Le Jardin Des Mots...

jeudi 29 novembre 2018

BieNVeNu(e)S...

 

Si vous êtes ici c'est que vous avez suivi mon lien, est-ce une bonne idée? Á vous de me le dire. Depuis plusieurs années déjà, je m'exerce à l'écriture afin de me distraire et de me conserver un quota raisonnable de neurones pour mes vieux, mes très vieux jours! Je vous offre ici quelques chapitres de ma publication future.
Á vos lunettes et soyez indulgents et constructifs s'il vous plaît avec la débutante que je suis...

 

 

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mardi 27 novembre 2018

CHouQueTTe eT BéBé

 

                  ...Plat verso:  ...Mylhenn est en deuxième année de FAC lorsqu'elle fait la connaissance de Christian. C’est le coup de foudre, ils se marient quelques semaines après leur rencontre. Le côté pervers narcissique de son mari se révèle rapidement. Selon les contrariétés ou les délires de cet homme dont la violence monte en puissance au fil des mois, la vie de Mylhenn devient un enfer façonné de coups, de lubies et de harcèlement moral. Une dernière et cruelle agression la laisse pour morte. Au terme d'un douloureux séjour en centre de rééducation, totalement perdue et désarmée, Mylhenn s'expatrie en Amérique du Sud. Son parcours initiatique est jalonné d'errances et d'extravagances risquées. Arrachée à sa Provence natale, à son retour, pour des raisons de sécurité, elle se met à l'abri et adoucit son mal-être parmi les gens de la rue. Un hasard bienveillant lui fait croiser la route de son âme sœur, de sa jumelle de cœur. De drames en heureuses rencontres, Mylhenn reprend courage. Lors d'une relation virtuelle regrettable, celle-ci se découvre une réelle passion pour l'écriture. Un diagnostic inquiétant assombrit soudain son avenir, pourtant elle se lance courageusement dans un cycle cours d'études littéraires. Puisant la force nécessaire à sa reconstruction dans un passé tourmenté, elle reprend goût à la vie sous l’œil bienveillant de son ami Sam qui, tel un grand frère, veille sur elle avec patience et philosophie. Commencées sous forme d'un journal intime virtuel dans lequel la jeune femme se libère de ses maux en se confiant régulièrement aux anonymes qui suivent sa page, ses compositions deviennent indispensables à sa reconstruction. Aidé d'un langage écrit qui lui est bien particulier, elle partage avec ses lecteurs un quotidien fait de doutes, d'espoir, de réminiscences chagrines et de situations cocasses. Peu à peu, sa nouvelle unité psychologique se façonne. Bébé, son complice des bons et des mauvais jours la conduira-t-il vers cette sérénité à laquelle elle aspire tant? Le parcours atypique de cette jeune femme pourra-t-il confirmer qu'inévitablement la vie reprend ses droits, quelles que soient les blessures qu'elle nous inflige?

 

 

 

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UN DéBuT...

 

  

   …Mylhenn aimait tellement sa nouvelle vie. Elle n’avait plus besoin d’attendre pour se doucher et même si Christian passait en premier, elle avait encore de l’eau chaude. Les briques de lait n’étaient pas remises vides dans le frigo et elle pouvait regarder le programme tv qu’elle désirait après ses révisions. Quoi que, Christian ne lui laissait pas souvent loisir de paresser devant le téléviseur lorsqu’il était présent. La chambre était son emplacement préféré pour batifoler. Et il l’entraînait chaque jour dans la chambre. Peu lui importait l’heure, il désirait combler Mylhenn de ses caresses lui prouvant ainsi à quel point il l’aimait. Il était charmant et tellement agréable à vivre. Elle ne l’avait pas encore vu serrer les poings lorsqu’elle oubliait l’heure pour rentrer de la BU ou qu’elle s’attardait le soir , plongée dans ses livres, à son bureau. Il venait souvent la chercher à la sortie de ses cours. Parfois il lui arrivait de râler, car il n’y en avait que pour ses livres et pendant qu’elle étudiait elle n’était pas disponible pour lui. Ce n’était pas grave, tout irait mieux lorsqu’elle aurait validé son trimestre. Peut-être même qu’elle finirait par se lasser de ses bouquins! Il râlait aussi lorsqu’elle sortait avec ses amies, qu’avait-elle besoin de les voir en dehors des cours? Il se sentait si seul quand elle n’était pas à l’appartement. Peut-être qu’elle abandonnerait ces virées s’il le lui demandait? Mylhenn se trouvait sur un petit nuage, et elle ne s’apercevait pas que peu à peu Christian grignotait de son temps.

Un soir, il rentra tout réjoui car il venait d’obtenir les documents pour leur mariage. Mylhenn lui expliqua que c’était trop tôt, mais il ne voulut rien savoir! Alors elle accepta de devenir son épouse. Ils firent une belle fête avec leurs amis respectifs, mais aucun des parents n’étaient présents. Christian n’avait pas invité les siens, quant à Mylhenn, les relations qu’elle entretenait avec sa famille étaient très compliquées, elle prévint juste Maë Lynette, sa grand-mère, de son union avec un gentil garçon de sept ans son aîné!  Elle n’osa pas la convier à la fête. Parfois Christian rentrait très tard de ses missions. Se sentant seule l’une de ces soirées, elle invita Audrey à  dîner. Christian ne fit pas d’esclandre devant la jeune femme, mais lorsque celle-ci eut pris congé, il attrapa méchamment Mylhenn par le bras et il lui défendit à l’avenir de recevoir en son absence. Elle laissa échapper une courte plainte et il regretta aussitôt son geste.

- Je te demande pardon ma puce, je ne sens pas ma force! Je suis désolé ma pauvre chérie! Mylhenn en avait les larmes aux yeux, mais elle ne donna pas suite.

- Tu sais ma puce, j’aime être avec toi, je regrette ce qui vient de se passer, mais je te veux pour moi seul! Le ton de sa voix ne permettait aucun doute. Le lendemain lorsqu’elle rentra de la FAC, elle découvrit sur son bureau l’atelier de calligraphie qu’elle désirait depuis un petit moment. Elle oublia donc la vilaine ecchymose qu’avaient dessinés les doigts de Christian sur son bras. Il lui arrivait parfois, le samedi, de rendre visite à sa grand-mère et à l’une de ses tantes. Elle prenait l’autocar, un livre sur les genoux pour se donner une contenance pendant les une heure trente que durait le trajet, et profitait du paysage la plupart du temps. Elle passait une partie de la journée en famille puis elle rentrait en début de soirée. Un samedi où elle revint plus tardivement que d'habitude, Christian furieux lui fit comprendre que s’en était fini de ses excursions en solitaire.

- C’est bien beau tes balades ma petite chérie, mais pendant ce temps qui fait le repas? Je travaille figure-toi, alors au fourneau et grouille, je commence à vingt et une heure! Il s’était servi une bière et attendait sa pizza-salade en l’observant le regard noir. Ce soir-là, Mylhenn s’abstint de dîner. D’ailleurs il lui arrivait de plus en plus souvent de sauter des repas. Quelque chose clochait chez son mari, tantôt il était doux et aimant, tantôt il devenait violent et cruel. Ce coup de poing sur son épaule parce qu’il l’avait soupçonné de flirter avec le facteur avait fait un hématome qu’elle avait gardé plusieurs jours. Il s’était confondu en excuses, prétextant avoir passé une mauvaise journée. Christian jura à Mylhenn que jamais il ne recommencerait! Une semaine plus tard, alors qu’ils étaient à table, elle lui fit part d’un souhait.

- Je ne te donne pas assez d’argent? Il la vilipenda pendant plusieurs minutes, ses yeux lançaient des éclairs. Tout cela, parce qu’elle venait de lui dire vouloir faire un stage en entreprise pour valider son cursus. Elle lui expliqua qu’elle ne serait pas rémunérée, mais que cela ferait un petit plus dans un éventuel CV.

- Quel besoin as-tu de vouloir toujours sortir? Tu n’es pas bien ici avec moi? Le verre claqua sur la table et explosa en plusieurs morceaux. Mylhenn éclata en sanglots et les éclats de verre s’étaient répandus sur la table. 

- Si je comprends bien, tu envisages de bosser plus tard? Je sers à quoi moi? C’est hors de question ma puce! Et arrête de chialer, tu sais que ça m’agace! Il se leva si brusquement que Mylhenn en fut effrayée, elle recula malgré elle lorsqu’il s’approcha. Pourtant il essuya ses larmes avec douceur et l’attira à lui. Il l’enlaça tendrement puis il la souleva dans ses bras.

- Je vais te montrer ma petite merveille ce que tu perdrais à vouloir souvent t’éloigner de notre foyer! Mylhenn eut beau protester, elle se retrouva nue sur le lit en un rien de temps. Elle se débattit pour le principe car il sut la faire rire, la câliner et il lui fit l’amour de façon remarquable.  Elle n’oublia pas pour autant l’incident, mais elle savait qu’avec tout l’amour qu’elle lui portait, elle parviendrait à le guérir de ses brutales sautes d’humeur…

Mylhenn ne prit pas garde à ses yeux noirs lorsqu’il lui demanda de baisser le couvercle de la poubelle. Christian l’avait complimenté sur son repas et à présent elle finissait de ranger tranquillement la vaisselle au-dessus de l’évier puis elle alla étendre le torchon qui lui avait servi à l’essuyer sur le fil du rebord de la fenêtre. 

- Les mouches vont être attirées par les déchets! Ferme cette putain de poubelle bondieu! Mylhenn sursauta, jamais Christian n’avait été aussi grossier. Alors qu’elle allait lui répondre vertement, il se leva et la gifla violemment sur les deux joues. Ses oreilles furent emplies d’acouphènes et la douleur la cloua sur place!

- Mince je suis désolé, excuse-moi ma puce! Mylhenn le vit sortir en trombe de l’appartement. Elle pensa qu’il était trop honteux pour supporter son regard. Il revint avec un magnifique bouquet de roses rouges qu’il lui offrit en lui promettant que jamais plus il ne porterait la main sur elle. Une fois encore, Mylhenn le crut… 

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À uNe HeuRe PRèS ( I )...

...Son regard se porte sur la lumière qui irrite ses yeux larmoyants. Serait-ce la lune qui la couvre d'œillades?

