tensiomètre qui rythme ses longues heures d'ennui s'atténue et le va-et-vient des chariots dans le couloir disparaît. Même le téléphone du poste de garde, proche de sa chambre, semble s'être tu. L'odeur de désinfectant a laissé place à un bouquet de chèvrefeuille qu'elle aspire à plein nez. Elle se rend compte qu'il serait temps qu'elle accepte de prendre la douche qu'on lui propose matin et soir. Tout à coup, sans comprendre pourquoi, elle a honte. Les draps ne sont pas d'un confort exceptionnel, mais ils lui servent de cocon dans lequel elle se laisse vivre. Elle se sent repoussante dans cette chemise blanche qui couvre son côté face et laisse admirer son côté pile chaque fois qu'on la fait marcher un peu. Ce n'est pas pire que les loques dans lesquelles on l'a retrouvé. Cela faisait presque une semaine qu'elle se livrait au jeu dangereux de qui resterait stone le plus longtemps. Six longs jours pendant lesquels elle néglige repas et toilette. Elle ne sait toujours pas comment elle a pu se retrouver à trente kilomètres de son squatt? Un flash, une angoisse soudaine, des hallucinations et il n'en faut pas plus pour qu'elle se jette dans le premier autobus venu! Des coups de frayeur elle en a connu et elle sait qu'elle en connaîtra encore et encore.
Elle sombre de plus en plus. Son quotidien ressemble à une fuite éperdue où drogue et frayeur l'accompagnent. Elle espère ainsi échapper au monstre qui un jour la retrouvera! Pourtant, quelqu'un veille sur elle, elle en a la certitude à présent grâce à cette belle personne qui lui tient la main. Pour la première fois depuis des lustres, quelqu'un prend soin d'elle sans en attendre de retour. Sans la menacer des pires représailles, sans exiger de contrepartie ou guetter le moindre faux pas. En l'occurrence la faiblesse d'accepter la douceur du moment. Ses larmes coulent malgré elle en ouvrant la bouche à chaque cuillerées que Pat l'encourage à prendre pour se nourrir, pour dépasser ses peurs. Cette Patricia apparue comme un miracle dans sa vie, Pat qui, en quelques minutes a compris que c'était une peur irrépressible qui guidait les pas de Mylhenn depuis très longtemps. Bien plus qu'une compote de pêches, la jeune femme accepte enfin de laisser une place à la vie dans son pauvre corps. Elle accepte la douceur de cette mère, sa mère réincarnée. 
Pendant deux heures, ce qu'elle n'est jamais parvenue à faire dans le bureau d'un psy, elle se livre à cette inconnue. Patricia pleure avec elle et décide que cette petite sera "sa" petite. Demain. Demain encore et toujours. Mylhenn remet à chaque fois au lendemain ce qu'elle doit faire, car cela prouve qu'elle sera encore là lorsque l'aube va se lever. Demain donc, elle appellera Maë Lynette et Sonia pour rassurer celles-ci. Demain un petit espoir se glisse entre les larmes de son avenir incertain.

En attendant, elle se réchauffe au soleil de cette heureuse rencontre...(écrit le S.28/04/2018 à 17:30) 

Se MeTTre au VeRT( III )...

   ...Tu verras, ils sont impatients de faire ta connaissance! Pappey est ronchon, mais ce n'est pas un mauvais bougre! 