Elle n'a pas la force de se lever. Ses membres sont engourdis et il lui semble qu'un picvert prend un malin plaisir à marteler ses tympans. Le banc sur lequel elle est allongée n'a rien de confortable, mais elle s'en moque, elle est trop mal en point pour s'en extraire. Avec difficulté, elle parvient à distinguer le lampadaire au lustre rond, et un pauvre sourire éclaire son visage. Elle est vraiment mal en point pour n'avoir pas fait la différence entre l'astre de nuit et un réverbère. Malgré elle, ses yeux se ferment, elle se sent engloutir dans un océan de vagues cotonneuses. Elle est gelée, mais son corps ne réagit plus aux frimas de fin novembre. Elle ne sait même plus qui elle est. Une plainte s'échappe de ses lèvres...
Comme de nombreux passants avant elle, la ménagère qui se rend au marché couvert du dimanche, jette un bref coup d'œil à la pitoyable créature étendue sur le banc public. Juste le temps de remarquer l'état lamentable dans lequel cette malheureuse jeune femme se trouve. De même que les autres, elle va poursuivre son chemin lorsqu'elle l'entend soudain gémir. Souffrance ou détresse? Dans le doute, Patricia s'approche.
- Mademoiselle? Puis-je vous aider? Les vêtements de la jeune personne sont d'une saleté repoussante. Ils recouvrent un corps décharné, à la limite squelettique!
- Tout va bien? Une nouvelle fois, elle tente d'attirer l'attention de celle qui lui fait penser à un ange déchu. Peut-être ses cheveux blonds? Blonds, mais vraiment crasseux! Elle n'obtient pas de réponse et la blancheur cadavérique de la jeune femme commence à l'inquiéter sérieusement.
- S'il vous plaît, répondez-moi? D'une main qu'elle fait le plus douce possible, elle secoue un corps inerte, ce qui ne présage rien de bon. Alors elle pose ses doigts sur la joue de Mylhenn. Aussitôt, elle comprend que ce-ci est en plus grande détresse qu'elle ne le pensait. Sa peau est glacée, ses lèvres deviennent bleues et sa respiration est à peine audible. Cette gosse est à peine plus âgée que ses filles, son cœur de mère lui ordonne de faire quelque chose, immédiatement!
Pat compose fébrilement le numéro du samu. Ils mettent un temps infini à répondre, aussi est-elle un rien exaspérée lorsqu'ils décrochent enfin. Elle est incohérente, mais se ressaisit rapidement. Le régulateur se fait tirer l'oreille, il ne refuse pas de prendre la jeune femme en charge, mais ce serait plus facile si on lui donnait au moins un nom et une adresse! Qu'est-ce qu'il ne comprend pas dans les lettres SDF? Pat est sur le point de répliquer vertement lorsqu'enfin, il donne son aval. Quinze minutes plus tard, l'ambulance arrive. Patricia est restée pour être certaine que tout le possible sera fait pour ranimer cette pauvre fille. Malgré tous ses efforts, le médecin urgentiste ne parvient pas à stimuler le réveil de Mylhenn. Il utilise du SP tempéré pour la réchauffer, mais cela ne suffit pas. Tout de go, il annonce à Patricia que sans son appel, la jeune femme serait morte rapidement, et même là, il ne garantit rien. Elle souffre d'un dysfonctionnement cérébral sévère dû à un coma éthylique profond. Sans doute, avait-elle consommé quelques opiacés en supplément, ce qui aggrave encore le traumatisme. Quelques flocons virevoltent au-dessus du véhicule qui conduit Mylhenn au centre hospitalier le plus proche...
Elle ouvre les yeux lentement. Près d'elle, une personne toute de blanc vêtue, vérifie les données d'un appareil qui clignote et bip de concert. L'infirmière note les informations recueillies dans un dossier posé sur la console. Soudain, elle remarque les yeux grands ouverts de Mylhenn.
- Tout va bien mademoiselle, je vais prévenir le médecin de votre réveil! Par réflexe, elle arrange correctement le drap qui recouvre Mylhenn et se précipite dans le couloir. Mylhenn aperçoit le cathéter qui orne son bras, elle revient brutalement à la réalité. Elle se trouve dans une chambre d'hôpital, mais il lui est impossible de se souvenir comment elle est arrivée ici?

Son regard se voile soudain lorsqu'elle comprend qu'elle a oublié jusqu'à son nom!

 

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Se MeTTRe au VeRT...

 

...Tu verras, ils sont impatients de faire ta connaissance! Pappey est ronchon, mais ce n'est pas un mauvais bougre!

C'est avec ces mots que Pat l'encourage. Mylhenn ne possède que son portefeuille, heureuse qu'on ne le lui ait pas dérobé lorsque la notion du temps l'a quitté. Pendant sa perte de connaissance, Pat, sa Pat veillait déjà au grain. Comment celle-ci a-t-elle réussi à la convaincre de venir s'installer quelques jours à la ferme? Elle qui déteste la bouse de vache sur les chemins de campagne, elle qui tord le nez chaque fois qu'elle sent une odeur de fumier, elle qui trouve triste la décomposition des feuilles en automne et encore elle qui s'ennuie à mourir chaque fois qu'elle s'éloigne de sa terre natale! Elle a si mal du manque de ses garrigues qu'elle en a perdu l'accent qui va avec. Et surtout comment Pat a-t-elle convaincu les médecins de la lui confier? Une ordonnance, l'adresse d'un centre de soins, des encouragements de convenance et la voilà sur le trottoir.
Pat est là, elle lui ouvre la portière de la petite clio qui semble avoir déjà parcouru trois fois le tour de la terre. Mylhenn, habillée de neuf, des pieds à la tête aux bons soins de Pat, regarde défiler le paysage. Pat conduit avec dextérité! En un rien de temps, la ville a laissé place aux champs.
La jeune femme serre très fort les sangles d'un fourre-tout que lui a confié Patricia en montant dans la voiture.
- Ce n'est pas grand chose, tu verras ma grande! Quelques affaires de toilette, un pyjama, un pull, un T-shirt et un pantalon. Dans le sac blanc ce sont tes... vieux vêtements! Elle hésite, ne voulant pas vexer Mylhenn en qualifiant ses oripeaux de guenilles bonnes à jeter. Celle-ci acquiesce d'un léger mouvement de tête.
- Pour le reste, tu iras faire des emplettes avec les filles! Si tu as besoin d'argent...! Mylhenn remercia la conductrice d'un sourire. Oui, elle irait faire des courses, les vêtements qu'a choisi sa bienfaitrice sont confortables et chauds pour la saison. D'un bon cuir, les bottines fourrées lui plaisent réellement. Mais question sous vêtement c'est du n'importe quoi! À défaut d'affection, l'argent est la seule chose qu'on lui donne sans avoir à quémander et elle se refuse à vivre aux crochets de sa chère Pat. Cependant il lui manque deux objets indispensables. Elle ne les retrouvera qu'en se rendant au squat. Elle ne doit pas y retourner, pas maintenant. Pouf et sa couverture en polaire soulagent ses peines et absorbent les larmes brûlantes de son désespoir. Les gamins des pueblos se moquaient d'elle en la voyant parfois câliner un doudou d'enfant. Et aujourd'hui, si ses pas la portent au squat, jamais elle n'ira chez Pat. Les champs rendus pitoyables par les frimas de l'hiver se succèdent aux forêts squelettiques et sinistres. Les fermes éparpillées çà et là tendent à prouver que ce paysage décourageant est fréquenté autre que par des corbeaux. Encore des champs à l'aspect miséreux puis enfin un village réconfortant.
- J'en ai pour cinq minutes! Pat s'arrête devant la boulangerie.
- J'ai oublié le pain pour ce soir! Pat a vanté sa soupe de légumes pendant une partie du trajet, et pour qu'elle soit réussie elle doit être accompagnée de croûtons à l'ail. Ça promet!
- Il te faut des vitamines pour redonner des couleurs à tes joues ma petite Mylhenn! Encore un kilomètre entre une rivière et de gigantesques tas de bois et elles sont au portail.
- Voilà, nous y sommes ma grande! Une belle et imposante bâtisse s'offre à ses yeux. Pas de vaches, ni de poules! Juste une biquette blanche et noire qui s'est échappée de son enclos. Ses phalanges sont blanches tellement elle sert fort les sangles du sac. Elle hésite puis ouvre la portière. Les battements de son cœur sont assourdissants à ses oreilles, heureusement elle est la seule à pouvoir les entendre. Pat ne la ramène pas chez elle comme un trophée qu'elle aurait reçu pour bonne conduite, mais en tant qu'invitée de marque. Et c'est en cette qualité qu'elle lui a préparé une chambre. C'est aussi en cette qualité que Jérémy, Géraldine et Juliane viennent l'accueillir affectueusement comme s'ils la connaissaient de toujours. Le son de sa voix les déconcerte à peine une minute.
Le Pappey est là lui aussi, gauche dans son hospitalité, mais débonnaire et tout aussi généreux que Pat. Une cheminée monumentale occupe la moitié d'un mur du salon, dans le foyer des bûches crépitent, dévorées par les flammes. Pourtant, la chaleur que ressent Mylhenn à cet instant ne vient pas du brasier et son cœur n'est pas loin de voler en éclats. Cette famille aimante qu'elle désire plus que tout, elle vient de la découvrir chez des inconnus. La richesse n'est pas le point fort de ces gens accueillants, mais ce qu'ils lui offrent est mille fois plus précieux que tous les diamants de la terre. Elle essuie ses larmes en cachette tout en essayant de faire bonne figure. Mérite-t-elle leur affection?
Pat n'avait pas tort, sa soupe est une tuerie comme ils disent dans la région, elle est digne de paraître au menu des meilleurs bouchons Lyonnais! Mylhenn se sent vraiment chez elle dans ce qui est désormais sa chambre. Une fois seule, elle s'y abandonne aux sanglots purificateurs. Pat lui a fait une promesse et elle sait qu'elle la tiendra.
Les cauchemars sont tapis pour l'instant. Elle ne peut leur permettre de sortir car elle n'a pas d'herbes pour les combattre. Et si elle retournait au squat?

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CaMP CHaRLie...


…La seule chose qui me rend le sourire, c’est lorsque je longe cette barrière aux planches disjointes. Je sais que là derrière je trouverai affection et sécurité. Je me méfie toujours un peu lorsque je pousse le moellon brisé qui cale la porte en bois. Il manquerait plus que la milice municipale me repère. La construction de l’immeuble de bureau qui nous sert d’abri s’est arrêtée nette le jour où le directeur de travaux s’est barré avec la caisse. Les entrées ont été cloisonnées et les fenêtres scellées par des grilles. Les imbéciles qui ont murés le bâtiment ont oublié de couper l’eau qui servait pour les travaux alors cela nous est bien utile. En été, les plus courageux se douchent à l’aide d’un tuyau d’arrosage qu’André a chouravé dans un autre chantier. La plupart des outils sont restés dans la place si bien que ceux-ci nous ont servi à percer une trouée qui donne dans le sous-sol isolé à la laine de verre. Autant dire un palace pour nous. Le problème c’est qu’il n’y a aucune aération, juste un vasistas qui s’ouvre sur un vide sanitaire, ce qui fait qu’en hiver, dans la journée, à cause des odeurs de moisi, nous restons en extérieur autour d’un feu de camp alimenté grâce aux innombrables palettes abandonnées çà et là sur le terrain. Peu importe le nombre que nous sommes, de l’aube au crépuscule nous nous abritons sous une épaisse bâche de chantier trouée qui nous protège à peine des intempéries et nous lâchons prise en attendant des jours meilleurs. Je crois pouvoir dire au nom de chacun que ce sont nos meilleurs jours depuis longtemps.
Ces palettes, en plus de bois de chauffage nous servent d’étagères, de sièges, de sommiers et de cloisons pour soutenir la toile percée qui protège ce qui nous sert à la fois de véranda, de cuisine et de salon. Notre vie de nomade est devenue luxueuse le jour où l’on nous a ramené une gazinière toute cabossée. Il a fallu attendre pour la bouteille de gaz, mais ensuite c’était festin chaque jour. Des patates ou des pâtes cuites dans une casserole chinée aux puces du quartier. Tout comme le moule à gâteau et la bouilloire. Enfin pour eux, parce que moi je ne mange pas beaucoup et j’ai tendance à lever un peu trop le coude ces temps-ci. Je me suis faite repérée par un vigile dans une supérette en chouravant une poignée de couverts que j’ai dissimulé dans la grande poche intérieure de ma parka. Ils sont certes dépareillés, mais ce sont des couverts. J’aurais pu les payer. Mais ce n’est pas la politique de la maison. Le fric c’est pour la bouffe. Pour que chacun ait son ‘‘assiette’’ et son ‘‘gobelet’’ nous avons ingurgité des plats tous prêts immondes genre choucroute et paëlla. Nous avons aussi frisé la crise de foie avec les douze verres qu’il nous fallait! C’était soit nutella, soit moutarde, alors pas le choix. Vaisselle jetable? Argent gaspillé!
La nuit bien avancée, nous nous serrons à l’intérieur pour nous tenir chaud sur des matelas à la propreté douteuse et sous de vielles couvertures et sacs de couchage vite crades puisque nous y dormons tout habillé, pompes y comprises. D’ailleurs, j’exige que nous les emmenions au moins une fois par mois à la laverie. C’est fou ce que l’on découvre aux encombrants et nous ne sommes pas regardants. Sur le côté de l’immeuble, les gars ont creusé une espèce de fosse qu’ils ont recouverte de planches, puis ils y ont installé un trône ébréché récupéré dans la rue. Il n’y a pas de chasse d’eau juste une bouteille en plastique que nous oublions régulièrement de remplir donc le lieu est à éviter les jours de grande chaleur…
Tout n’est pas rose c’est certain. Les coups de gueule, l’hygiène déplorable, la promiscuité, les ronflements, les pets, les repas frugaux, la beuh, le gros rouge en cubi plastique et le blues donnent au squat une parfaite représentation de l’enfer de Dante, y compris les sept péchés capitaux. Cinq seulement. Parce que pour l’orgueil il y a longtemps que tous autant que nous sommes l’avons mis dans notre poche avec un mouchoir en papier par-dessus. Quant à l’avarice, elle en est réduite à un concept ici. Partage est le maître mot de la communauté et nous avons tellement peu que les sachets de sucre oubliés sur les tables des terrasses des cafés sont un trésor inestimable. Tout comme les fruits et légumes abimés du marché. L’épicier arabe du quartier a fait de nous son sacerdoce en nous refilant tous ses invendus. Cette vie en groupe aide mes congénères à gérer une colère à fleur de peau, une colère légitime contre ceux qui les ont poussés à la rue. Moi je me terre parmi eux. L’envie, la gourmandise, la paresse et la luxure me direz-vous? Je vous laisse imaginer les dégâts que peut provoquer l’ennui. Il stimule les mauvais penchants.
Je dois bien être la seule SDF à posséder une carte bancaire. La peur de tomber sur les fous qui veulent me faire ma fête à cause de leur pote que j’ai envoyé en prison, me pousse à vivre ainsi. Le comble c’est que j’ai une place dans un foyer, mais que je ne m’y sens pas en sécurité. Ce que d’aucuns nomment famille est pour moi une utopie. Ils m’ignorent depuis mon enfance mais ont l’élégance de pourvoir généreusement à mes dépenses. Je n’utilise ce pactole que dans des cas extrêmes. Je ne veux rien leur devoir. Je suis bien la seule à vivre dans la rue par convenance. Aussi cette horde maudite est devenue ma famille. Ils me protègent et me donne du courage, je leur témoigne du respect…

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La TaNièRe DeS GueuX...


…Je me demande s’ils me laisseront me reconstruire un jour?
Je suis morte en dedans et pourtant je m’accroche à la vie. J’ai trop souffert des coups de mon bourreau pour qu’une mort dans la douleur ne m’effraie pas. Hier, lorsque j’ai aperçu Thierry au café bleu, je me suis figé instantanément. Lui, c’était le plus virulent de la bande à ma sortie du tribunal. Avec Daniel et Jean-Claude ils ont écopé d’une belle amende pour menaces et harcèlement. J’étais terrifiée par leurs propos haineux. Du coup, l’on m’a envoyé loin de chez moi pour un temps. Depuis, moi la fille du soleil je me meurs dans le brouillard et la pluie. Je ne pense pas qu’il m’ait vu et je sais que depuis que Christian est en cage ils ont tous été mutés dans diverses régions. Manque de bol pour moi, il a fallu que ce soit en région Lyonnaise que ce connard atterrisse. Je doute, peut-être est-ce un séjour d’agrément tout simplement. En attendant d’en savoir plus, je me félicite d’avoir découvert une tanière où me faire oublier.
Ma Sonia me fait la tête, elle voudrait que ce soir je renonce à rejoindre le squat. Il paraît que ma toux l’inquiète. Elle devient trop sérieuse ma chérie. Quelques verres de vodka et tout ira bien. Ça n’est pas pour la rassurer.
Vu le temps gris d’aujourd’hui, la nuit est tombée rapidement et pire encore, il gèle déjà à moins deux, il est à peine dix-neuf heures trente.
Je me suis faufilée hors du foyer dès que le sempiternelle repas du soir a été bouclé. Ce n’est pas une prison, mais le couvre-feu est à vingt-trois heures. Cette nuit les sentinelles ne veilleront que pour des prunes. Je vais finir par me faire renvoyer à force, mais cela ne serait pas une catastrophe en soi. Je n’en peux plus de ces chuchotements sur mon passage -quoi ma voix, qu’est-ce qu’elle a ma voix?- et des regards condescendants des aides médicale et des assistantes qui n’imaginent pas le quart de ce qu’a été mon calvaire. Je reconnais que nous sommes cocooner, mais je ne supporte pas cela. Pour moi il y a anguilles sous roche. Une bruine glaciale s’échappe d’un brouillard à couper au couteau. Tant pis.
Je m’arrête chez Amhed pour quelques achats et pour une fois je passe en caisse. C’est chargée comme une mule que je croise Éric qui rentre se mettre à l’abri. En plus de quelques invendus que m’a donné Amhed je ramène du lait, du café lyophilisé, deux grosses brioches, des sachets de soupe, du liquide vaisselle et un litre de vodka. Nous sommes accueillis à bras ouvert.
Il y a quelque chose de changé, je n’ai pas encore bu et pourtant j’ai l’impression qu’il y a plus de place ce soir au campement?
Ils ont commencé la fête à ce que je vois. Les gamines sont allées faire provisions d’herbe, elles planent déjà. Misa n’a pas l’air bien, elle dort la tête posée sur les genoux de Victor. Son petit cœur balance entre Éric et son oreiller du moment, et suivant ses humeurs elle papillonne de l’un à l’autre. Cela nous vaut parfois d’épiques engueulades. Dépistée séropositive ses parents l’ont carrément jeté à la rue. C’est pour cela qu’il lui est beaucoup pardonné. Grégoire et Brigitte jouent aux cartes avec André et Lamine. Le cubi est bien entamé si je m’en réfère à leur voix pâteuse. Ça y est Lamine commence à me tourner autour. Il sait pourtant que je ne lui ferais pas le plaisir de visiter le minuscule réduit qui lui sert de chambre d’hôtel quand il ramène l’une de ses nombreuses conquêtes, mais il essaie encore et toujours. Ce cochon pousse le vice jusqu’à noter ces demoiselles sur le mur du cabanon. D’ailleurs, je me demande s’il lui est déjà arrivé de faire zizi panpan dans un lit? Quel chien celui-là, mais le cœur sur la main. Fortunée, fidèle à son poste auprès de la cuisinière, découpe un énorme chou vert dans une cocotte-minute flambant neuve. Et cela sent la saucisse me semble-t-il? C’est bombance ce soir dites donc les copains. Je suis quand même intriguée pour l’ustensile, c’est hors de prix ces machins.
Évidemment, j’aurais dû m’en douter! Devant ma mine déconcertée, qui d’autre que le roi des voleurs pouvait me dire comment l’objet avait atterri sur la vieille cuisinière poussive. Lamine me narre avec fierté son larcin dans un chariot sur le parking de l’hyper. Une inconsciente avait paraît-il laissé ses courses de côté pour manœuvrer sa voiture. Un pilier la gênait pour accéder à son coffre. Franchement madame, sérieux?
Le chou et les pommes de terre n’ont pas été lavés, les saucisses sont grillées, les oignons caramélisés, mais de les voir tous ainsi, heureux de partager un repas consistant, ils me font chaud au cœur. Moi c’est la vodka qui me réchauffe. En parlant de chaleur, Éric a dégoté une immense banne de camion sur la place. Purée, le routier qui l’a oublié là va s’en ramasser une! Pas perdue pour tout le monde. Du coup, elle a été arrimée tant bien que mal avec des morceaux de cordes le long de la façade et cela agrandit nettement notre abri. Un peu trop, j’ai peur qu’on l’aperçoive de la rue. Je n’avais donc pas rêvé, c'est bien plus grand. Demain les garçons vont frotter la bâche avec des cendres froides afin qu’elle prenne la couleur du ciment. Il gèle à moins six lorsque nous décidons d’aller nous coucher et ce sera la première fois que notre refuge restera chaud comme un cocon après que le feu ce sera éteint. Cette nuit j’ai très mal au dos, sans doute l’humidité.
Merci ami, grâce à toi je reste optimiste, Thierry à de la famille en région Lyonnaise, il n’est donc pas là pour moi…

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SaViTRi & SaTyaVaN...

...C'est la première fois que quelqu'un parvient à apaiser mes terreurs avec un conte pour enfants!

J'ai rencontré Ash au club. Persuadé qu'il ne serait que la compagnie d'un soir, je ne me suis pas montré sous mon meilleur jour je crois. Pourtant je me suis retrouvé dans son appartement pour... une bonne nuit de sommeil! Il n'a pas l'air d'être mauvais garçon. Apparemment je ne l'intéresse pas pour la bagatelle. Il a fallu que mes angoisses me reprennent au cours de la nuit. Je n'en reviens pas, ce garçon est magique. J'ai aucune idée de la langue dans laquelle il s'exprime, mais mon cerveau à stoppé net ses élucubrations. La voix douce et sensuelle d'Ashlimd (aucune idée non plus de l'origine de ce prénom, je vois juste que mon bienfaiteur est halé comme le pain d'épice et qu'il s'exprime avec un charmant accent britannique.) Pourtant sa belle voix douce et sensuelle m'a bercé de mots magiques, même si je ne les comprends pas. J'ai ma réponse, Ashlimd est Indien. Waaaah, c'est la première fois que je fais la connaissance d'un homme d'une telle prestance! J'explique: Les Indiens, sont habitants et citoyens de la République de l'Inde. Le terme Hindou, (utilisé à tort, pour parler des habitants de l'Inde) fait référence aux pratiquants de la religion Hindou, l'Hindouisme. Donc mon nouvel ami serait Indien et Hindou! Cela ne se fait pas de questionner...
Je vais tenter de vous faire partager ce conte qu'Ashlimd m'a déclamé en Hindi après une brève traduction. L'Hindi est l'une des langues officielles de l'Inde avec l'anglais.
En fait c'est comme une lecture de poésies dans la langue natale de l'auteur, vous n'y comprenez rien, mais c'est tellement beau! Je ne sais pas comment ce garçon peut être aussi convaincant dans ses plaidoiries avec une voix pareille, (il m'a appris qu'il était avocat) mais pour ce qui est de me consoler, c'est... céleste!
Il se peut que ma narration "abime" un peu la trame de l'histoire, mais s'en est l'idée générale!