C'est avec ces mots que Pat l'encourage. Mylhenn ne possède que son portefeuille, heureuse qu'on ne le lui ait pas dérobé lorsque la notion du temps l'a quitté. Pendant sa perte de connaissance, Pat, sa Pat veillait déjà au grain. Comment celle-ci a-t-elle réussi à la convaincre de venir s'installer quelques jours à la ferme? Elle qui déteste la bouse de vache sur les chemins de campagne, elle qui tord le nez chaque fois qu'elle sent une odeur de fumier, elle qui trouve triste la décomposition des feuilles en automne et encore elle qui s'ennuie à mourir chaque fois qu'elle s'éloigne de sa terre natale! Elle a si mal du manque de ses garrigues qu'elle en a perdu l'accent qui va avec. Et surtout comment Pat a-t-elle convaincu les médecins de la lui confier? Une ordonnance, l'adresse d'un centre de soins, des encouragements de convenance et la voilà sur le trottoir. 
Pat est là, elle lui ouvre la portière de la petite clio qui semble avoir déjà parcouru trois fois le tour de la terre. Mylhenn, habillée de neuf, des pieds à la tête aux bons soins de Pat, regarde défiler le paysage. Pat conduit avec dextérité! En un rien de temps, la ville a laissé place aux champs. 
La jeune femme serre très fort les sangles d'un fourre-tout que lui a confié Patricia en montant dans la voiture. 
- Ce n'est pas grand chose, tu verras ma grande! Quelques affaires de toilette, un pyjama, un pull, un T-shirt et un pantalon. Dans le sac blanc ce sont tes... vieux vêtements! Elle hésite, ne voulant pas vexer Mylhenn en qualifiant ses oripeaux de guenilles bonnes à jeter. Celle-ci acquiesce d'un léger mouvement de tête. 
- Pour le reste, tu iras faire des emplettes avec les filles! Si tu as besoin d'argent...! Mylhenn remercia la conductrice d'un sourire. Oui, elle irait faire des courses, les vêtements qu'a choisi sa bienfaitrice sont confortables et chauds pour la saison. D'un bon cuir, les bottines fourrées lui plaisent réellement. Mais question sous vêtement c'est du n'importe quoi! À défaut d'affection, l'argent est la seule chose qu'on lui donne sans avoir à quémander et elle se refuse à vivre aux crochets de sa chère Pat. Cependant il lui manque deux objets indispensables. Elle ne les retrouvera qu'en se rendant au squat. Elle ne doit pas y retourner, pas maintenant. Pouf et sa couverture en polaire soulagent ses peines et absorbent les larmes brûlantes de son désespoir. Les gamins des pueblos se moquaient d'elle en la voyant parfois câliner un doudou d'enfant. Et aujourd'hui, si ses pas la portent au squat, jamais elle n'ira chez Pat. Les champs rendus pitoyables par les frimas de l'hiver se succèdent aux forêts squelettiques et sinistres. Les fermes éparpillées çà et là tendent à prouver que ce paysage décourageant est fréquenté autre que par des corbeaux. Encore des champs à l'aspect miséreux puis enfin un village réconfortant. 
- J'en ai pour cinq minutes! Pat s'arrête devant la boulangerie.
- J'ai oublié le pain pour ce soir! Pat a vanté sa soupe de légumes pendant une partie du trajet, et pour qu'elle soit réussie elle doit être accompagnée de croûtons à l'ail. Ça promet!
- Il te faut des vitamines pour redonner des couleurs à tes joues ma petite Mylhenn! Encore un kilomètre entre une rivière et de gigantesques tas de bois et elles sont au portail.
- Voilà, nous y sommes ma grande! Une belle et imposante bâtisse s'offre à ses yeux. Pas de vaches, ni de poules! Juste une biquette blanche et noire qui s'est échappée de son enclos. Ses phalanges sont blanches tellement elle sert fort les sangles du sac. Elle hésite puis ouvre la portière. Les battements de son cœur sont assourdissants à ses oreilles, heureusement elle est la seule à pouvoir les entendre. Pat ne la ramène pas chez elle comme un trophée qu'elle aurait reçu pour bonne conduite, mais en tant qu'invitée de marque. Et c'est en cette qualité qu'elle lui a préparé une chambre. C'est aussi en cette qualité que Jérémy, Géraldine et Juliane viennent l'accueillir affectueusement comme s'ils la connaissaient de toujours. Le son de sa voix les déconcerte à peine une minute.  
Le Pappey est là lui aussi, gauche dans son hospitalité, mais débonnaire et tout aussi généreux que Pat. Une cheminée monumentale occupe la moitié d'un mur du salon, dans le foyer des bûches crépitent, dévorées par les flammes. Pourtant, la chaleur que ressent Mylhenn à cet instant ne vient pas du brasier et son cœur n'est pas loin de voler en éclats. Cette famille aimante qu'elle désire plus que tout, elle vient de la découvrir chez des inconnus. La richesse n'est pas le point fort de ces gens accueillants, mais ce qu'ils lui offrent est mille fois plus précieux que tous les diamants de la terre. Elle essuie ses larmes en cachette tout en essayant de faire bonne figure. Mérite-t-elle leur affection? 
Pat n'avait pas tort, sa soupe est une tuerie comme ils disent dans la région, elle est digne de paraître au menu des meilleurs bouchons Lyonnais! Mylhenn se sent vraiment chez elle dans ce qui est désormais sa chambre. Une fois seule, elle s'y abandonne aux sanglots purificateurs. Pat lui a fait une promesse et elle sait qu'elle la tiendra. 
Les cauchemars sont tapis pour l'instant. Elle ne peut leur permettre de sortir car elle n'a pas d'herbes pour les combattre. Et si elle retournait au squatt? (écrit le D.29/04/2018 à 16:17)