एक बार एक समय पर...
Il était une fois...
Fille d'un roi sage et puissant en Inde, Savitri était une très belle princesse hindoue. La réputation de sa grande beauté avait fait le tour du pays, voire même dépassé l'au-delà des frontières. Nombreux étaient les prétendants qui venaient tenter leur chance, mais la princesse refusait de se marier comme la tradition l'exigeait.
Celle-ci voulait voyager de par le pays afin de trouver elle-même son mari. Le roi consentit à ce mariage d'amour, et la fit accompagner de ses meilleurs guerriers, afin de la protéger le temps de sa quête. Pendant de longs mois, la Princesse Savitri voyagea dans toute l'Inde en quête d'un homme digne de son amour, lequel deviendrait son époux. Alors qu'elle traversait une épaisse forêt, Savitri croisa la route d'un beau jeune homme. Celui-ci était fils d'un roi désargenté sans royaume. Devenu vieux et aveugle, l'ex souverain, son père, vivait dans une petite hutte avec sa femme. Le jeune et beau prince était le réconfort de ses parents. Leur soutien aussi. Afin de les nourrir, il coupait du bois qu'il allait vendre dans la campagne environnante. Malgré leur pauvreté, le bonheur et l'amour régnaient dans la petite hutte...
Savitri comprit que sa recherche allait toucher à sa fin lorsqu'elle se sentit attirée par la quiétude de ce foyer. Elle venait de tomber amoureuse du jeune Prince déchu. Satyavan était connu dans tout le pays pour sa générosité légendaire. Les deux jeunes gens désiraient plus que tout unir leur destinée, car Satyavan, aimait déjà la jolie Princesse. Le Roi, père de Savitri, était abattu car sa fille avait choisi un Prince sans le sou, mais il n'eut pas d'autre choix que d'accepter face à la détermination de sa fille à épouser Satyavan.
Or, l'on informa le roi que le jeune Prince était sous le coup d'une terrible malédiction. Satyavan devait mourir dans l'année qui allait suivre son mariage.
Savitri en fut informée, mais l'amour étant le plus fort, le mariage fut célébré en grande pompe. Le cœur lourd, le roi assista aux festivités qui se prolongèrent durant des jours. Puis le couple s'en alla vivre dans la petite hutte en forêt. Une année entière se passa, ils vécurent heureux et toujours très amoureux.
Le dernier jour de cette année sans nuages, Savitri qui s'était levée tôt, demanda à accompagner son époux dans la forêt. La hache sur l'épaule, Satyavan tenait Savitri par la main et les deux amoureux se dirigèrent vers l'épaisse frondaison.
Lorsqu'ils parvinrent au cœur de la coupe, Satyavan installa un tapis de feuilles tendres sous un grand arbre, afin que sa belle y soit assise confortablement. Il lui cueillit des fleurs avec lesquelles elle confectionna une couronne pour ses cheveux et une guirlande pour parer son aimé. Ensuite, Satyavan se mit au travail.
La matinée touchait à sa fin lorsque Satyavan se sentit très fatigué. Il vint poser sa tête sur les genoux de Savitri pour se reposer.
Soudain, la forêt s'obscurcit et une immense silhouette apparut devant Savitri. C’était Yama, le Dieu de la mort.
- Je suis venu pour chercher ton mari! dit-il en baissant les yeux vers Satyavan. Aussitôt, l’âme du jeune homme quitta son corps.
Yama allait partir lorsque Savitri le retint en le suppliant de l'emmener elle aussi sur la terre des morts. Dans cette impossibilité il devait lui rendre la vie de Satyavan.
- Mon enfant, ton tour n’est pas encore venu. Rentre chez toi! Répondit Yama.
Alors Savitri supplia, implora, pria, tant et si bien que le Dieu de la mort était prêt à lui accorder n’importe quelle faveur à l’exception de celle qui consisterait à rendre la vie à Satyavan.
- Dieu Yama faites que j'ai de beaux fils! Demanda-t-elle fièvreusement.
-Accordé! Répondit distraitement Yama pressé de s'éloigner.
- Mais, comment pourrais-je avoir des fils sans Satyavan mon mari? Répliqua Savitri.
- J’ai besoin de lui pour cela. Alors je vous en prie, rendez lui sa vie! Instita-t-elle.
Yama, piégé, ne pouvait revenir sur sa parole. Un dieu se doit d'honorer la faveur qu’il accorde. Émergeant lentement de la stupeur où il était plongé, Satyavan revint lentement à la vie, tandis que disparaissait Yama. Savitri et Satyavan repartirent vers leur hutte. Amoureux et heureux, ils y vécurent jusqu’à la fin de leurs jours, entourés de leurs enfants.

Peut-être avez-vous trouvé cela mièvre, mais moi, niché tendrement entre les bras de ce presque inconnu, ce conte susurré à mon oreille, m'a rendu mon âme d'enfant...

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AMouR à MoRT...

Je l'aimais de toutes mes forces...

~ La première fois cela a été pour la poubelle de la cuisine dont je n'avais pas remis le couvercle .... un magnifique bouquet de roses le soir même !
~ Jamais je n'ai remarqué le regard trop appuyé du facteur, mais selon mon Cricket j'étais une .... j'en ai gardé une ecchymose sur l'épaule pendant six jours !
~ Comme j'ai souffert pour l'obtenir ce beau pendentif en forme de cœur en or ...il m'aimait de tous ses coups !
~ Une fracture du poignet, c'est peu cher payé pour le dentifrice en dehors du verre à dents .... le médecin urgentiste n'a jamais vu un compagnon aussi prévenant !
~ Madame Sophia ne voulait pas briser notre couple, elle voulait juste me protéger de ma maladresse .... pourquoi est ce que c'est moi qui ai fait quinze jours en psy ?
~ Les policiers ont été très convaincant avec mon cher mari.... j'y ai gagné un week-end en Italie !
~ Oups, j'ai oublié de déposer la salière sur la table ce midi .... ce soir j'ai appris ce que voulait dire le mot punition !
~ Être amoureux c'est avoir droit de vie et de mort sur celle qu'on aime .... je le pense, j'ai failli en mourir, il m'aimait tellement !
~ Je ne fais ici qu'un condensé de ma belle histoire d'amour, mais le plus dur est à venir et je ne peux pas encore en parler !
~ Deux mois de répit, le temps aux bleus de s'estomper, aux fractures de se ressouder, aux pleurs de se tarir et ma belle histoire d'amour a pu continuer !
~ Trois côtes cassées et un œil au beurre noir pour me prouver que je méritais ce beau tailleur Dior ! Qu'avais-je donc commis comme ignominie? .... ah oui, je n'avais pas eu le temps d'aller chercher le journal des sports !
~ Ce soir là lorsque j'ai enfin compris que ce serait ma vie, je me suis enfuie .... merci à l'assistante sociale qui m'a ramené à mon mari! Deux gifles et quelques coups de pied dans le bas du dos m'ont remis dans le droit chemin !
~ Des mois plus tard, dans l'ambulance, j'étais heureuse de cette fin qui m'a délivrée de cet amour à mort .... il est là, tapi derrière ses barreaux à guetter le moindre de mes faux-pas. Lorsqu'il sortira...

Cela fait tout juste cinq ans aujourd'hui que j'ai échappé à la mort…

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Le CHaNT DeS oLiVieRS...

 

Enveloppé des parfums de l’été,
J’entonne le chant des oliviers,
Laissant sans fin se répandre mes larmes,
Acceptant que ma douleur rende les armes…

Déchiré et mélancolique, je me laisse glisser,
Et emporté par le chant des oliviers,
J’aspire finalement à goûter au repos,
Bercé par la mélodie de mes sanglots…

Maintenant de mon chagrin délesté,
Je peux fredonner le chant des oliviers,
Lorsque dans la ronde de mes souvenirs,
Je perçois la force de tes éclats de rire...

Je suis anéantie par la disparition de Ma Douce. Jeter sur ma page ce que j'endure aurait dû soulager ma peine, mais il n'en est rien...

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FoLie ou RaiSoN...

 

 

En lisant dans mes yeux, l'on y découvre un peu des deux...
Depuis une semaine ,ma rage se décuple de jours en jours et ne disparaîtra pas de sitôt...
Je ne dors pas la nuit, mais je rêve que je dors...
Mon cœur ne bat plus, mais je respire encore...
Je ne parle plus, je réponds seulement...
Les jours se succèdent et tout recommence...
Tous mes rêves d'avenir sont à oublier...
Dans le noir revient, avec la fréquence d'une rengaine, le cauchemar de chaque soir...
Je m'étonne d'entendre encore battre mon cœur ...
Pour toi ma belle ma douce ma tendre Sonia...
Je t'offre ce qu'il reste de ma vie, moi, je n'en veux plus...
Je te fais cadeau de ce petit rab qui ne me sers à rien...
Je t'offre ce bout d'éternité, car ils n'ont pas voulu que j'aille chercher ton âme dans cette ruelle où tu nous à quitté...
Aussi ai-je décidé aujourd'hui de te faire cadeau de ma vie...
Ne te méprends pas ma douce, ta Bella t'ouvre les portes de son jardin secret...
Mais que la vie est mal faite ma Sonia...
Je suis tellement seule que mon envie remonte à la surface...
N'ayant plus personne pour m'aider à la combattre, j'y céderai sans doute bientôt...
Cette même envie qui ce soir là nous a séparée...
Tu étais tellement plus forte que moi...
Pendant que je m'éloignais toi, tu t'envolais, si seulement cela avait été moi...
Toi, tu t'accrochais à la vie car celle qui t'a accordé ce sursis est trop tôt partie...
J'avais deviné qu'il était tapi là, dans l'ombre à te guetter, je n'ai rien pu faire...

Je te demande pardon ma Sonia, et finalement ton âme est sur ma main, j'en prendrai soin !

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CoNTiNueR SaNS Toi...

 


...Vingt-deux jours ...et vingt et une nuit que je crève de ne pouvoir te raconter mes bêtises!

Si tu savais ma Douce, tout ce que ta Bella a parcouru comme chemin depuis que tu es partie ...tu serais si fière !
Fière oui, mais je me serais prise une sacrée taloche pour n'avoir pas écouté ton dernier conseil!
Je ne peux pas faire ça Sonia, je n'y arrive pas! Le Maharajah m'a emmené au pays de mes racines le week-end dernier. C'est le plus que je puisse approcher. Ils sont là, ils guettent pour lui, je le sais. Remarque que je n'en ai vu aucun. Je me complais dans mes terreurs, que n'as-tu fais pareil?
Tous les ''Charlies'' sont à mes côtés. Eux ne m'ont pas abandonné comme toi !
Je me déteste pour oser penser cela de toi!
Je ne peux m'empêcher de t'en vouloir! Je suis en colère après toi! Ma Douce, tu me manques trop!
Mais à ce qu'on dit, tu savais qu'il était là? Tu savais et tu es allé le rejoindre. Mais qu'est-ce qui t'es passé par la tête? Rencontrer un fauve équivaut à se suicider...
Qu'as-tu fais ma Douce? Mon fauve est derrière les barreaux, mais je ne me risquerais pas à lui rendre visite ...pas maintenant. Pas sans raisons, ni sans protection.
J'aurais du me douter que tu n'avais qu'une envie, le défier. Tu es bien avancé maintenant! Je suis désorienté, condamné à pleurer ta perte et malheureuse comme les pierres.
Tu me manques tellement ma Douce! Ce n'est pas bien d'être en colère contre toi. C'est plus fort que moi...
Je suis malade du si peu de considération qu'ont eu ces jean-foutres envers toi. Ils n'ont même pas réclamé ce que j'ai obtenu sans peine alors que rien d'officiel ne nous liait. Je suis allée une seule fois dans cette ruelle maudite. Ton aura y survivait encore. Après, nous nous retrouverons ma chérie! Il y a un après, c'est juré. Je dors un peu mieux la nuit et j'ai renoncé à ces expéditions dangereuses que tu appréhendais tant. Une ou deux heures, mais je dors! Ash est souvent absent, mais je suis moins seule, j'invite les potos à son appartement. Il râle un peu évidemment. Je crois que c'est Maddy qui pousse aux cris. Elle ne m'aime pas et a raté sa vocation: garde chiourme! Non je n'accueille pas de détraqués, c'est promis! Ils ne sont pas du genre de ''Juice'', te souviens-tu de ce phénomène? Je ne me rappelle plus trop pourquoi on l'avait surnommé ainsi? Il aimait les canettes d'oasis et les collectionnait je crois? Il en promenait des dizaines dans un chariot. Elles étaient vides et vraiment malodorantes.

J'ai rencontré un brave homme sur le site sur lequel je me suis inscrite. Je crois qu'il t'aurait vraiment plu.
J'écris, il me répond et tu sais quoi ma douce?
Je correspond avec quelqu'un qui a du vocabulaire et une syntaxe parfaite ! Il corrige même mes fautes. Il compatit sincèrement à ma douleur et à mon chagrin de ta perte. Lis le très beau texte qu'il t'a composé. Pourtant il ne te connaissait pas! Il est débordant de vie et tellement gamin.
Question bagatelle il a l'air de s'y connaître et le Kamasutra ne semble plus avoir aucun secret pour lui. Qui vivra verra.

J"apprécie sa vivacité d'esprit et ses invitations à peine voilées. Nous faisons les fous en messagerie et il m'arrive de le....

Non Ma Douce, de cela je t'en parlerais sous les oliviers...

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NouVeau DéPaRT...

 


...Assise dans l’obscurité, son sac entre ses pieds, elle retardait le départ, attendant un miracle qui ne venait pas.

Elle se remémorait les bons moments passés en ces lieux. En quelques heures, sa vie avait basculé une fois encore, et elle devait maintenant compter avec la disparition de deux de ses amies. L’une d’elle était morte dans l’horreur et Mylhenn avait abandonné l’autre pour des raisons qui lui étaient incompréhensibles à présent. Mylhenn attrapa la lanière en cuir de son sac fourre-tout, elle se leva d’un bond, et quitta l’appartement d'un pas énergique, sans se retourner. Celle-ci se dirigea machinalement vers l’ascenseur, mais finalement, ce fut l’escalier de service qu’elle emprunta, comptant les marches une dernière fois. Trois étages en dessous, dans le hall d’entrée, assise sur le marbre froid elle hésitait encore à franchir la porte vitrée. De grosses larmes brûlantes roulaient sur ses joues, Mylhenn ne les séchait pas. Elle évacuait son chagrin une bonne fois pour toute, puis passerait à autre chose. Dès que la nuit l’enveloppa dans la ruelle, elle se sentit mieux, ici elle était dans son élément. Comme chaque soir à cette heure-ci, Ahmed était derrière son comptoir. Mylhenn le salua en entrant dans le petit bazar-épicerie.
- Hééé, pimbêche, je croyais que tu ne devais pas sortir le soir? S’exclama-t-il l'air réprobateur. Son regard démentait son reproche, ses yeux brillaient de malice.
- T’inquiète Ahm, c’est la dernière fois que je bafoue la loi! Lui répondit-elle en s'esclaffant. Son rire sonnait faux. Elle lui tendit alors quatre enveloppes en lui faisant promettre de les remettre à leurs destinataires.
- C’est le grand jour Bella? Alors Inch Allah! Les mots se voulaient réconfortants, mais des larmes brillaient dans les yeux. De l’homme qui prit Mylhenn dans ses bras, la serrant très fort. Il savait que le petit papillon s’envolait pour son grand voyage. Lorsque le bus la déposa au terminus, Mylhenn se dirigea d’un pas ferme vers le squat ou l’attendaient ceux à qui il serait plus difficile de dire adieu. Eux seuls lui avaient donné amour et affection sans contrepartie. Nullement effrayée, elle s’engagea dans le terrain vague, louvoyant entre les planches et les tas de gravats qui jonchaient le sol. La cave était éclairée par des lampes à pétrole dont elle apercevait la lueur au travers des bâches trouées qui protégeaient ses amis des intempéries. Elle voulait saluer Lamine, il s’était institué d’office son garde du corps lorsqu’ils faisaient tous la tournée des squats environnants. Elle aurait dû s’en douter, à cette heure-ci il n’était pas seul. Elle reviendrait au cagibi qu’il occupait plus tard. Elle sourit malgré elle en entendant les gémissements répétitifs de l’heureuse élue. En entrant dans le réduit qui protégeait ‘‘sa famille’’ des intempéries, l'odeur de vie de ces marginaux la prit à la gorge. Cela donnait un mélange de sueur, de fritures, d’herbes défendues et …d’amour. Peu lui importait le parfum ambiant, elle avait trouvé ici l’affection que lui refusaient ceux qui auraient dû la protéger. En la voyant avec son sac, ils comprirent que le moment était venu de dire adieu au petit papillon. Personne ne chercha à la dissuader de rester. Leur ‘‘petite’’ était une naufragée comme eux, apparu d’ils ne savaient où et aussi tourmentée que les champs d’oliviers les jours de mistral. Les jours où elle allait mal, elle passait des heures à leur décrire SA vieille forteresse, les pieds de lavande qui s’étendaient à perte de vue et la méditerranée aux vagues capricieuses qui avait accueilli ses bonheurs de petite fille insouciante. Si elle voulait survivre elle devait s’y rendre sans attendre. Le réconfort que lui procurait sa cour des miracles était immense, ici était sa vraie famille, elle était chez elle. Elle resta parmi eux une bonne partie de la nuit et enfin sonna le signal du départ. Elle se leva d’un bond, les dévisageant tous longuement l’un après l’autre puis elle se décida à les saluer. Mylhenn accepta caresses, embrassades, pleurs, offrandes et mots d’amour en sanglotant.
- Ils t’ont tous tripotés et moi je n’ai même pas eu droit à un câlin! Casanova était enfin là pour les adieux.
- Menteur, j’ai entendu le résultat de ton savoir faire en arrivant! Renchérit Mylhenn en se jetant dans ses bras. Elle n’aurait pas aimé partir sans avoir confié Ash à Lamine. Les deux hommes ne s’appréciaient pas particulièrement, mais celle-ci savait que Lamine qui avait un faible pour elle ‘‘surveillerait’’ discrètement Ash. Il allait recevoir un sacré coup de massue en s’apercevant de son départ…
- Crois-moi, celle-ci ne valait pas ses trois moutons! Mignone et …compréhensive! Un clin d’œil accompagna cette répartie un rien sexiste. Lamine le tombeur avait les larmes aux yeux lorsqu’il la serra contre lui. Ses mains s’attardèrent un peu trop sur les fesses de la jeune femme. Celle-ci n’y prêta pas attention, Lamine était... Lamine. Elle s’expulsa de l’abri le visage rougi et le cœur en miettes. En attrapant son fourre-tout elle avait constaté qu’il était un peu plus gonflé qu’à son arrivée, et bien plus lourd. Elle ne leur fit pas l’affront de l’ouvrir devant eux. Combien de fois s’était-elle rendue à la pharmacie pour Mina? Elle ne comptait plus le nombre de consultations qu’elle avait réglées ni le nombre de caddies emplis lors des jours de disette. Leurs présents, même chiches, étaient un remerciement qu’elle ne pouvait refuser. Un dernier adieu et elle s’enfonça dans l’obscurité, Mylhenn avait à peine fait quelques pas lorsque Lamine la rejoignit.
- Bella, j’ai un pote qui descend sur Marseille ce matin, si cela te dit de...? Mylhenn acquiesça avant qu’il ne finisse sa phrase. Alors d’un geste énergique il s’empara de son sac et sans un mot, il la conduisit aux halles. Vingt minutes plus tard, elle s’apprêtait à monter dans la cabine d’un énorme poids lourd. Lamine savait que c’était sa dernière chance et le baiser qu’il lui donna n’avait rien de conventionnel. Elle le laissa attacher sa langue à sienne, répondant à cette envolée buccale comme si leur vie à tous deux en dépendait.
- Tu es la pire des cochonnes que je connaisse, et j’ai jamais pu en profiter! Si c’est pas malheureux! D’une main qui se fit le plus douce possible, il cajola tendrement l’une après l’autre, les joues de Mylhenn.
- Protège-toi Bella! Allah veillera à ce qu’un jour son souvenir ne te soit plus douloureux! Elle allait répondre lorsqu’il glissa plusieurs billets dans la poche de son jean. Il se fâcha quand elle se mit en tête de refuser. Alors, pourquoi pas? Les pas de Lamine étaient jonchés de billets, ce qui le conduisait souvent devant le juge et derrière les barreaux.
Durant une partie du trajet elle sommeilla puis elle fouilla dans son sac, curieuse de découvrir ce dont ses amis lui avaient fait don. Il y avait un peu d’argent, et elle en eut les larmes aux yeux en repensant combien tous galéraient pour survivre. Il y avait aussi une paire de baskets neuves, un pull épais et un pack de paires de chaussettes hautes. Ils savaient qu’elle avait toujours froid, même en été. Fortunée avait emplie une boîte plastique usagée de sucre en poudre, des petits gâteaux au miel qu’elle confectionnait dans le four de l’antique cuisinière du squat. Faouzi respecta son chagrin, il resta silencieux devant ses larmes.
Mylhenn le remercia sincèrement lorsqu’il la déposa au bord de la départementale, à quelques kilomètres de l’entrée du petit village qui abriterait l’illégalité de son retour.
- Adésias Sonia, T’amour p’tite mère! Ces mots prononcés là où elle avait ‘‘semé’’ sa chère Sonia lui donnèrent la force de gravir la colline qui la séparait de ses racines.

Son regard ne quitta plus la petite maison qui l’attendait, chacun de ses pas l’en rapprochait un peu plus…

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CoNFiDeNCeS SouS L'oLiVieR...

 

... Ma Pat a fait la paix avec elle même je crois! Ses soucis sont encore là mais elle fait la part des choses à présent. La vie n'a pas été facile ni tendre avec elle. Elle a eu beaucoup de peine, tu étais mon amie la plus chère. Elle a pleuré avec moi...
Oui ma Douce, je suis devenue plus raisonnable grâce à elle!
T'inquiètes, mes caprices sont moins nombreux. Si tu savais comme j'entortille ce pauvre Gandhi, mais parfois j'ai l'impression qu'au final c'est lui qui gagne et de plus en plus souvent maintenant! Soit je vieillis, soit il m'a cerné sans que je m'en rende compte. Je sais tu m'as prévenu dès le jour ou je t'ai parlé de lui. C'est un finaud! Quand on est capable de résister aux verres qui traversent la pièce ou aux hurlements de bête blessée toute une nuit, l'on doit avoir un sacré tempérament. Tu imagines bien que je vais tenter de faire un bout de chemin en sa compagnie. Je le garde celui-là! Je ressens encore beaucoup de terreur, mais il m'enveloppe à la façon d'un poisson dans sa papillote et tous mes malheurs s'estompent. Je suis une peste, j'agis comme la pire des gamines, je me comporte en tyran, il m'arrive de l'insulter, de le trouver surnaturel et pour toute réponse à mes provocations il ne sait que m'enlacer et me réconforter.

La plupart du temps il est dans ses tribunaux. Je crois que c'est viscéral chez lui. Ses fichus bouquins tiennent tout un pan du mur de la pièce qui lui sert de bureau et il en achète toutes les semaines. Je crois que cet homme est en train de me faire oublier toutes mes certitudes. Il est... il n'y en a as deux comme lui! Cette semaine il est en vacances. J'entends ton rire alors ne te marre pas s'il te plaît! Tu sais comment cela se passe avec lui. Le Maharajah ne sait pas déléguer, son boulot est une plaie. Évidemment qu'il y a toujours les coups de fil sans fin à son remplaçant, les dossiers où je l'entends grogner, tu sais le "rache merde quel con", à chaque ouverture de mail. Il s'énerve devant son clavier et finalement fait lui-même le travail. Je m'ennuie...

Quand j'en ai trop marre, je l'aguiche de mes fantaisies et généralement cela se termine par des câlins très hot! Il nous trouve de beaux hôtels sympas, des ballades intéressantes et il m'emmène voir Pat aussi, mais c'est rare. Je ne suis pas malheureuse je sais qu'il veille sur moi à sa façon. Les pokers avec Stan sont toujours d'actualité. Je crois qu'après Christian, Stan est l'homme que je déteste le plus. Il se croit tout permis sous prétexte que son père est... inutile de m'attirer les foudres de ces gens pour avoir divulguer leur notoriété. La dernière fois que nous l'avons rencontré c'était sur le yacht de H. et franchement ces gens-là, je les trouve nazes. Il a rejoint la croisière d'une soirée avec une nana, j'te dis que çà,! Ma tenue de blondasse entretenue faisait oie blanche à côté d'e la sienne. Carrément cagole la nana et encore je suis poli! Talon de vingt-cinq centimètres, bas résille jupe ras des fesses et un caraco quasi transparent. Ah elle avait du succès, mais lequel?

Viens t'asseoir près de moi sous l'olivier, j'en ai une à te raconter. Le tendoori s'y connais en soirée festives et nous en avons honoré quelques-une de notre présence. J'ai eu la stupidité de parler de mes facéties à la personne avec qui je passe mon temps sur le web et je crois bien l'avoir vexé. Dommage c'est bête qu'il ne comprenne pas que j'ai besoin de faire ma fofolle. Lors d'une soirée où j'accompagnais le tendoori, je me suis dispensé de mettre une petite culotte. Tu devrais essayer avec ton copain, crois-moi cela embrase grave. Que je suis bête! Les anges n'ont pas de sexe. Or donc, j'ai chauffé Ash une partie de la soirée avec mes propositions graveleuses et à mon grand plaisir il a fini par me culbuter comme une catin contre le bastingage. Oh la vache, le Maharajah n'y est pas allé de mains mortes. J'avais les jambes qui tremblaient... Il faisait noir, mais je pense que des gens nous ont vu. Tant pis j'ai apprécié. Cela dit il est un peu coutumier du genre et j'adore quand il a ce regard animal.

J'ai rencontré Stèph, il est toujours aussi bête, non carrément un connard. Il m'a demandé pourquoi je me traînais encore ces lunettes affreuses! "Tu n'en as plus besoin, tu n'as plus rien à cacher maintenant"! Plus con que lui, tu meurs ma Douce! J'ai ouvert une page pour adultes pour celui que je surnomme crapaud. Je suis sincère avec cet homme et pourtant j'ai l'impression de les trahir tous les deux! Je crois bien que bébé se doute de mes écrits, mais tant que je suis respectueuse, il fait semblant ... Sonia arrête de rire s'il te plaît! Je ne peux pas tout lui faire lire, il me connaît pour savoir que je suis une gourgandine, alors il comprend mon besoin de me faire aimer. S'il tombe sur ma messagerie j'aurais droit à une engueulade par contre, je ne suis pas persuadée cocotte, d'avoir encore droit à poursuivre sur le site!

Je crois savoir faire la part des choses et l'on m'y aide, ne t'inquiètes pas! C'est au cours de l'une de ces soirées que j'ai appris ta gigantesque erreur, pourquoi ma Douce as-tu fait cela? Oui, pourquoi nous as-tu fait cela ?Je viens de m'offrir une belle crise de nerfs et évidemment c'est devenu de la colère. La femme de chambre n'a pas tout compris quand mon thé brûlant lui est passée à deux centimètres de la jambe, oui, je sais, mais là, non ! On ne vient pas me dire à sept heures du matin:
- "Madame nous ne pourrons pas obtenir la communication etc etc" J'ai très mal pris le fait qu'elle me surprenne en pleine crise. Oui, je me suis excusée, mais là n'est pas le problème. Je mets mon bébé dans des situations pas possible! Parfois, il faut que cela parte, de moins en moins souvent rassure-toi! Ash, bôf tu sais lui, il faudrait la fin du monde pour...et encore je ne crois même pas ! Oui Sonia, combien de fois m'as tu demandé ce que l'on faisait à ces hommes dans leur adolescence pour qu'ils gardent leur sang-froid en toutes circonstances? Je n'ai pas la réponse, mais j'ai deux personnes avec ce tempérament pour me soutenir.

Avec le recul, je te remercie pour Dany, oui ma bouille, tu vois, je t'ai enfin pardonné! Deux Dany, l'un le yin, l'autre le yang. Mon ange et ton démon...
Mon dieu ma belle, je m'attends toujours à te retrouver à mon retour et c'est pour cela que je me promène avec Ash d'hôtels en hôtels, pour ne pas affronter cette douleur! Je sais que dans une semaine, pendant quelques jours, je serais terrée avec ton souvenir, tes rires, ta grande gueule, tes coups de gueule et mon immense chagrin !
Je me refuse à tout perdre en une fois, je vais trouver le meilleur endroit où je nous poserai pour les prochains mois. Je veux pouvoir aller sous mes oliviers pour te parler, je veux pouvoir rejoindre ma cour des miracles dès que j'en ressens le besoin, je veux pouvoir sortir au grand jour sans regarder sans arrêt derrière moi! La nuit c'est autre chose...
Tu sais Sonia, je connais chaque ruelle où disparaître, chaque arrêt de bus ou courir pour m'échapper, mille façons de faire pour entortiller le premier passant venu afin de m'enfuir rapidement, alors si je pars sans bien avoir réfléchi je devrais tout recommencer ailleurs. Christian me retrouvera toujours, je le sais! Le choix n'est pas immense, mais nous arriverons à un compromis avec Ash. Il officie souvent en région Parisienne, alors il me suffit de choisir une ville en centre et nous verrons bien!
C'est le "et" qui me terrifie ma Douce. Il souhaiterait que je fasse du bénévolat dans un foyer pour femmes battues. Je ne gère déjà pas ma propre expérience alors je ne me vois pas réconforter les autres. Cela suffit pour aujourd'hui, je te laisse reposer en paix !
Je pars sur la pointe des pieds, mais je reviendrai...

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MâaJaB...

 

...Dans certaines régions, en Inde, les enfants reçoivent un prénom aussi long que les sept rivières sacrées misent bout à bout. Parfois même ils héritent du nom de l'une de ces rivières. Les garçons, bien évidemment ...parce que les filles en Inde sont considérées comme des esclaves familiales.
Mâalhy-Penjab-Godâvari R.K dit Mâajab a du apprendre à écrire son prénom très tôt pour être sûr de ne rien oublier.
Ashvin-Lalitmohan-Indus dit Ashlimd a hérité d'un prénom encore plus tache, mais fort heureusement ses parents adoptifs l'en ont libéré.
Les imbéciles qui m'ont certifiés que le prénom d'Ashlimd n'existait pas se sentent mieux ?
Je vais même leur donner le nom des sept rivières sacrées des fois que ?
Le Gange, la Yamunâ, la Sarasvatî, l'Indus, la Godâvarî, la Narmadâ et la Kâverî.....
Les poncifs sont tellement ancrés dans les esprits étriqués de l'Europe bien pensante, qu’il est certainement impossible à certain(e)s d’imaginer Ashlimd et Penjÿ autrement qu’en guenilles, pataugeant dans la fange et le Gange, accompagnés de leurs dix frères et sœurs. Idées préconçues nées dans le cerveau de celles & ceux qui n'ont connu que le nid douillet de leur maison de bourgeois!

Ash et Penjÿ ont deux ans de différence. Ce sont deux gamins qui grandissent côte à côte, unis par les pérégrinations de leurs parents respectifs. Séparés lors des années lycée, l'un poursuit avec un précepteur, l'autre dans une école haut de gamme, toujours réunis en un même idéal, la justice des hommes. J'ai fait la connaissance de Penjÿ quelques semaines après avoir rencontré Ash et j'avais bonheur à partager leurs soirées relâche. Ash, le toqué du code pénal et de la législation criminelle me fend les oreilles avec ses révisions de textes de loi datant de Napoléon. Mâajab, lui, m'en met plein la tête avec la lecture des pages de la thèse qu'il prépare sur le développement de la science criminelle. Il m'apprend à avoir moins peur du monstre tapi dans l'ombre...

Les soirées n'avaient rien de festives au sens où vous l'entendez, mais c'est chez le Maharajah que j'ai attrapé la bouée qui m'a empêchée de me laisser couler. Parfois ils organisaient des veillées poker avec des collègues excentriques et désinhibés. Je ne les aimais pas trop, et je détestais ceux qui se croyaient indispensables au monde. La plupart du temps ces soir-là je restais dans la chambre. Une seule fois je me suis risqué à faire l'hôtesse -je leur ai préparé des pizzas maisons, ils ont apprécié- mais j'ai été malade comme tout le lendemain. Les vapeurs d'alcool, la fumée âcre des cigares et ...leurs conversations qui revenaient toujours sur un seul sujet: le sexe.

On était bien loin des années quatre-vingt, mille huit cent quatre-vingt! Être juge ou greffier imposait immédiatement le respect aux citoyens. Le respect est encore présent, mais rien n'est contraint ni compliqué à présent. Ce sont des gens comme les autres et croyez-moi, je ne vois plus cette profession comme un îlot de sécurité. Certes tous sont compétents dans leur carrière, mais leur façon de gérer leur vie privée laisse parfois à désirer. Je prends pour exemple le juge avec lequel Penjÿ collabore pour ses travaux, cet homme est imbu de lui-même et a divorcé uniquement parce que son ex-femme n'était pas assez ''représentative'' de sa situation. Celui qui a fait une tirade sur les femmes battues -genre que certaines le cherchait bien- n'a jamais remis les pieds à l'appartement, il ne sait toujours pas pourquoi d'ailleurs.

Je vis dans la terreur de la sortie de prison de mon ex-mari, alors Penjâab tente de me prouver que Christian ne sera plus le même lorsqu'il franchira les portes de la maison d'arrêt et Ashlimd, texte de loi en mains m'exhorte à aller de l'avant, il sera là pour me protéger. Je sais qu'ils étaient sincères tous les deux et je commençais à refouler mes peurs. Seulement un grain de sable a bloqué tous les rouages. Cela fait une semaine que Penjÿ nous a quitté...

Je fais l'impasse pour un temps sur ce qui me terrorise et je réconforte celui qui sait pleurer un ami sans honte de montrer ses larmes. J'essaie, pour atténuer son chagrin sans borne de laisser ma propre peine de côté. J'aimais beaucoup Penjÿ, son côté Indien n'a jamais été réprimé puisque lui avait la chance de voir régulièrement ses parents. Il m'expliquait souvent en quoi consiste le concept philosophique de l'hindouisme qu'est le nirvana. En gros, il s'agit d'un état de béatitude absolue qui libère du feu des passions et de l'ignorance pour entrer dans le cycle de la réincarnation. En deux mots : bonheur absolu ! Pour faire leur deuil, les amis et la famille du défunt doivent se réjouir de ce passage. J'en viens à souhaiter que cela existe réellement et si je dois me réincarner un jour, j'exige que ce soit en un animal qui pourra décimer ceux qui le maltraitent ...un tigre par exemple.

Pour l'instant, seul notre ami est censé connaître le bonheur. Cela n'est pas prouvé non plus! Quant à Ash et moi, le jour où nous nous réjouirons du décès d'un ami, que dis-je, d'un frère, je vous le ferais savoir! Le concept ne nous est pas familier. Mon Bébé est aussi anéanti que moi je le suis pour Ma Douce. Seulement lui, il extériorise ...En larmes mon tendoori a juré qu'un jour il terminerait la thèse de Penjÿ et qu'elle serait publiée avec leur deux noms accolés. Le corps de Maâjab est reparti pour l'inde afin de le purifier au cours d'une cérémonie de chez eux et ensuite une crémation. Mon caramel se console avec la prière de la courte célébration qu'à proposé Ashanti ,le frère de Penjÿ, pour que ses amis puisse lui dire au-revoir. Je n'ai pas le texte exact sous les yeux, mais il se rapproche d'une prière amérindienne que je lis lorsque Miriette et Sonia viennent chatouiller ma mémoire d'un peu trop près. Cela donne: "La confiance en vos aïeux vous apportera réconfort et consolation. La séparation sera brève et pleine d'enseignements! Les souvenirs, les mauvais comme les bons, apaiseront votre douleur, et vous comprendrez que je ne suis pas loin. La vie continue, le sentier qui me conduira à vous est créé!" Si cela procure un peu d'espoir à ceux qui restent, pourquoi pas?

Il suffit d'y croire...

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A LaCK PaiNFuL...

SiX MoiS SaNS Toi

Hier au soir tu n'étais pas la!
Nos souvenirs communs et ton absence s'imposent à ma mémoire chaque vingt-cinq du mois. J'ai envie de pleurer le reste du temps!
Dans ce monde pourri où je survis, tu n'es plus la.
Hier soir ma Douce tu étais avec moi pour parcourir les rues en notre compagnie !
Le cocktail que nous aimions tant chez Vincent m'est interdit à cause du coussin chimique que l'on me prescrit pour oublier, pour t'oublier. L'on m'a promis de me l'offrir dès que ma santé le permettra.
Pour la peine, j'ai commandé un ''terminator''. Avec beaucoup plus de whisky que de crème de café. Je peux me le permettre avec une brioche à la praline! En fait c'est André qui l'a commandé et moi qui ai trinqué!
Oh ma Douce si tu savais comme j'en ai marre, je ne supporte plus tout çà sans toi!
Je crois que tu avais raison, c'est de pire en pire je ne peux plus rien avaler, je navigue entre anorexie et boulimie. Dans notre petit bouchon, celui où ils font ces excellentes quenelles à la crème, ces cervelles au beurre persillé, le tablier de sapeur, le saucisson brioché aux pistaches et des œufs à la neige en dessert! Le Maharajah adore, sans doute à cause de la crème anglaise? La tarte aux pralines que tu adorais tant était à tomber. Crois-le ou non, j'ai offert un bon repas à mes loulous et j'ai goûté à toutes ces spécialités! Un kilo de beurre directement injecté dans les artères. Pas le temps, je suis allé vomir au bout de vingt minutes. Un bon verre d'eau de vie de poires et ça repartait...
Ils ont décidé que pour préserver ma santé mentale, nous ferons le repas du souvenir une fois tous les trois mois. Cela me devient de plus en plus pesant ma Douce. Je voudrais tellement oublier. Pas t'oublier toi, mais zapper sur ta mort.
Oui ma Douce, ta Bella s'est amusée, mais ce n'était pas pareil sans toi. Mes rires étaient larmoyants...
Ils m'ont entraîné dans leur ronde infernale et je ne me suis pas fait prier, je voulais me mettre misère. ''Rache'' s'est fâché puis lâché. Je pense qu'il avait besoin de décompressé car je lui mène la vie dure depuis ta disparition.
Tu n'étais pas la alors nous n'avons pas pu franchir la porte du ''Solare''. Pas eux, moi. C'est sûr que je me suis bien distingué cette nuit-là et tant mieux si ce salaud a encore mal au package! Cela valait la nuit que j'ai passé en cellule de dégrisement. Six mois après cet incident malheureux, le gros à l'entrée m'assassinait encore de son regard... Par solidarité les potos se sont dirigés vers un autre établissement. Sympa, tu aurais aimé.
Les souvenirs de plats épicés, de bananes flambées au rhum blanc, de fous rires quenelles et de cappuccinos aux éclats de noisettes m'ont rattrapé dès la première vodka. Il est arrivé un moment où la mirtazapine ne m'a plus retenu. Une fois encore j'ai bu plus que de soif. Je ne dirais pas de raison, jamais je n'ai été raisonnable!
En parlant de cappuccino, je ne suis jamais retourné sur les lieux du délit. J'aimerais pourtant une dernière fois sentir ce velours de chocolat brûlant envahir ma gorge. Je ne crois pas que Paul soit encore prêt à me voir sans avoir envie de m'étrangler. Moi et mes blagues douteuses...
J'ai déambulé en m'émerveillant sur les lumières de la cité, mais l'obscurité la plus totale régnait dans mon cœur! Soit fière de moi, j'ai fait bonne figure ils ne se sont aperçus de rien! Ton absence le soir de Noël a été insupportable. Tu étais la seule qui parvenait à me calmer. Ces fêtes de fin d'année débiles me rendent toujours dingue!
Les gambas flambées au cognac me reviennent en mémoire, tu adorais cela les soirs de réveillon. Cette année, je boycotte la soirée de la Saint-Sylvestre. Hors de question que je participe à cette fête sans toi! Bonne année, quel idiotie!
Je souhaiterais revenir un an en arrière pour te voir une fois encore piquer une De Funes au parc, pour t'entendre chanter "femmes des années 80" sous la statue de Louis XIV place Bellecour, pour te voir te rétamer en beauté devant le blond du cabaret -hahaha il était gay- et pour t'embrasser au nouvel an en sachant que ce serait la dernière fois. Jamais je ne t'aurais laisser partir si j'avais su que l'année suivante tu ne serais plus à mes côtés.
Ne t'inquiètes pas ma Douce, c'est un mauvais moment à passer mais cela va aller! J'ai profité de la fête, mais mon besoin de te pleurer me permet de continuer sans toi.
Cela a fait six mois le jour de Noël que tu m'a quitté alors j'ai bien le droit de verser quelques larmes non ?

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CHaGRiN De CœuR..

   ...Ma chère Pat, je viens de me coucher ou de me lever, je ne sais plus très bien. Je n'ai personne à par toi vers qui me tourner...

C’est après une bonne cuite que je suis capable de réfléchir. Hier j'ai encore pris la murge de ma vie... Cela a mal fini avec Dom hier soir. Mes réflexions me poussent à croire qu'il serait mieux pour moi de cesser tout contact avec lui. Cela ne me mène à rien et il déclare vouloir se protéger de moi. Cela veut dire qu'il ne m'accorde aucune confiance. J'aime beaucoup sa compagnie virtuelle, mais pas assez pour en faire le combat de ma vie. Je ne le connais pas plus que cela après tout! De savoir que je n’aurais pas son joli livre m'a peiné, j'en ai pleuré. Je n'en peux plus là! Il n'a qu'à le remettre à la suivante. Sa froideur et son ton semi-inquisiteur m’ont giflé et c’était encore plus douloureux que les tournioles de Christian. Je ne veux pas d'une réédition. J'ai donné dans le sournois. Dominique s’est mis dans la tête que je voulais que nous nous amusions pendant qu’Ash était non loin de moi. Voilà ce que Mr glaçon m’a servi comme excuse à sa soudaine indifférence. Mes mots ont sans nul doute dépassé mes pensées alors que je lui demandais s'il était heureux de notre connexion. Il s'est programmé en boucle sur mon voyage avec Ash et limite s’il ne m’a pas demandé combien de fois nous avons fait l'amour pendant notre séjour. Je regrette d'avoir abordé ce sujet une seule fois il y a quelque temps de cela, car je sais que je l'ai fait souffrir. Ce n'était pas intentionnel.
Dossier clos, son calvaire est terminé. Je me retire de la course. Jamais je ne lui ai demandé d’être chaste comme un moine, c’est lui qui s’est mis dans la tête que j’en serais malheureuse. C’est faux,. Il se refuse à me tromper dit-il. Nous ne sommes même pas ensemble et si je réfléchis au problème dans l'autre sens, cela voudrait dire que je n'ai plus à faire de galipettes avec Bébé parce que lui se prive de sexe pour moi. C'est débile! En plus sa petite copine ne demande que ça! Je me moque de ses états d'âme à présent.
Je ne me tracasse plus pour lui, juste beaucoup de larmes en cachette de Bébé aujourd’hui et après je verrais. C'est tout vu, je tombe toujours sur des excentriques qui me prennent la tête! Bébé part pour Londres pour son stage alors j'irais passer le temps chez les zouaves, eux m’aiment comme je suis. Nous ferons la fête tranquillement en ne nous jugeant pas. J'ai découvert un lieu sublime grâce au Maharajah. Reposant et tellement paisible pour écrire. J'ai créé beaucoup de synopsis, le délire. Je te les ferais lire plus tard car je dois changer mon style. Mes écrits sont trop axés sur le ''bien-être'' de mon lecteur principal et je commence à trouver cela malsain. Le vocabulaire que j'emploie est vulgaire et limite pornographique. Je serais bien resté plus longtemps là-bas si ce n'avait été la durée du visa qui expirait. Si tu savais ma Nan comme c’est beau. Jamais je n'aurais du revenir!
Et surtout jamais je n'aurait du reprendre nos conversations, il n'est pas en mesure de tout comprendre car je filtre les informations. Il est trop curieux avec prétexte de me faire ''avancer''. Il se remettra facilement de mon départ, il a tellement de centres d’intérêt.
Je ne veux pas que tu acceptes de recevoir le livre qu'il désire m'envoyer. Déjà d'une je n'en veux pas et de deux je refuse que ton adresse lui soit communiquée. Je le trouve très envahissant parfois. Je crois que je serais allé jusqu'à lui livrer mon nom de famille à la poste restante du III. Heureusement, je n’ai pas eu le temps de faire cette bêtise. Le texto du jour de l'an est tombé à l'eau, pour lui cela aurait été mieux qu'une carte, tu t’en doute. Je vais lui en envoyer une parce que je suis respectueuse de ma parole, mais le cœur n’y est plus. Il m'a horriblement déçu. Je pense qu'il ne croit, croyait pas en mon affection sincère.
Ma Pat si je te confie tout cela, c’est que je ne suis pas tombée de la dernière pluie. Je sais que vous vous parlez sur la MP de cette plateforme pourrie. Il connaît certains détails que je ne lui ai jamais confié. Ce ne peut être que toi, alors veille seulement à ne pas lui révéler mon nom et mon adresse exacte. Je ne veux pas de lui dans ma vie! Pas comme cela! Ash étant de moins en moins présent sur Lyon, je vais aller où tu sais pendant un temps. L'appartement sera sous loué à l'un de ses collègues en attendant l'achat. C'est promis, je viendrais te voir pendant ses congés. J’irais tout de même avec les potos, après tout je paie le loyer, de temps en temps ils doivent faire plus que toilette de chat! Tu le sais toi que je ne me suis pas amusé avec Dom, il est tellement intelligent, il brûle d’un feu de savoir exceptionnel. Ce n’est pas un jeune premier, je l’aime sincèrement, tout simplement Pat. Nous en venons à être malheureux l'un et l'autre cela ne peut plus continuer et je ne désire pas quitter Ash, C'est lui mon pilier. Dom m'a dit s'être couché avec beaucoup de peine au cœur mais qu'il avait fait avec. Cela n'est plus possible. Sa More mio le consolera et si elle sait s’y prendre, il finira bien par se laisser tenter. Cela ne me regarde pas.
Je ne suis pas jalouse, juste triste pour elle car s'il saute ...le pas, ce sera pour de mauvaises raisons pour lui et d'une grande méchanceté pour cette nana.
Ma chère amie je te demande de surtout faire très attention à toi, ta perfusion se passe bien? Laisse les filles gérer, tu sais qu’elles en sont capables et j’embrasse ta maman même si ce chameau ne m’aime pas, mais bientôt elle ne se souviendra plus de moi et je pourrais l’approcher. Je t’embrasse de tout mon cœur. Fais attention à toi, tu es parmi celles, rares, qui m'accepte telle que je suis et égoïstement je voudrais que cela dure encore longtemps. Bébé aussi accepte mes débordements, mais lui ce n’est pas pareil sa chouquette est un sacerdoce. Si le nuage n’est pas rose tous les jours, il sait à qui il a à faire et c’est grâce à lui que je garde la tête hors de l'eau. Jamais il ne me jugera. Pour cela, j'ai énormément de tendresse envers lui. Du respect aussi. Ash me protège, me couve et me pourrit de petites attentions. Oui, il n’est pas souvent présent, mais une heure de bonheur total ne vaut-elle pas deux jours de présence indifférente? Cela non plus Dom ne l’a jamais compris. Et ne va surtout pas lui dire que c’est moi qui ai encouragé Ash à choisir ce cursus, sans doute pour conserver un peu de ma liberté. Je pense à présent que c'était une erreur.

Je t’embrasse ma Nan d’amour et je ne te remercierais jamais assez de tout ce que tu fais pour moi...

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LiFe iS LiFe...


   ...La vie est faite de drames et de beaux moments. 
La mienne m'a fait rencontrer quelques bonnes personnes puis les accidents ont repris le dessus ! 
Il serait malvenu de me plaindre, car avec ce que j'ai vu hier aux urgences cela m'a démontré que la vie choisie ceux qui le méritent !
Que mes vrais amis se rassurent rien de grave pour moi. 
Cette chienne de vie a trouvé la candidate idéale à tordre, battre, éprouver, maltraiter et j'en passe et des meilleures. 
Avec les torrents de larmes que j'ai versées depuis mes huit ans, l'on aurait pu facilement emplir la mer d'Aral ! Mais point ne sont là mes propos.
Hier pendant que le médecin U m'examinait, l'une des infirmières est arrivée près de lui et s'est assise en sanglotant, elle craquait tout simplement.
Du peu que j'ai compris, car ils se sont éloignés, une petite fille accidentée de la route est arrivée en triste état physiquement et cette soignante n'a pas pu approcher. 
Son chef de service ne l'a pas fustigé, mais au contraire, il a trouvé les mots pour l'encourager.
J'ignore si la gamine a survécu, mais le fait de savoir que les personnes qui prennent soin de nous sont humaines cela me rassure. 
La vie joue avec nos sentiments et malheureusement les miens sont faussés depuis longtemps.
Tous les gens auxquels je m'attache finissent un jour par me laisser. C'est entièrement ma faute je ne les critique pas. 
Depuis le départ, ma vie a été une tromperie. 
En ce moment, je me bats pour rester en vie, mais rien ne m'intéresse et le pire rien ne me fait envie.
Beaucoup de "vie" hein ?
Je sais même écrire me devient de plus en plus difficile. Je souhaiterais terminer l'une de mes nouvelles avant......
Bref je n'arrive plus à rien et cela me rend irascible, mais je vous remercie pour vos messages. Ce sera une des dernières fois où je pourrai le faire !
Mais bon quelqu'un m'a dit un jour que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort alors depuis j'attends...

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JuST HiM...

 

Nos regards, un bref instant au milieu de la foule, se sont croisés...
Nos yeux se sont cherchés le reste de la soirée...
Sa main à frôlé la mienne en prenant le toast convoité...
Son premier sourire m'a chaviré lorsqu'il s'est approché...
Nos corps, se sont complétés dès le premier pas de dance esquissé...
Une œillade incendiaire pour un lendemain plein de promesses nous a lié...

Et les semaines ont défilé.....

Sur la terrasse du " Aux amoureux " il se tenait la mine angoissée...
Alors qu'au loin il me vit arriver, son visage s'est animé...
Il se leva au-devant de moi, courant comme un forcené...
Il me serra si fort contre lui, comme si j'avais voulu lui échapper...
Mes mains dans les siennes, il s'employait à me subjuguer...
Il comprit que je lui étais déjà acquise, nul besoin de parler...

Et notre vie à deux a commencé...

À chaque instant de la journée, ses yeux sur moi sont posés...
Par tous les baisers qu'il me donne, je suis transportée...
Pour toutes les caresses octroyées, mon corps frissonne et je suis emportée...
Lorsque sous les coups de nos joutes amoureuses tremble le canapé...
J'ai le secret espoir qu'un jour prochain, il me demandera de l'accompagner...
Pour le reste de nos jours, d'amour baigné...

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SaDNeSS...

…Quatre ans aujourd'hui que tu m'as quitté, et mon cœur est toujours aussi douloureux! Je t'aime ma douce, jamais je ne t'oublierai...

Le PRiNCe CHaRMaNT

Dan n’avait d’yeux que pour Sonia.
Son regard intense la couvait tandis qu’il passait tendrement sa main sur sa joue.
Elle en avait des frissons lorsque ses beaux yeux verts se posaient sur elle.
Elle y lisait le merveilleux amour qui devait la combler le restant de ses jours.
Un amour qui se faisait univers tellement elle était reconnaissante pour le divin cadeau qu’il lui offrait. Elle était au centre de toutes ses attentions et Dan ne se lassait jamais de lui prouver son affection. Six mois d’un bonheur précieux où pleuvaient cadeaux, bouquets géants, week-end cocoon et bijoux.
Pour protéger cet amour, il trouva une petite maisonnette avec jardin en banlieue, loin bien loin de la fac où elle poursuivait brillamment ses études. Bien à l’abri, dans ce pavillon, Dan usait d’une galanterie d’un autre temps. Il cuisinait chaque Dimanche pour les repas en famille avec les parents de Sonia, offrait des fleurs à sa mère et de son temps pour bricoler avec son père. Jour après jour, il se rendait indispensable.
Puis il y eut les inévitables cafés du matin pour bien démarrer la journée, les trajets en commun pour faire des économies, les déjeuners ensembles parce que selon lui le travail et les études les éloignaient, le retour à deux pour être certain qu’elle soit de retour à une heure convenable, mais cela il ne le lui avoua pas. Dan passe son temps aux côtés de Sonia. Il est vénéré comme un dieu à présent. Il a toujours une plaisanterie aux lèvres, un sourire à la Georges Hamilton, un secret à dévoiler ou un conseil inestimable à prodiguer. Les mois passent, et sans s’en rendre compte Sonia se retrouve isolée. Elle se meurt à petit feu dans sa prison dorée. Les jours se succèdent aux semaines, sans surprises. Elle ne sait pas comment il s’y est pris, mais il réussit à la convaincre d’abandonner une carrière prometteuse. Elle se souvient juste que Dan commença à montrer les dents puis hausser le ton lorsque se précisèrent les modalités d’un emploi.
- Je ne te donne pas suffisamment d’argent? Je ne te gâte pas assez? Avait-il grondé en adoptant ce regard noir qu’il prenait de plus en plus pour s’adresser à elle. À cause de ce travail, tu négligersa encore plus l’entretien de la maison lui dit-il afin de finir de la convaincre. Il parle de mariage, de foyer, d’enfants… une grosse colère et elle cède.
Désormais, c’est le repas devant la tv chaque soir, le dîner chez Marthe et René tous les dimanches -sournois, il ne l’éloigne pas encore de ses parents- trois semaines de vacances lune de miel dans un hôtel au bout du monde et retour à l’ennui. Plus de copains, plus d’amies, plus de visites inopinées, il lui interdit toutes relations avec des personnes qui selon lui la montent contre leur mode de vie.
Sonia est son bijou qu’il protège dans l’écrin hermétique qu’est devenu le petit pavillon.
Les mois défilent, le mariage sans cesse reporté, Dan décide de tout. Alors Sonia brave les interdits.
À sa première entrevue avec un chasseur de tête pour un entretien d’embauche dans une grande société, il lui dévisse pratiquement le cou tellement la gifle qu’elle reçoit la laisse groggy. Il s’en excuse aussitôt, précisant toutefois qu’elle ne s’aventure pas à recommencer l’exploit. Sonia invite une amie à déjeuner, lorsque Dan l’apprend il est trop tard pour annuler. Il se fait charmant, enjôleur, le mari parfait. À peine Léa a-t-elle franchi la porte que Sonia est projetée contre le mur de la cuisine. Les poings de Dan lui apprennent qu’il ne faudra jamais plus à l’avenir désobéir à monsieur.
Régulièrement le prince charmant dévoile sa véritable nature. Tout lui est prétexte.
Dix fois, elle se résout à le quitter, dix fois, il revient se faire pardonner.
Viennent les fêtes de Noël ou Sonia se confie à sa mère. Avec beaucoup de douceur Marthe conseille alors à Sonia de mettre un peu d’eau dans son vin. La vie n’a jamais été un roman d’amour à perpétuité, cela se saurait. Les bleus sur les bras de sa fille n’ont donné aucune matière à penser à Marthe.
Comment aurait-elle réagi en découvrant l’étendue des dégâts dans le dos de Sonia? Les coups de cravache que lui administrait Dan lorsqu’il lui en prenait l’envie avaient laissé de monstrueuses cicatrices sur sa peau.
Les sévices continuent puis un jour Sonia est hospitalisée, une pommette fracassée et un bras cassé. Pour tous ce sera un accident.
- Qu’as-tu fait pour l’énerver? Voilà ce que disent ses parents lorsque Sonia leur confie sa détresse. Elle comprend enfin que le secours ne viendra pas de sa famille et que son calvaire ne se terminera que si elle y met fin elle-même.
Courage, gendarmerie, injonction, jugement, insultes, chantage, menaces, renoncer à sa famille, nouvelle vie, délivrance, fin des atrocités. Une nouvelle vie commence enfin pour Sonia.
La mort s’invite au rendez-vous quelques mois plus tard.
Aujourd’hui, c’est dans le champ des oliviers au bord du grand canal que je vais pleurer ma Sonia. Je suis la seule à m’y rendre, car c’est moi qui ai hérité de ses cendres. Le mistral les fait tourbillonner entre les troncs séculaires et mon cœur est gris comme un matin de Novembre…

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